Amos Joel Yohane Traore

L’ennemi de l’Africain, c’est l’Africain lui même

Il y a quelques jours, une attaque terroriste à la bombe faisait plus de 276 morts et quelque 300 blessés en Somalie. Cette tragédie a mis une fois de plus en lumière la cruauté, la barbarie, l’ignominie de ces criminels qui se font appeler « envoyés de Dieu ».  L’absence totale de réactions de la part de nos dirigeants m’a particulièrement fait honte et marqué. En effet, ils ont encore montré toute l’étendue de leur sournoiserie et hypocrisie. L’Union Africaine, qui dit être une institution qui défend les Africains et défend des valeurs de solidarité entre États membres, a brillé par sa terrifiante inertie. Je doute fort qu’elle a daigné adresser un message de condoléances aux peuples Somaliens très meurtris par tant d’années de violence et d’anarchie. L’Afrique forme une gigantesque famille et il est de coutume, quand des événements d’une telle ampleur surviennent, d’aller au chevet du pays frère touché pour lui apporter aide et réconfort. Cette absence de réaction montre à quel point les pays d’Afrique ne sont pas solidaires les uns envers les autres. Comment pouvons-nous mener des combats collectifs si nous ne sommes pas unis ? Le vrai problème de l’Afrique, c’est la solidarité entre États.

  • Je suis Charlie

Janvier 2015, Paris, la capitale française, vient d’être frappée par une attaque terroriste. L’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo a subi la barbarie des terroristes. Bilan : 12 morts et plusieurs blessés. La France est alors frappée par l’une des pires attaques terroristes de son histoire. Cet attentat a vite provoqué l’émoi et la consternation au sein de la communauté internationale et le slogan « Je suis Charlie » est devenu le symbole de cette attaque tragique. Au même moment, plusieurs chefs d’État africains ont adressé leurs condoléances au peuple français. Plusieurs d’entre eux se sont rendus à la marche de commémoration aux victimes, on y a vu certains verser des larmes. Voilà tout le paradoxe de l’Afrique.

  • Les Somaliens seuls face à l’horreur

Quand les Occidentaux ont su faire taire leurs divergences le temps d’un moment et faire bloc autour de la France pour la soutenir, nous Africains, qu’avons-nous fait pour la Somalie ? Livrée à elle-même, elle continue d’enterrer ses morts. J’ai vraiment honte pour l’Afrique. Les Somaliens doivent se demander si leurs frères Africains sont au courant du malheur qui les frappe. Tout dernièrement, les Somaliens se sont rassemblés pour manifester contre ceux qui perpètrent ces actes ignobles. Dans la douleur, le peuple de Somalie a trouvé les ressources nécessaires pour dire non au terrorisme, comme pour montrer que même s’il vit depuis plusieurs années au rythme des attaques terroristes en tous genres, et malgré le fait qu’il est quasiment abandonné par tous, il demeure un peuple courageux et digne. De mon côté, j’ai honte, honte que le Président de mon pays, monsieur Roch Marc Christian Kabore, n’ait pas montré sa solidarité envers la Somalie, pas même signé une lettre de condoléances. J’ai honte aussi de mes concitoyens. Quand je parcourais les rues de ma ville, Bobo Dioulasso, j’ai essayé de recueillir des avis sur l’attentat en Somalie et le constat était saisissant. La plupart des sondés trouvaient normal ce qui s’était passé, car pour eux, la Somalie est devenu un no man’s land où les populations sont en partie complices des terroristes, notamment le groupuscule al Shebab. Je vous livre le témoignage d’un monsieur.

« La Somalie ne peut plus être sauvée, elle est devenu un État voyou, donc l’attentat qui s’y est produit ne me surprend pas, on peut rien n’y faire, c’est la vie. » Interloqué, je lui demande son avis sur l’attitude de la plupart des chefs d’État africains vis-à-vis de la Somalie. Voilà ce qu’il m’a répondu : « Sincèrement, ils ont mieux à faire. Certes, il y a eu des pertes en vies humaines, mais ils n’y peuvent rien, ils n’ont aucun intérêt à se rendre là-bas. » Scandalisé, je lui dis : « Vous n’avez donc aucune compassion pour les femmes, hommes et enfants qui sont morts. Imaginez une seconde si le Burkina était frappé par une pareille attaque, oseriez-vous dire que c’est normal ? C’est à cause des réflexions dans ce genre que l’Afrique aura toujours un genou à terre. »

Devant ma réaction outrée, l’homme a continué son chemin. Il est vrai que chacun à sa propre pensée et il faut respecter les opinions des autres, mais il était aussi de mon devoir de faire prendre conscience à cet homme. Tout ça nous montre que l’Afrique est très loin du compte. Avec de telles réflexions et de tels comportements, nous n’irons nulle part. Nous passons tout notre temps à trouver des responsables à nos problèmes, nous indexons l’Occident de tous nos malheurs alors que nous sommes le vrai problème. L’Africain ne tire aucune leçon de son histoire. Nos divisions et nos querelles d’ego nous ont toujours porté préjudice et aujourd’hui encore nous continuons sur la même lancée. Nous devons prendre nos responsabilités, assumer et comprendre que la clé se trouve entre nos mains. Nous avons une formidable richesse ici en Afrique, c’est l’esprit de famille. Si nous arrivons à exploiter efficacement cette richesse, rien, je dis bien rien ne pourra arrêter l’Afrique. Pour revenir au cas de la Somalie, je voudrais dire aux Somaliens qu’ils ne sont pas seuls dans cette douloureuse épreuve. Mes prières et mes pensées vous accompagnent chaque jour, peuple frère, et sachez que d’autres frères Africains sont avec vous.


Eliud Kipchoge, l’homme qui défia le temps

« L’être humain n’a pas de limite ». C’est ainsi qu’Eliud Kipchoge , athlète Kényan et champion olympique du marathon qualifia sa performance extraordinaire lors du marathon organisé par la firme Nike. L’objectif de cette course dénommée « breaking 2 » était d’établir un nouveau record du monde du marathon et descendre sous la barre mythique des 2h de course.

Performance qui jusque-là, n’a jamais été effleuré. Kipchoge réalisa un temps de 2h 00mn 25s. Il s’est fallu de peu pour que cet athlète, humble et travailleur réalise le temps de 1h 59mn 59s temps de référence fixé par Nike. L’objectif n’a pas été atteint et ces quelques secondes de trop semble faire tache sur cette performance exceptionnelle car jamais aucun athlète n’avait réalisé pareil exploit, ça dépasse l’entendement. De l’aveu même de l’athlète, des spécialistes de la médecine du sport lui ont affirmé qu’il pouvait mourir en voulant essayer de descendre sous la barre des 2 h.

Il n’y a eu que quelques secondes qui l’ont séparé de l’exploit et il est toujours vivant. Certes l’athlète a bénéficié de l’expertise technologique, nutritionnelle,  de la firme et de conditions optimales le jour de la course, il n’en reste pas moins que tout le mérité lui revient car il n’a compté que sur ses deux jambes pour parcourir les 42,195 km d’une piste spécialement aménagée pour l’occasion non loin de l’emblématique circuit de formule 1 de Monza en Italie  soit 17 tours de circuit à une vitesse moyenne de 21 km/h.

Pour mieux cerner les contours de cet exploit vous pouvez vous referez à ces articles : www.trackandlife.fr/eliud-kipchoge-casse-record-2h  www.trackandlife.fr/au-coeur-de-breaking-2/

La vidéo de l’exploit est aussi visible ici :

https://www.youtube.com/watch?v=axzw2vTtPC8

Vous pouvez aussi revivre ici pas à pas l’entraînement de l’athlète:

https://www.youtube.com/watch?v=V2ZLG-Fij_4

L’homme est un être incroyable, pour réaliser des œuvres exceptionnelles il est capable d’aller explorer des sphères inconnues. Eliud Kipchoge a banalisé l’irrationnel et j’avoue que j’étais parcouru de frissons quand je regardais la vidéo de son exploit. Il m’a fait comprendre que chacun à cette flamme en lui. Cette flamme qui peut nous pousser à aller réaliser nos rêves les plus fous.

Quand on lui a posé la question à savoir s’il serait possible un jour de descendre sous la barre des 2 h, voici la réponse du champion : « j’ai couru en 2h 00mn 25s, mais vous pouvez être sûr que quelqu’un arrivera très bientôt à effacer ces 25 secondes de trop, car l’être humain n’a pas de limites »


Le chanteur aux mélodies envoûtantes

Bill Aka Kora, de son vrai nom Bilgho Akaramata Kora est un chanteur et acteur Burkinabé. Plusieurs fois nommés aux Kundés d’or Burkinabé, évènement qui récompense chaque année les meilleurs artistes musiciens du pays, Bill Aka Kora c’est celui qui a bercé mon enfance à travers ses chansons, originaire du pays Kasséna il chante principalement dans sa langue maternelle le « Gourounsi ». Partout où j’étais, je dansais et chantais sur ses sonorités empreintes de jovialité, d’aventure, d’authenticité.

Bill Aka Kora est aussi un artiste engagé, grand admirateur de l’ancien président Burkinabè Thomas Sankara, il partage les idées du père de la révolution Burkinabé dans ses titres. Encore aujourd’hui je continue de savourer pleinement ses œuvres musicales. Il est tout simplement le meilleur. Je partage avec vous trois de mes morceaux préférés.

  • Dibayagui

Dibayagui est une chanson à tonalité guerrière. Elle met en avant la nécessité de promouvoir et défendre nos valeurs culturelles, à ne point les laisser disparaître dans les méandres de la modernisation.Bonne écoute

  • N’Gatilé

N’Gatilé. Je la chantais dans mes moments de doutes et de peines. Confronter à la douleur et aux découragements je me réfugiais dans les paroles réconfortantes de ce titre. Dans N’Gatilé Bill Aka Kora nous dit de ne jamais abandonner nos rêves, de croire en soi, de persévérer et ne jamais baisser la tête face à l’adversité.

  • Apouri

Dans Apouri l’artiste relate la nécessité d’avoir le goût de l’aventure, de sillonner d’autres contrées afin de faire des rencontres, d’apprendre beaucoup de la vie, de s’épanouir et surtout profiter de la nature.

Bill Aka Kora demeure mon artiste musicien préféré. Vu qu’aujourd’hui les chanteurs jouent plus le jeu des maisons de disques uniquement concentré sur le business, l’authenticité et la simplicité des mélodies d’Aka Kora sont de vraies bouffées d’oxygène. Pour en savoir plus sur ce talentueux musiciens vous pouvez vous referez à ce lien https://myspace.com/bilakakora/bio


Demain ne nous appartient plus

C’est sur un des thèmes d’un mondochallenge que j’interpelle aujourd’hui. Demain ne nous appartient plus. Cette phrase résume à elle seule la situation actuelle de notre monde.

  • Pourquoi demain ne nous appartient plus

Notre société d’aujourd’hui est en perdition et complètement tel un patient plongé dans le coma et qui s’apprête à rendre l’âme. Aujourd’hui l’intolérance, le mépris, le rejet de l’autre, la haine, la vanité, la méchanceté, l’égoïsme ont pris le dessus sur notre communauté. Cela a atteint un tel degré que nous banalisons la situation.

Ainsi, chacun est devenu spectateur de la détérioration avancée de notre société.  Des minorités sont pourchassées et massacrées par centaines, des milliers de personnes meurent dans des conditions atroces espérant une vie meilleure ailleurs. Des millions de jeunes sont aujourd’hui sans repères et deviennent des proies faciles pour les vendeurs d’illusions. Le capitalisme sauvage poursuit son expansion entraînant misères et ruines sur son passage. Quand  1% de la population mondiale continue de s’enrichir allègrement, des millions de personnes peinent à s’offrir un repas journalier et manquent de tout.

Ces pays du « tiers monde » comme les nomme la communauté internationale, ne sont bon qu’à servir de mains d’œuvres bon marché et de mettre en lumière des dirigeants corrompus et incompétents. Je me suis toujours questionné sur le sens de cette phrase « pays du tiers monde ».

Ces pays n’habitent ils pas la même terre, n’ont-ils pas des populations doués de conscience et muni de capacité de réflexion? Ou bien le simple fait que ces pays ne disposent pas d’un niveau de développement assez élevé suffit à les classés dans ce groupe ? Voilà tout le paradoxe de notre société.

De plus des conflits naissent un peu partout aux quatre coins du globe avec un cortège de morts, de destruction, de désespoir. Pour couronner le tout, deux superpuissances nucléaires avec à leur tête deux des présidents les plus mégalos, paranoïaques de l’histoire menacent même l’existence de l’humanité. Disposant tous les deux de l’arme nucléaire, ils se menacent à coup de démonstrations militaire, tels des gamins jouant à des jeux de rôle et qui veulent montrer chacun leurs puissances.

Ce que ces deux messieurs  oublient, c’est qu’ils ont entre leurs mains des armes de destruction massive qui n’ont jamais été aussi puissantes et qui sont capables d’anéantir l’humanité y compris leurs pays respectifs. Bref l’espoir, l’amour d’autrui, la tolérance, l’humanisme sont des valeurs qui semblent avoir disparu. Si on ajoute le fait que nous polluons la terre à grande échelle, cette terre qui nous donne tout et qui aujourd’hui semble en avoir marre, nous pouvons bien affirmer que demain ne nous appartient plus.

Nous ne contrôlons plus rien. Pour paraphraser Thomas Hobbes : « l’homme est devenu un loup pour l’homme », la nature est furieuse et se déchaîne contre nous. Pouvons-nous encore prétendre avoir notre destin entre nos mains ?

  • Peut-on reposséder demain ?

Vu le constat nous avons atteint un point de non-retour et imaginé de lendemain meilleur paraît illusoires. Cependant l’être humain est doté d’un étonnant instinct de survie et quand il se sent menacé il réagit. Si nous voulons léguer un monde meilleur aux générations futures, nous devons faire une analyse introspective, nous assumés et agir tout simplement.

La première des choses c’est que nous devons nous accepter mutuellement, accepter que l’on ne puisse pas avoir les mêmes croyances, les mêmes convictions, les mêmes envies au sein d’une communauté. Il faut réconcilier l’homme avec l’homme. Nous appartenons tous à la même espèce et il ne sert à rien de s’entredéchirer. Que chacun prenne son temps et jette un regard rétroactif sur ses actions égoïstes et malhonnêtes. L’orgueil, la vanité, la recherche du pouvoir font partie de nature humaine cependant comme des épines sur des roses on peut les retirer minutieusement et méthodiquement. Nous avons pris l’habitude de jeter la faute sur les autres et refuser de voir la réalité en face. C’est la somme de toutes ses actions, de tous ces comportements qui nous ont conduits au bord du gouffre.

L’homme évolue en fonction de son milieu et s’il se sent en danger il peut devenir un vrai prédateur et montrer son côté le plus obscur. Nous devons donc cultiver l’amour autour de nous et arrêter les discours haineux qui mènent à la division. Comme le disait Nelson Mandela : « Personne ne naît en haïssant son prochain, les hommes apprennent à haïr, on peut leur apprendre à aimer car l’amour vient plus naturellement au cœur de l’homme » Notre histoire a démontré à plusieurs reprises que l’être humain était capable du meilleur comme du pire, mais à chaque fois il a su prendre conscience au bon moment pour éviter l’irréparable. Aujourd’hui encore nous sommes à un tournant et j’espère que nous prendrons rapidement conscience de la situation actuelle et renverser la tendance. Là peut-être demain pourra nous appartenir.


L’Afrique poubelle du monde ?

Il y a de cela un an une étude menée par l’ONG suisse Public Eye avait révélé que les populations de plusieurs pays de l’Afrique dont la Côte d’Ivoire, l’Angola, le Congo Brazzaville, le Bénin, le Mali, la Zambie, le Ghana, et le Sénégal étaient exposés à de graves risques de pollution. Cela était dû à la commercialisation et à l’utilisation de carburants de très mauvaise qualité.

En effet ces carburants selon l’ONG Suisse ne respectaient pas les normes européennes et contenaient 200 à 1000 fois plus de soufre que ceux vendus en Europe. Le soufre, substance très nocive et polluante peut avoir des conséquences désastreuses pour la santé, l’environnement, l’industrie.

L’étude menée à cette époque avait soulevé un tôlé au sein de l’opinion suscitant indignation et colère. Cependant l’affaire, à mon goût a été trop vite jetée aux oubliettes. C’était là l’occasion rêvée d’interpeller les responsables de ce scandale sanitaire et du même coup démanteler ce réseau mafieux par lequel transitait ce carburant de mauvaise qualité.

Connaissant les risques encourus pour la santé comment donc ces carburants toxiques ont pu se retrouver dans les différents circuits de distributions africains ?. L’absence de réaction et de condamnation de nos dirigeants en dit long sur leur ignorance et leur probable complicité sur les agissements de ces compagnies véreuses qui nous approvisionnent en carburant. Malheureusement ce que j’appelle « l’oil gate » un vrai scandale à mon sens  n’est que la face visible d’un gigantesque iceberg. Si d’autres études de la même envergure que celle de public Eye sont régulièrement menées on y fera des découvertes difficilement supportables pour le commun des mortels.

En effet l’on a trop souvent l’impression que l’Afrique est considérée comme une poubelle à ciel ouvert où toutes sortes de multinationales profitent de l’incapacité, de l’amateurisme, du laisser-aller, de la corruption au sein de nos gouvernements pour continuer à déverser tranquillement leurs « pourritures » sur le continent. De telles pratiques ne font qu’enfoncer l’Afrique et retarder son processus de développement car les conséquences sont perceptibles à plusieurs niveaux.

1· Sur le plan environnemental

Notre environnement est exposé à la mauvaise foi de ces industriels. Confronter à des règles environnementales très strictes en Occident, plusieurs compagnies, pour échapper à des éventuelles sanctions et poursuites judiciaires viennent verser les résidus de leurs activités industrielles sur des territoires africains notamment dans les cours d’eau qui sont si importants pour le cycle de vie de la faune et de la flore et vitale pour les populations dans leur quotidien.

• Le cas du Probo Koala

Le Probo Koala du nom de ce bateau d’une entreprise battant pavillon néerlandais qui en 2005, sans scrupules déversa des tonnes de déchets toxiques dans les eaux territoriales de la Côte d’Ivoire causa au passage un désastre environnemental et sanitaire sans précédent pour le pays. Les images de personnes infectées furent le tour du monde et les populations continuent de porter des séquelles graves : malformation cardiaque, problème respiratoire et cutanés.

Face aux réactions qu’a causées l’affaire, l’entreprise fautive avait vite fait de repêcher une partie des déchets mais le mal était déjà fait et des études de plusieurs ONG de protections de l’environnement dont Greenpeace ont démontré que la zone touchée ne pourrait pas accueillir d’espèces maritimes pendant plusieurs années ! Seigneur ayez pitié.

• L’industrie automobile

Chaque année, le marché automobile Africain est inondé de plusieurs marques de voitures n’entrant plus dans les normes en Occident. Ils sont communément appelé « France au revoir ».

Le paradoxe c’est que les populations raffolent de ces voitures car moins chères et plus accessible que les voitures qui sortent directement de l’usine et ayant effectué plusieurs tests de fiabilité. Malheureusement ce que les populations ne savent pas c’est que ces voitures sont à la fois dangereuses pour l’environnement et pour les populations elles-mêmes.

En sus plusieurs pays exportateurs d’essence de mauvaise qualité confrontent leur population à de graves risques de pollution car les « France au revoir » qui utilise ce carburant ne sont pas pour la plupart munis d’équipements adéquats notamment les filtres à essence pour traiter le carburant affecté.

Résultats, des milliers de particules polluantes sont chaque jour émises dans l’atmosphère causant ainsi des troubles respiratoires aux populations. Au Ghana par exemple, plus de 530 millions de Dollars ont été dépensé en consultation médicale pour des raisons de pollution. C’est affligeant

  2· Sur le plan sanitaire et alimentaire

• Le domaine sanitaire

Presque tous les secteurs d’activité en Afrique sont inondés de produits périssables et impropres à la consommation. C’est le cas par exemple du domaine pharmaceutique où l’on retrouve des médicaments qui sont interdits de vente notamment en Europe.

Les populations africaines utilisent donc des médicaments potentiellement toxiques pour la santé. Par exemple de nombreux médicaments sont proscrits sur le marché pharmaceutique français comme le combimal comprimé ou le co-arinate. Malheureusement ici en Afrique on retrouve ces produits interdits sur les étalages de nos pharmacies. Les probables conséquences sont terribles : développement de tumeurs et cellules cancérigènes, affaiblissement du système immunitaire, par conséquent réduction drastique de l’espérance de vie.

Le domaine alimentaire

Sur le plan alimentaire, le constat est plus terrifiant car plusieurs grands groupes agro industriels internationaux n’hésitent plus à se débarrasser de leurs denrées en voie de péremption sur le continent. Les boîtes de conserve, les produits laitiers, les boissons, la viande surgelée, les céréales, tout y passent. Résultat c’est toute notre chaîne de consommation qui est envahi par ces produits de consommation avec la bénédiction de nos autorités et de nos mafiosi d’opérateurs économiques uniquement intéressés que par la recherche du profit au risque de mettre en péril la santé de millions de consommateurs.

 3· Sur le plan économique

Nos gouvernants, pour la plupart corrompus sacrifient le devenir de nos nations car ces produits de consommation de mauvaise qualité, moins chères ont des répercussions négatives sur notre économie freinant ainsi son essor. Nos vaillants commerçants et artisans, qui sont spécialisés dans le savoir-faire local et qui veulent s’implanter sur le marché de consommation local sont confrontés à la concurrence déloyale de ces produits importés. Par conséquent pour arriver à survivre et maintenir à flot leurs activités nos commerçants et artisans sont obligés de basculer dans cette importation diabolique et destructrice. Résultat : les produits locaux tendent à disparaître laissant la place à des produits de qualité douteuse qui envahissent notre marché de consommation.

L’Afrique a toujours été considérée comme le continent à la traîne et les Africains sont en grande partie responsables de cette situation. Nous sommes trop attentistes, naïfs, espérant des solutions-miracles pour régler nos problèmes. Nous sommes aussi passés maître dans l’art d’élire des dirigeants corrompus et démagogues à la tête de nos. Nos matières premières sont vendues à vil prix à des entreprises étrangères qui vont les transformer en produits finis et revenir nous les revendre très chers. Au vu de cette situation comment voulons-nous qu’on nous respecte si nous ne sommes pas capables de prendre nos responsabilités et de nous assumer entièrement.

Nous devons changer de mentalités et accepter que nous sommes capables de produire et consommer Africain. Il faut qu’on se départît de certains comportements comme la paresse, l’appât du gain facile, la corruption. Il faut aussi placer les hommes qu’il faut à la place qu’il faut à la tête de nos institutions. Pour cela un travail de fond doit être fait, j’y reviendrai dans un prochain article. Il faut cesser avec les discours populistes, l’amateurisme chronique et oser faire bouger les lignes ce n’est qu’à ce prix que l’Afrique pourra prétendre à une certaine respectabilité.