A la rencontre des jeunes maracaniers du Burkina Faso

Article : A la rencontre des jeunes maracaniers du Burkina Faso
26 septembre 2019

A la rencontre des jeunes maracaniers du Burkina Faso

Conakry, la capitale de la République de Guinée sera jusqu’au 28 septembre l’épicentre du maracana. La compétition bat actuellement son plein avec des rencontres aussi palpitantes les unes que les autres. L’ambiance est très fraternelle et conviviale. Le maracana est en vogue dans de nombreux pays de l’Afrique de l’Ouest et notamment au Burkina Faso. Alors que le pays des hommes intègres est représenté à Conakry, des jeunes maracaniers de la ville de Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso, s’expriment sur la place qu’occupe le maracana dans leur quotidien. Deux jeunes bobolais, Traoré Ismaël, entrepreneur évoluant dans le domaine de la prestation de services et Tou Abdoulaye, soudeur mécanicien nous livrent leurs impressions sur ce sport.

Ah le maracana !

En cet après-midi, Traoré Ismaël jeune trentenaire, s’affaire à la rédaction d’un devis pour un de ses gros clients. A peine fini, il nous déclare sa flamme pour le maracana.

Ismaël dans son entreprise de prestation de service – crédit : Amos Traore

« Si le maracana n’existait pas, il faudrait obligatoirement le créer. C’est un sport magnifique qui permet à nous les jeunes de se retrouver tous les soirs pour partager de bons moments sur le terrain. L’objectif principal dans le maracana, ce n’est pas la performance. Ce sport permet de décompresser. Les maracaniers de Bobo viennent de partout, toutes les professions sont représentées. Il y a même un député dont je tairai le nom qui vient souvent jouer avec nous : il n’y a que le maracana qui permet cela.

La jeunesse bobolaise est confrontée à de nombreux défis et ce n’est pas toujours facile, le stress et la démotivation ne sont jamais loin. Donc lorsque nous nous retrouvons tous ensemble le soir, on fait tout pour mettre de l’ambiance et chasser toutes les ondes négatives. Nous avons tous un petit surnom lorsque nous jouons, le mien c’est « Black Panther »(rires). Franchement, le maracana doit être pratiqué par plus de personnes. Il y a souvent des vieux de 60-70 ans qui viennent jouer avec nous à cause de l’ambiance et pour se maintenir en forme et cela crée un formidable brassage générationnel.

Le maracana me permet à titre personnel d’être en pleine forme. Les maladies telles que le paludisme ou l’hypertension ont peur de l’organisme d’une maracanier car il est très sain (rires). Je pense que notre gouvernement et même tous les autres pays du monde doivent inscrire le maracana sur la liste des traitements  à  utiliser  contre  certaines maladies », a déclaré notre très cher Ismaël, qui après l’entretien a fermé les portes de sa succursale pour aller rejoindre ses copains maracaniers.

Cap est ensuite mis sur le quartier historique de la ville de Bobo Dioulasso, Colsama. A Colsama, on retrouve le jeune Abdoulay Tou qui a 24 ans et qui est un inconditionnel du maracana. D’ailleurs lorsqu’on le retrouve, il est tout heureux car lui et son équipe viennent de remporter un tournoi organisé par un grand frère du quartier. Tout heureux, il nous parle de son amour pour le maracana.

Abdoulay, de retour après une compétition de maracana – crédit : Amos Traoré

« Le maracana c’est vraiment super. Nous venons de remporter la 3e édition de la coupe maracana organisé par un de nos grands frères. Depuis que j’ai l’âge de 12 ans, je joue au maracana. Cela a un aspect positif sur mon quotidien en me permettant d’éviter de nombreux ennuis. Quand nous jouons ensemble au maracana, les grands frères nous prodiguent des conseils pour que nous soyons des jeunes exemplaires.

Ce que j’aime dans le maracana c’est la surface du terrain. Elle n’est pas grande et on peut y faire de nombreuses actions pour fatiguer l’adversaire (rires). C’est vraiment génial, les règles sont simples et on se fait plaisir seulement.

Je suis mécanicien soudeur de profession et jouer fréquemment au maracana me permet de trouver un équilibre. J’aimerais qu’il y ait plus de terrain à Bobo où de nombreux jeunes pourront jouer au maracana. Nos autorités doivent valoriser la pratique du maracana. Cela pourrait booster le tourisme et avantager notre économie à travers la venue de touristes qui vont découvrir ce merveilleux sport. »

 

Le maracana, une affaire de potes – crédit : Amos Traoré

 

 

Ismael et Abdoulaye, par leurs témoignages, nous montrent que le maracana va perdurer dans le temps et va continuer à rassembler diverses couches sociales. C’est ça la magie du maracana.

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