Danger sur les ressources en eau, l’humanité a soif, que faire ?

Article : Danger sur les ressources en eau, l’humanité a soif, que faire ?
Crédit: jplenio-Pixabay
25 janvier 2024

Danger sur les ressources en eau, l’humanité a soif, que faire ?

« L’eau c’est la vie », cette expression populaire n’a jamais résonnée aussi fort qu’aujourd’hui. De nombreux spécialistes ne cessent de tirer la sonnette d’alarme quant à une raréfaction des ressources en eau aux quatre coins du globe.

Des chiffres alarmants

En août 2023, l’ONG World Resources Institute (WRI) a livré un rapport (Aqueduct) qui donne à réfléchir.

En effet, selon l’organisation, un quart de la population mondiale est confronté chaque année à un stress hydrique très élevé.

Le rapport ajoute qu’environ 4 milliards de personnes sont impactées au moins un mois dans l’année par ce stress hydrique. Le WRI a ciblé 25 pays qui sont dans une situation critique. Dans cette liste, on retrouve aussi bien des pays dits « développés » et des pays dits du « tiers monde ».

Face au sombre tableau dressé par le World Institute Resources, le monde doit impérativement réagir pour préserver la vie sur Terre.

Il existe une corrélation étroite entre la hausse des températures, la sécheresse, la forte démographie et l’accroissement du stress hydrique. Au début des années 2020, nous avons passé le cap des 8 milliards d’humains.

Les ressources en eau quant à elles, n’ont pas connu de variation. Par conséquent, les nappes phréatiques sont soumises à une pression incroyable et le processus de renouvellement de cette ressource précieuse se trouve bouleversé.

D’après le rapport du WRI, les 25 pays qui sont présentement situés dans la zone rouge consomment 80 % de leurs ressources annuelles d’eau renouvelables.

Une crise mondiale de l’eau serait extrêmement problématique pour la survie des espèces terrestres. De plus, la fonte des glaces n’arrange pas les choses, car elle perturbe le circuit du cycle de l’eau, chose qui a une incidence sur les réserves hydriques.

Les faits ne mentent pas

L’Antarctique, considéré comme le réfrigérateur de la planète pourrait ne plus être en mesure d’assurer sa fonction à cause du réchauffement climatique. D’après les sources du National Snow and Ice Data Center, la glace de l’Antarctique fond à une vitesse vertigineuse, du jamais vu depuis de nombreuses décennies.

Devant l’urgence de la situation, les experts appellent à accélérer le processus de transition énergétique et à réduire drastiquement la consommation d’énergies fossiles.

Le monde a connu par le passé des périodes de bouleversements climatiques avec leurs corollaires de conséquences. Cependant, pour certains chercheurs, la Terre ne serait qu’en train de suivre un cycle et selon eux, il n’y a pas lieu de s’inquiéter plus que ça.

L’emballement médiatique autour de la question climatique a contribué à installer un environnement anxiogène au sein de l’opinion, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut minimiser la situation.

Mon but n’est pas de me présenter comme un alarmiste du genre « théoricien de la fin du monde ». Je vis dans une partie du globe où j’assiste en direct à l’impact du changement climatique sur la vie des communautés.

Mon intention est d’exposer des faits réels à partir de sources sûres dans le but de proposer une somme de solution pour faire face à un grave problème (même si tout le monde ne le voit pas du même angle).

L’eau atmosphérique, une aubaine pour la Terre

Avec l’accroissement de la population mondiale, le réchauffement climatique et les réalités économiques aux quatre coins de la Terre, que pouvons-nous faire afin que l’ensemble de la population mondiale puisse accéder à de l’eau potable ?

Le stock d’eau douce à la surface de la Terre est de 35 millions de km3. Dans le même temps, il se renouvelle à raison de 496 000 km3/an.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) affirme que le besoin minimum en eau potable est de 20 litres par jour pour l’hydratation et l’hygiène personnelle.

Le besoin en eau grimpe à 50 litres par jour pour l’ensemble des usages domestiques. Vu que le stock d’eau douce est constant et que la population ne fait qu’augmenter, quelle alternative peut-on mettre en place ? Des solutions existent.

On peut exploiter le processus de dessalement de l’eau de mer. Cependant, la méthode est complexe et requiert une grande quantité d’énergie pour produire des stocks suffisants en eau potable.

Depuis quelques années, des chercheurs et innovateurs tentent de récupérer l’eau présente dans l’atmosphère afin de constituer des réserves d’eau douce.

Le processus nécessite un certain nombre de protocoles avant d’aboutir à des résultats probants. Les chercheurs de l’institut POSTECH et de l’UC Berkeley estiment que les régions désertiques du globe offrent une opportunité unique de produire de l’eau sans impacter les nappes souterraines.

Les scientifiques ont mis en place un système ingénieux qui permet de récupérer de l’eau atmosphérique dans des zones inhospitalières grâce à la lumière du soleil. Le résultat est tout simplement époustouflant.

Des tests ont été effectués dans des déserts comme celui de la vallée de la mort. À titre d’information, la vallée de la mort est considérée comme la région la plus aride et chaude de la planète.

Les températures peuvent y avoisiner les 60 °C la journée avec une humidité inférieure à 7 %. C’est dans cette zone que les équipes du POSTECH et de l’UC Berkeley ont déployé leur système de captation d’eau. Ils ont réussi à recueillir 285 g d’eau à Berkeley et 210 g au niveau de la vallée de la mort.

L’innovation technologique au service d’une cause commune

Les chercheurs ont utilisé un matériel innovant pour optimiser le rendement du système. Il s’agit des cadres métallo organiques (MOFs). Les MOFs sont des matériaux poreux avec de minuscules trous de 1 à 2 nanomètres.

Avec cette particularité, les MOFs peuvent capter l’eau atmosphérique durant la nuit. L’invention est de forme cylindrique, ce qui lui permet de s’aligner de manière parfaite avec la trajectoire du soleil. L’eau atmosphérique recueillie la nuit est condensée en eau potable grâce à la lumière du soleil la journée.

Le système mis au point par les chercheurs américains est vraiment novateur. Les premiers procédés de ce genre nécessitaient beaucoup d’énergie avec condensation de vapeur.

Avec ce modèle solaire, le coût énergétique est presque nul et il arrive à capter de l’eau même dans un environnement avec 7 % d’humidité. Ce type de système offre plusieurs avantages et il peut être appliqué dans toutes les régions du monde.

La jeune Kényane Beth Koiggi a aussi mis en place un procédé qui offre la possibilité de transformer l’air en eau potable. L’invention de la jeune africaine repose également sur l’énergie solaire.

Dénommée Majik Water, l’invention de Beth Koiggi utilise des matériaux hydrophiles et déshydratants comme le gel de silice afin de recueillir l’eau atmosphérique.

D’après la jeune entrepreneuse, l’eau présente dans l’air est six fois plus élevée que dans toutes les rivières de la planète.

Testé dans un centre de la Nasa, Majik Water est capable de produire jusqu’à 10 litres d’eau filtrée par jour sans avoir besoin d’être raccordée à un réseau électrique. Des alternatives plus que crédibles existent pour permettre à l’humanité de boire à sa soif.

Les chercheurs et les innovateurs font leur part du job avec des résultats incroyables. Il appartient maintenant aux décideurs politiques d’enclencher une série de mécanismes, favorable au déploiement à grande échelle de la technique de captation de l’eau atmosphérique.

Il faut accompagner ce mouvement afin qu’il puisse profiter à l’ensemble de la population mondiale. Les recherches doivent aussi se poursuivre pour perfectionner le système. Ainsi notre tissu industriel qui est très gourmand en eau pourra se réadapter afin de peser moins sur les ressources hydriques.

Une société de consommation à repenser ?

En exploitant judicieusement l’eau présente dans l’atmosphère, l’on permet aux nappes souterraines de se régénérer plus facilement. De plus, les ressources en eau seront moins soumises au phénomène de la pollution.

D’après Aquastat, qui est la base de données de l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 45 % de l’eau utilisée pour irriguer les terres agricoles s’évapore et peut être captée. Les 55 % restants sont déversés dans l’environnement comme eaux usées domestiques ou industrielles.

Ces eaux sont constituées en grande partie de produits chimiques. On y retrouve près de 300 millions de tonnes de polluants tels que les nitrates, les produits phytosanitaires, les métaux lourds…

Dans les zones comme l’Europe ou l’Amérique, il existe une chaîne qui permet d’assainir à 90 % ces eaux polluées.

Pour le moment, l’Afrique est loin du compte. Moins de 10 % des industries sur le continent traitent leurs eaux usées.

Pendant l’hivernage, faute de système de drainage adéquat, ces eaux se mélangent aux déchets ménagers et terminent leur course dans les rivières. Par conséquent, les populations sont exposées à de l’eau contaminée qui est source de maladies.

Agir ou…

Le monde est dos mur (ce n’est pas agréable à entendre, mais c’est une réalité) et il faut immédiatement adopter des alternatives qui sont à notre portée.

Une récente étude de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) affirme que si le monde n’enclenche pas au plus vite des réformes pour mieux gérer les ressources en eau, alors la vie va se compliquer pour des millions de personnes à travers le monde.

Si l’on reste les bras croisés à tergiverser dans des discussions, d’ici 2050, la situation risque de devenir intenable.

Essayez d’imaginer l’impact d’une crise de l’eau sur la stabilité de notre société. Un tel scénario va provoquer de grandes vagues de migration avec le déclenchement de possibles conflits.

Au niveau de la corne de l’Afrique, on assiste déjà à des migrations importantes à cause du tarissement des ressources en eau.

Les pays dits « développés » qui ne sont pas forcément confrontés à un stress hydrique doivent faire face à la pollution de l’eau potable. Les particules fines comme les microparticules de plastiques sont de plus en plus présentes dans nos boissons.

Indétectables à l’œil nu, elles peuvent constituer un véritable enjeu de santé publique. Sans doute, les défis diffèrent dans chaque région du monde, mais la réalité reste la même.

Les ressources en eau sont soumises à rude épreuve et il faut trouver un ensemble de moyens pour ne pas basculer vers le point de non-retour. Des initiatives intéressantes sont en marche pour proposer des solutions qui vont rendre disponible l’eau à la population mondiale.

Certes, l’Homme ne maîtrise pas toutes les situations, mais avec sa science, il peut retourner une situation défavorable en sa faveur. J’ai envie de dire, la balle est dans notre camp.

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Commentaires

Fabien
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Merci très cher TRAORE pour cette sonnette d'alarme! Comme quoi il y'a matière a faire. Il est d'autant très intéressant de savoir que de telles alternatives durables existe! Les chercheurs et les politiques africains en particuliers devraient s'en approprier au regarde de l'ampleur de la menace pour ce continent!!!