Notre société crée ses propres « Monstres »

Article : Notre société crée ses propres « Monstres »
20 novembre 2020

Notre société crée ses propres « Monstres »

Notre société est extrêmement agressive. Malgré des conditions de vie proches de la perfection, environ 4 milliards de personnes ont été tuées pendant ces cinq mille dernières années. L’être humain a déclenché pas moins de quinze mille conflits armés. Nous avons détruit nos ressources naturelles, exterminé notre faune et notre flore à tel point que le pronostic vital de notre planète a été enclenché. Le monde d’aujourd’hui fait peur, oui il fait peur car que nombreux humains sont en train de perdre leur humanité. Aux quatre coins du monde, des Hommes basculent chaque jour vers un côté très sombre qui les transforme et qui fait d’eux des prédateurs pour leurs semblables.

Durant ce processus de transformation, ces prédateurs font ressortir la noirceur de l’âme humaine démontrant ainsi que l’humain est sans doute l’être vivant le plus dangereux du règne animal confirmant ainsi la celebre citation de Thomas Hobbes: « L’Homme est un loup pour l’Homme » Dans la plupart des cas, ces prédateurs ne naissent pas prédateurs, ils basculent généralement lorsque dans le milieu où ils vivent, devient hostile à leur égard.

Le jour où tout a basculé

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du cas de , Rolando Mendoza du nom de cet ancien officier de police philippin, qui a été en 2010, l’auteur d’une effroyable prise d’otages à Manilles, la capitale des Philippines. Le 23 août 2010, un bus transportant des touristes a été pris en otage par Rolando Mendoza. Dans ce bus, se trouvaient une vingtaine de touristes hongkongais. Le preneur d’otages, muni d’un fusil d’assaut (M16) s’appelait Rolando Mendoza, un ancien officier de police qui était respecté de tous.

Rolando Mendoza était considéré dans son pays comme l’un des officiers de police les plus intègres. Durant toute sa carrière, il a mené un combat sans relâche pour lutter contre l’injustice, la corruption, le népotisme et toutes les autres tares qui gangrènent la société Philippine. Ce 23 août 2010, le monde entier a été témoin de cette prise d’otages qui a fait le tour des télévisions. Dans le centre-ville de Manille, un bus qui transportait des touristes venant de Hong Kong était garé près d’un car. Les touristes contemplaient la richesse culturelle de la ville de Manille, ils étaient loin de s’imaginer que leurs vies allaient bientôt basculer.

Rolando Mendoza fait irruption dans le bus et prend en otage tous les occupants du bus. Au début, l’ancien officier de police ne voulait faire aucun mal aux touristes, mais l’attitude des autorités de la ville et des premiers responsables de la police ont conduit Rolanzo Mendoza à perpétrer un véritable carnage. Qu’est-ce qui a donc pu pousser cet homme vertueux, qui aimait par-dessus tout son travail, qui s’élevait à tout moment contre l’injustice et l’impunité à commettre un tel acte ? Eh bien c’est la cupidité de certains hommes qui ont transformé l’ex inspecteur Mendoza.

En 2008, Rolando Mendoza a été radié des forces de police, il fut accusé de vol, d’extorsion et d’infractions liées à la drogue. À cette époque, l’ancien policier enquêtait sur une grosse affaire de corruption qui allait éclabousser de nombreux hauts gradés de la police. Mendoza avait la réputation d’être un homme incorruptible, il fut soumis à toutes sortes de pressions pour abandonner son enquête mais il n’a jamais flanché.

Plus rien à perdre

Pour le faire taire, des responsables de la police ont décidé de ternir l’image de Rolando Mendoza et le meilleur moyen c’était de faire accuser l’ex officier de tous ce qu’il a combattu pendant sa vie. Accusé à tort, Mendoza fut renvoyé de la police, considéré comme un paria il fut abandonné par ses collègues qui pourtant savaient très bien qu’il était victime d’un complot. Livré à lui-même, se sentant trahi, dégoûté et humilié, Rolando Mendoza est passé du côté obscur.

Le 23 août 2010, lors de sa prise d’otage, l’officier de police ne voulait qu’une chose, être réintégré dans les rangs de la police et continuer à faire ce qu’il a toujours aimé faire, lutter contre l’injustice. Les responsables de la police ont été mis au courant des revendications de Mendoza malheureusement ils ne les ont pas prises aux sérieuses. La prise d’otages a duré de longues heures. L’ancien officier de police a indiqué aux négociateurs qu’il a été victime d’un complot et a livré la liste des gradés trempés dans les affaires de corruption découlant de son enquête qui lui a valu sa radiation.

Posons nous les bonnes question et agissons avec notre humanité

Avec cette liste, Rolando Mendoza voulait prouver que ce n’était pas lui le méchant, il voulait donc retrouver son statut d’inspecteur de police. Son message n’a pas été attendu et se rendant à l’évidence qu’il n’allait jamais obtenir gain de cause, il a exécuté la quasi-totalité des touristes du bus, un véritable carnage. Il y a eu 10 survivants et Rolando Mendoza fut abattu par les forces spéciales philippines au cours d’un assaut. Ce 23 Août, Rolando Mendoza était assailli par toutes sortes de ténèbres.

Les médias sur place ont aussi contribué en grande partie au dénouement tragique de cette prise d’otages. Rolando Mendoza fut présenté par les journalistes philippins comme un vieux policier désorienté qui ne jouissait plus de toutes ses facultés mentales. Sans chercher à comprendre le fond du problème, les médias ont catalogué Rolando Mendoza comme un psychopathe qu’il fallait abattre à tout prix. Il faut dire que les hauts gradés de la police qui se trouvaient sur la liste de corrompu de Mendoza, ont manœuvré auprès des médias pour que l’ancien officier de police soit considéré comme l’ennemi public numéro 1. La stratégie a très bien fonctionné puisque Rolando Mendoza est mort avec les conclusions de son enquête. Les médias sont le reflet de notre société actuelle prompt à choisir ses héros et ses bourreaux. Il ya quelques années, Malcom X disait ceci: « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment »

L’histoire de Rolando Mendoza fait froid dans le dos et nous démontre que notre société peut être très cruelle. La question que je me pose est la suivante: combien ya t-il de cas ressemblant à celui de Rolando Mendoza dans le monde? combien de personnes frustrées, abandonnées à elles-mêmes sont prêtes à se radicaliser et commettre des actes ignobles. Nous sommes tous, sans exception de potentiels Rolando Mendoza. Notre société a mis à notre portée tous les outils nécessaires pour que nous devenons de véritables prédateurs.

Au lieu de chercher à soigner ces cœurs brisés, notre société érige la plupart du temps des barrières, de grands murs pour mettre de côté ces hommes et ces femmes qui ont été victimes de la perversité du système dans lequel on vit. Il y a péril dans la demeure et il faut revoir les choses au plus vite. Nous devons écouter les cris de désespoir des âmes peinées aux quatre coins du monde, nous devons venir en aide à ces âmes qui ne veulent qu’un peu de compassion à leur égard. Comme le disait Nelson Mandela, aucun être humain ne vient au monde avec de la haine et de la rancœur dans son cœur. Il est plus facile d’apprendre à aimer que d’apprendre à haïr.

Le 23 août 2010, on aurait pu éviter cette tragédie, si le cri de détresse de Rolando Mendoza avait été entendu. L’ex-officier a été abandonné par tous, ceux en qui il avait le plus confiance l’ont trahi. Dès lors, il a réveillé son instinct de survie et la bête qui sommeillait en lui à pris le dessus. Imaginons un seul instant, si un responsable de la police Philippine avait eu une oreille attentive au message de Mendoza, ce dernier allait se sentir compris et le cours des événements allait être tout autre. L’humanité tout entière est aujourd’hui confrontée à un défi de taille à savoir le défi de retrouver son humanité. Si nous n’engageons pas ce processus rapidement, nous courrons à notre perte avec une auto-destruction programmée.

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