Amos Joel Yohane Traore

notre planète est malade il faut réagir

Avant toute chose je vous laisse visionner ce discours de l’acteur américain Leonardo Dicaprio ambassadeur de l’environnement auprès des Nations Unies lors d’une assemblée extraordinaire de l’institut. Ce discours un vrai cri de cœur nous interpelle tous sur la nécessité de sauver notre planète.

https://www.youtube.com/watch?v=C4k_GBRMzl4

La terre, cette belle planète qui est minutieusement placée au sein du système solaire et qui est jusqu’à preuve du contraire la seule planète qui abrite la vie à connu de nombreux bouleversements géologiques qui l’ont façonné. En effet, de la tectonique des plaques, aux différentes ères géologiques toute la structure interne et externe de la terre résulte d’un long processus d’évolution de plusieurs milliards d’années. Mais actuellement une espèce vivante est entrain de dérégler complètement ce processus : il s’agit de l’Homme.

L’Homme est la seule espèce vivante qui a su au fil des années s’adapter aux diverses périodes qu’a connues la terre transformant ainsi à chaque fois son environnement pour survivre. Cette faculté d’adaptation lui a permis de mettre au point des techniques et des outils qui l’ont aidé à exploiter les potentialités et de faire de très grandes avancées technologiques.

Aujourd’hui l’Homme est capable de produire de l’énergie, d’extraire des ressources naturelles du sol, de transformer les produits de la faune en produits de grande consommation, de pratiquer un élevage et une agriculture intensive. Au fur et à mesure qu’on assiste à ces avancées, notre terre est aujourd’hui confrontée à des dérèglements climatiques sans précédent. Aux quatre coins du monde nous assistons impuissants à des ouragans et des cyclones dévastateurs, à des sécheresses, des inondations impressionnantes qui créent désolation sur leur passage. En bref les activités que nous menons ont grandement contribué au réchauffement climatique. L’Homme a tellement exploité la terre qu’elle suffoque désormais.

 

  • Le dioxyde de Carbone, ce gaz dangereux pour notre atmosphère

La croissance démographique mondiale est galopante, et qui dit population galopante dit extension des villes. Aujourd’hui notre planète compte plus d’unités industrielles qu’elle n’en a jamais connues. Pour répondre à la demande mondiale, ces unités industrielles sont de plus en plus grandes et consomment largement beaucoup plus d’énergie. Quand on sait que celles-ci fonctionnent pour la plupart au charbon qui est très riche en dioxyde de carbone, l’on se rend aisément compte de la proportion de dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère. En effet, chaque jour six milliards de tonnes de dioxyde de carbone sont émises par nos activités industrielles.

 

  • Les conséquences du réchauffement Climatique

1. pollution à grande échelle et affaiblissement du milieu naturel

Au fil des années nous avons pu mesurer l’ampleur de ce désastre climatique qui nous frappe maintenant de plein fouet. L’air est devenu irrespirable car contenant de trop grande quantité de substances polluantes. Par exemple la Chine, super puissance industrielle et l’un des pays les plus pollueurs de la planète, l’air y est tellement pollué que des millions de Chinois sont obligés de porter des masques afin d’atténuer l’inhalation de ces substances polluantes. L’Arctique qui est le système de climatisation de l’hémisphère nord connaît depuis quelque temps une baisse sensible de sa température, car la banquise y fond beaucoup et cela pourrait entraîner une modification des courants marins et une hausse générale du niveau des eaux. D’içi à 2040 des bateaux pourront atteindre cette partie du globe qui est pour le moment inaccessible à l’homme. La hausse du niveau des eaux va entraîner la disparition de plusieurs îles du Pacifique. Aujourd’hui plus de un milliard d’individus dépendent de la faune marine pour assurer leurs apports moyens en protéines.

Par nos activités, nous avons réussi l’exploit de remettre en cause 530 millions d’années d’évolution car beaucoup d’espèces maritimes et terrestres sont en voie de disparition. Les arbres qui contribuent grandement à l’absorption du dioxyde de carbone sont détruits sur plusieurs hectares, les océans qui régulent la température de la terre sont pollués de toute part, les récifs coralliens qui jouent le rôle primordial de digue naturelle tendent à disparaître, rien d’étonnant quand on voit aujourd’hui à quel rythme se produit les ouragans, les cyclones, les inondations, les sécheresses qui deviennent de plus en plus imprévisibles et destructrices. Notre planète avait mis en place un système de sécurité pour nous protégés de tous ces aléas et nous qu’avons-nous faits pour la remercier ? Nous avons complètement déréglé ce système de sécurité et nous sommes aujourd’hui très vulnérables, le pire c’est que l’on a impression d’ignorer le danger ou de le minimiser. Il y a même une catégorie d’individus qui se sont proclamés « climato sceptiques »

Pour ces individus le débat sur les changements climatiques n’est qu’une grosse mascarade et n’a pas lieu d’être. Rien de plus surprenant quand on sait que la plupart des climato sceptiques sont des patrons de grands groupes d’industries fossiles et de politiciens guidés par des intérêts égoïstes. Actuellement le plus célèbre des climato sceptiques est sans nul doute le président américain Donald Trump qui a promis de désengager son pays de tous les accords signés sur le climat visant à limiter l’émission des gaz à effet de serre. Quand on sait que les États-Unis est le principal pollueur de la planète il est à parier que nous courrions tout droit vers le précipice. Les scientifiques et autres organisations de défense de l’environnement qui tentent de sonner la sonnette d’alarme sont traités de tous les noms, traînés dans la boue et subissent une énorme pression de la part des lobbyistes des énergies fossiles au nombre desquels on peut citer les géantes américaines que sont : Exxon Mobil, Koch industries, Chevron. Toujours aux États-Unis, certains hauts représentants du parlement qui ont des liens étroits avec ces grands groupes industriels mènent des campagnes de dénigrement pour désinformer le grand public et minimiser le problème. Ils font tout pour éviter que des lois restreignant l’activité de ces industries ne passent au congrès

 

  • Les solutions envisageables

         1.l’énergie renouvelable

L’homme a tellement exploité et pollué la terre, que celle-ci à de la peine à se régénérer et renouveler son stock de ressources indispensables à notre survie et pour l’aider il faut agir et vite car le temps joue contre nous. Il faut absolument réduire l’émission des gaz à effet de serre et passer à des énergies propres notamment les énergies renouvelables et pour cela les grandes puissances doivent au plus vite montrer l’exemple et ainsi permettre aux autres pays d’effectuer leur transition énergétique. Ces puissances sont toujours promptes à sermonner les pays du tiers monde quant à leur lenteur dans le passage aux énergies renouvelables ce qui est hypocrite de leur part car, l’exploitation de ces énergies coûte très chère. Les États-Unis par exemple sont de grands donneurs de leçons mais sont de grands consommateurs d’énergies fossiles. Il est démontré qu’un Américain consomme 1,5 fois plus d’énergie fossile qu’un Français, 3,5 fois qu’un Indien, 6,5 fois qu’un Japonais, 62 fois qu’un Nigérian. Notre salut viendra des énergies renouvelables notamment le solaire et au-delà des discours politiques et des hésitations il faut agir en communion.

 

        2. repenser notre mode de vie

Nous devons aussi apprendre à changer notre mode de consommation, l’élevage intensif des bovins doit laisser place à l’élevage des volailles qui est beaucoup moins polluant et qui est une vraie alternative à l’émission du méthane qui peut mettre des dizaines d’années avant de disparaître de l’atmosphère terrestre. Les halocarbures, extrêmement nocifs ont une présence qui peut s’étaler jusqu’à des milliers d’années dans l’atmosphère, sont beaucoup utilisés dans l’industrie mécanique ; automobile ;  aéronautique et doivent être remplacés par des carburants naturels extraits de micro algues marines et de plante comme le jatropha et bien d’autres qui peuvent s’adapter à n’importe quel type de climat.

 3. prise de conscience immédiate

Notre terre n’a jamais été aussi affaiblit, l’homme a tellement exploité et pollué la terre qu’on parle désormais de « l’homosphère ». L’homosphère, l’ère de l’homme ; cette ère où l’homme a mis au point des infrastructures capables d’exploiter les ressources de la terre sans limite.

 

énormes caterpillar qui extraient des matières premières du sous sol. Nul doute que la nature aura du mal à se retrouver ici

 

le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire. Albert Einstein

Cependant aux vues des derniers événements climatiques et les dégâts engendrés mère nature t nous rappeler que quel que soit notre niveau technologique elle peut nous dominer à tout moment. Notre planète est à bout de souffle et nous en sommes grandement responsables. Nous devons en prendre conscience et agir rapidement au risque d’atteindre le point de non-retour si nous ne l’avons pas déjà atteint. Si nous continuons d’ignorer le danger l’accès à l’eau sera difficile dans plusieurs parties du monde ce qui entraînera inexorablement des conflits et des migrations. Nous commençons d’ailleurs à entrevoir des prémices. Plusieurs pays du monde seront touchés par la sécheresse, et l’agriculture ne pourra pas être pratiquée.

Aujourd’hui nous nous acheminons vers une augmentation des températures de 4°c ce qui ne s’est plus vu depuis 4 millions d’années. Le Groenland, partie du globe qui absorbe la plus grande partie du méthane est en train de perdre une grande partie de sa surface glaciaire due au réchauffement climatique. Conséquence,  le méthane que le Groenland avait capturé est maintenant libéré en continu. Au lieu de jouer son rôle refroidissant, le Groenland est devenu auto-chauffant. Les générations futures n’auront peut-être pas l’occasion de voir la biodiversité actuelle. Pour finir je vous laisse visionner ce discours de l’acteur américain Leonardo Dicaprio ambassadeur de l’environnement auprès des Nations Unies lors d’une assemblée extraordinaire de l’institut. Ce discours un vrai cri de cœur nous interpelle tous sur la nécessité de sauver notre planète.

Je vous laisse aussi méditer sur cette chanson « SOS » du reggeaman Français Blacko


Les Red Tails, L’Unité Historique De La Seconde Guerre Mondiale

Les Red Tails sont entrés dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, ils furent la première unité de pilotes composés uniquement de noirs dans l’aviation américaine à combattre durant le second conflit mondial. Dans les premières années de la guerre, les pays de l’axe avec en tête l’Allemagne et sa redoutable Luftwaffe ont infligé de lourdes défaites occasionnant d’énormes dégâts aux forces alliés. Par la suite l’entrée en guerre des États-Unis et le ralliement de l’Ex-URSS suite à la rupture du pacte de non agression signé quelques années plus tôt avec l’Allemagne nazis, ont inversé le rapport des forces. L’emblématique Winston Churchill qualifia cette période de « reflux de la marée ». Cependant les dégâts occasionnés lors des batailles précédentes étaient conséquents au sein de l’armée de l’air des alliés. Pour faire face à ce déficit, une unité de pilote sera mise sur pied et ces pilotes ne s’imaginaient pas qu’ils allaient entrer dans l’histoire. En effet durant cette période, la ségrégation raciale était très présente aux États-Unis et c’est dans ce contexte, que les premiers pilotes noirs furent formés à la base aérienne de Tuskegee. Ils avaient comme commandant le colonel Benjamin Davies Taylor qui a suivi sa formation au sein de la prestigieuse académie militaire de l’armée américaine « West Point ». Alexander Jefferson, un des pilotes de l’unité encore vivant décrit le colonel Davies comme un homme de poigne, charismatique, et extrêmement intelligent, il faut dire qu’il s’est forgé un mental d’acier durant sa formation à West Point où il était souvent victime de racisme.
Lancer dans le grand bain des combats aériens, les Red Tails n’ont eu que peu de temps pour maîtriser l’avion de combat des forces américaines de l’époque le « P51 Mustang » ils n’ont pas eu de cadeaux et ont dû faire leurs preuves. Lors de leurs premières missions, ils devaient escorter les bombardiers alliés quand ceci devait pilonner différentes villes allemandes. Les Red Tails menaient tellement bien leurs missions d’escorte que les pilotes des bombardiers les réclamaient à chaque fois sans savoir que l’unité était essentiellement composée de pilotes noirs. Malgré ces bons résultats, le colonel Davies était intransigeant envers ses hommes, il ne tolérait pas la moindre erreur car de nombreux gradés de l’aviation américaine guettaient le moindre faux pas de l’unité pour la dissoudre et la taxer d’incompétente. Malgré les mauvaises intentions de la hiérarchie militaire, les Red Tails ont accompli avec brio toutes leurs missions d’escorte, quand ils revenaient à la base ils fêtaient chacune de leurs victoires en faisant des tonneaux à basse altitude ; ils détonnaient vraiment des pilotes de l’époque.
Après avoir connu de lourdes défaites et face aux immenses dégâts matériels occasionnés par les bombardements massifs des alliés, Hitler dos au mur rassemble toutes les forces aériennes de la Luftwaffe pour protéger Berlin avec notamment l’apparition du premier chasseur à réaction de l’histoire le «Messerschmitt Me 262 ». Face à ce nouvel armement ultrasophistiqué nazi, ce sont les Red Tails qui sont sollicités pour l’affronter et porter l’estocade finale au Reich. À bord de leurs P51 Mustang, nettement moins rapide que le ME 262, les Red Tails entreront dans l’histoire en détruisant plusieurs de ces avions à réaction scellant ainsi le sort de la Luftwaffe et du 3e Reich. Tout simplement phénoménal, les Red Tails ont réussi où personne ne les attendait. Ces exploits leur valurent le respect et la reconnaissance de la hiérarchie militaire. Les Red Tails demeurent à ce jour l’une des rares unités à avoir reçu trois citations présidentielles. Mais le paradoxe, est que la presse blanche qui contrôlait le système de presse aux États-Unis à l’époque n’a pas fait échos des exploits de ces valeureux combattants des airs si bien que lors de leur retour au pays de l’oncle Sam ils ont été accueilli avec ingratitude, le système ségrégationniste était alors très ancré, l’on vantait le mérite des pilotes blancs qui eux aussi, ont réussi des exploits sans mettre en avant le mérite les Red Tails qui ont porté le coup de grâce à Hitler. L’armée de l’air consciente de l’apport inestimable des Red Tails mettra fin à la ségrégation en son sein dès 1948. Les Red Tails en chiffres c’est : 111 avions abattus en l’air, 150 avions abattus au sol, 150 wagons de train détruits et ils perdirent 66 aviateurs. Ils étaient tellement innovants dans leurs techniques de combat que les pilotes allemands les surnommèrent « les Luft gangster » littéralement les gangsters des airs. En mettant fin au fascisme en Europe et à la ségrégation au sein de l’armée de l’air, les Red Tails ont écrit une page d’histoire confirmant que chacun peut réaliser l’exceptionnel quand il y a une vraie égalité des chances.


Président Kaboré : les Burkinabès sont fiers, vraiment ?

Voici un peu plus de 9 mois que Roch Marc Christian Kaboré a été élu président du Burkina Faso. Entre 2014 et 2016 le Burkina Faso a connu nombre de tumultes qui font désormais partie de l’histoire du pays. Du soulèvement populaire à la tentative de coup d’État du 15 septembre 2015 le peuple burkinabè a démontré qu’il aspirait à autre chose, une autre méthode de gouverner. C’est dans ce sens que l’élection présidentielle de 2016 a suscité beaucoup d’espoirs au sein de la population. Ils ont ainsi placé leur confiance en Roch Marc Christian Kaboré pour conduire aux reines du pays. Kaboré, ex-bras droit de Compaoré et pilier du régime de ce dernier pendant des années au même titre que Salif Diallo et Simon Compaoré, tous deux anciens lieutenants du « beau blaise » ont quitté le CDP (Congrès pour la Démocratie et le progrès) Parti au pouvoir avant le soulèvement populaire pour créer leur propre parti le MPP (Mouvement du peuple pour le progrès).

Ce trio, tombé en disgrâce auprès de l’ex-président, a profité de la cacophonie née de la volonté de ce dernier de modifier l’article 37 de la constitution pour briguer un nouveau mandat présidentiel. Dès lors, profitant de cet élan, ils se sont mobilisés au sein de l’opposition politique appuyée par la société civile pour faire barrage au projet de modification constitutionnelle. Mais le vrai mérite reviendra au peuple burkinabé qui a pris ses responsabilités et a décidé de « balayer » un régime qui n’a cessé de le spoiler, le piller et l’abaisser. On pensait donc qu’un renouveau démocratique allait émerger après cette longue période de malhonnêteté, de crimes et de bassesses en tout genre. La transition politique qui devait tracer les sillons de ce renouveau jusqu’aux prochaines élections s’est malheureusement discrédité par son favoritisme pour les membres du trio RSS (Roch, Salif, Simon). Au lieu de travailler à satisfaire les attentes du peuple, le régime de la transition avec à sa tête Michel Kafando a mis tout en œuvre pour ouvrir les portes du palais présidentiel à Roch Marc Christian Kaboré qui fut désigné candidat de son parti. Le chef d’orchestre de ce parachutage fut le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, bombardé par la suite Générale de Division à la fin de la transition.

Ce dernier avec l’aide de son entourage a écarté de la course tous les principaux challengers de Roch Marc Christian Kaboré. Zida doit s’en mordre les doigts aujourd’hui car celui qu’il a aidé à accéder au pouvoir a retourné sa veste depuis, et on peut le dire, il est dans de sales draps. Débarrasser de ses principaux concurrents et face à de piètres candidats qui n’ont fait qu’amuser la galerie et dont le plus sérieux était Zéphirin Diabré, Roch Marc Christian Kaboré déploya une machine électorale bien rodé pour convaincre les Burkinabès qu’il était l’homme de la situation. C’est ainsi qu’il fut élu au premier tour le 20 novembre 2015 président du Burkina Faso ; malgré un passé trouble, les Burkinabès avaient espoir en un vrai changement, mais après 9 mois d’exercice du pouvoir les Burkinabès ont vite déchanté et sont vite revenus sur terre. Alors, Monsieur Roch Marc Christian Kaboré les Burkinabès sont-ils fiers de votre début de mandat ?  Je n’en suis pas si sûr.

 Tâtonnements au sommet de l’État

Après sa prestation de serment le 29 décembre 2015, il a fallu attendre plusieurs jours avant la nomination d’un Premier ministre, les raisons de cette longue attente étaient dues à une querelle de leadership au sein du MPP, ensuite la formation du gouvernement est survenu une semaine plus tard. L’équipe enfin mis en place, le peuple n’attendait plus qu’elle se mette au travail et prenne des décisions fortes pour relever le pays, mais hélas nos dirigeants se sont distingués par leur amateurisme, mettant en place des mesurettes et non pas des mesures qui n’ont pas de portée à long terme…

Ces mesurettes, l’équipe dirigeante les ont mis en place pour calmer les ardeurs de la frange jeune de la population, principal acteur du soulèvement populaire. Confrontés à un taux de chômage extraordinairement élevé ces jeunes se sont vus proposer des postes dans le domaine de l’enseignement et de la santé. En effet l’équipe dirigeante à procéder à un recrutement 4500 instituteurs de l’école primaire, principalement des étudiants de niveau BAC+2, ceux-ci après une formation initiale de 6 mois se sont vu affectés dans les campagnes du pays. Ensuite au niveau de la santé, le gouvernement a procédé au recrutement de 10000 agents communautaires de santé pour une période de 6 mois non renouvelables.

En plus de cela, il y a aussi le projet HIMO (Haute Intensité de main-d’œuvre) en vigueur dans les villes. Les jeunes bénéficiaires de ce programme auront pour tâche d’assainir les artères de la ville, cela est louable mais malheureusement les villes du Burkina Faso ne sont pas nettoyables car les populations ont pris la mauvaise habitude de jeter leurs ordures en plein air et dans des caniveaux censés drainer des eaux de pluie et le travail de ces jeunes s’est révélé nul car l’objectif visé n’a pas été atteint. Bref, les jeunes ne se voient offrir aucune perspective ce qui est dommage car ils constituent le socle du développement d’un pays et comme je le disais dans un de mes articles précédent concernant l’emploi des jeunes il faut innover et ouvrir toutes les routes aux jeunes.

 

                                                    L’avènement des Koglwéogo

Depuis l’accession au pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré, le Burkina Faso a connu la prolifération des groupes d’autodéfense communément appelés Koglwéogo. Il est vrai que le pays comptait déjà des regroupements d’individus comme les « chasseurs traditionnel dozos » qui travaillent en étroite collaboration avec les forces de l’ordre pour assurer la sécurité des communes du pays. Cependant ce qui est aberrant avec les koglwéogo c’est que ceux-ci se sont carrément substituer aux forces de défense et de sécurité pour faire régner l’ordre se donnant la légitimité de sévir corporellement et de prélever des amendes sur des individus soupçonner de délinquance . Cela montre une vraie faillite de l’État à assurer la sécurité de ses concitoyens. Cependant, dans des contrées où il n’y a aucune représentation des forces de l’ordre (Commissariat de Police, Gendarmerie Nationale), les populations sont livrés à elles-mêmes et face au grand banditisme elles s’en remettent aux koglwéogo. Il est vrai que ceux-ci contribuent à lutter contre la criminalité mais depuis le début de l’année ils se sont distingués par leurs différentes bavures, le rackette des populations et surtout une habitude chronique à défier l’autorité de l’État. Ce qui est paradoxal, c’est que même au sommet de l’État on se plaît à encourager ces milices d’autodéfense et pire, essayé de leur trouver un statut particulier.

Un homme illustre parfaitement cette situation ubuesque : Simon Compaoré, ancien maire de la capitale Ouagadougou, actuel ministre de l’Intérieur et autre tête pensante du trio RSS (Roch, Salif, Simon). Ce monsieur, en sa qualité de ministre de l’intérieur n’a pas hésité à étaler les carences criardes du gouvernement dans sa mission de sécurisation du pays et il a reconnu publiquement qu’il ne pouvait pas procéder à la dissolution des koglwéogo arguant que ceux-ci étaient nécessaires à la sécurisation du pays et qu’il faut travailler à les intégrer dans un système légal. Le sieur Compaoré s’est même proclamé « chef suprême » des koglwéogo. Mais j’ai envie de dire, « On est où là ». Dans un pays où l’on retrouve la Police, la Gendarmerie, l’Armée, qui engloutissent une grande partie du budget de l’État et où il y a des recrutements massifs chaque année, l’on est confronté à ce genre de scénario digne des plus grandes œuvres romanesque d’aventure.

Comment dans un état de droit où les dirigeants ont été choisi parce qu’ils affirmaient avoir un programme de société solide, concret et disposant des moyens nécessaire pour l’appliquer, prenant en compte tous les domaines de la société notamment l’intégrité territoriale du pays, se retrouve quelque temps après à confier la sécurité de sa population à des aventuriers sans foi ni loi tout droit sortie du film « Conan le Barbare » et commettant toutes sortes d’exactions. Les Burkinabès se sont rendu compte que les belles paroles mielleuses prononcés à tout vent lors de la campagne présidentielle n’étaient que pures illusions. Quand on aspire à diriger un pays il faut avoir de la poigne, peser le pour et le contre et trouver des solutions idoines qui sont en conformité avec le contexte du pays. Il faut gérer au plus vite le problème des koglwéogo car dans d’autres pays comme le Burundi et la Centrafrique les milices qui y sont nées ont débouché sur des rébellions.

 

                                               Le Marasme Socio-économique

Il n’est un secret de polichinelle que le Burkina Faso vit une situation économique préoccupante. En effet, depuis les soubresauts des 30 et 31 octobre et le coup d’État manqué du 15 septembre, le Burkina Faso a très mal à son économie, tous les secteurs sont dans le rouge et rien ne s’est arrangé avec l’arrivée au pouvoir du MPP et tout indique que la situation perdurera car l’équipe actuellement au pouvoir n’offre aucune alternative et semble dépasser par les événements car leur leitmotiv préféré est le suivant : « les caisses de l’État sont vides ». Ce statu quo étouffant exacerbe les populations entraînant une grogne sociale qui freine l’envie des potentiels investisseurs de venir investir dans le pays, ajouter à cela le phénomène des koglwéogo la situation devient plus complexe car l’image que ces derniers ont renvoyé ces derniers temps n’est pas du tout reluisante et décourage les bailleurs de fonds. Pour essayer de sortir la tête de l’eau le président Kaboré s’est tourné vers la « mendicité internationale » multipliant les voyages d’État pour aller exposer les problèmes du Burkina Faso à l’extérieur, comme si nous-mêmes Burkinabès sont incapables de trouver des solutions à nos problèmes. Comment un pays peut se développer s’il doit compter à chaque fois sur l’aide internationale.

Trois phrases du président Kaboré, illustrent parfaitement son incapacité ainsi que celle de son équipe à trouver des solutions idoines aux problèmes économiques du pays. C’était lors de ses différents déplacements à l’extérieur ; jugez en vous-même :

  » La situation économique du pays est très grave ». (Roch Marc Christian Kaboré aux Burkinabès vivant aux États-Unis)

 

 » Si on n’aide pas le Burkina ce sera la chronique d’un échec annoncé ». (Interview accordée au journal Le Monde, lors de sa visite à Paris)

 

« Il ne faut pas se leurrer, on ne peut pas sortir de notre chapeau une solution-miracle qui résoudra en six mois les solutions du pays ». (Roch Marc Christian Kaboré aux Burkinabès de Côte d’Ivoire en Juin dernier).

Pour couronner le tout l’équipe gouvernementale a récemment instauré des taxes sur les boissons alcoolisées, les jeux de hasard et les propriétés fonciers. L’on voit bien que le gouvernement navigue à vue et ses dernières mesures impopulaires et inappropriées ne font qu’amplifier la grogne sociale car les Burkinabès ne savent plus à quel saint se vouer. Au niveau de l’administration, les fonctionnaires sont de plus en plus démotivés et les syndicats sont sur le pied de guerre prêt à entrer en lutte pour revendiquer des arriérés de salaires et de meilleures conditions de travail.

 

                                L’unité Nationale et la Justice remise en question

Il y a un autre point où le gouvernement du président Roch Marc Christian Kaboré était très attendu, celle de la justice notamment pour les martyrs de l’insurrection populaire, les victimes du putsch manqué de septembre 2015 et celui très attendu du dossier Thomas Sankara. Le régime de la transition même s’il a failli à cas même eut le mérite de donner un coup d’accélérateur sans précédent à ces dossiers, débouchant ainsi sur l’arrestation de plusieurs dignitaires du régime déchu.

Des mandats d’arrêts avaient été émis à l’encontre de Blaise Compaoré pour sa supposée implication dans l’assassinat de Thomas Sankara et du président de l’assemblée nationale Guillaume Soro accusé de connivence avec les putschistes de septembre 2015. Ses différentes actions fortes avaient permis aux Burkinabès de croire à nouveau en leur justice, mais depuis l’accession au pouvoir de Roch Kaboré tous ces dossiers sont traités de manière laxiste par des juges acquis et tombent peu à peu dans les oubliettes. Quoi de plus normal quand on sait que les principaux ténors du MPP sont cités dans plusieurs de ces affaires. Cette situation a permis à plusieurs leaders de l’ex parti au pouvoir de bénéficier de libertés provisoires sans qu’aucun jugement ne soit préalablement donné. La cerise sur le gâteau c’est que les mandats d’arrêts lancés contre Compaoré et Soro ont été purement et simplement annulé pour vice de forme dit-on : Oui c’est ça ! Nous ne sommes qu’à même pas naïfs jusqu’à ce point.

Ce scénario était d’autant plus plausible car notre exécutif s’est rendu à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire pour espérer bénéficier des largesses du président Ouattara. Celui-ci en a sans doute profité pour exiger que les charges qui pèsent contre son ami et Mentor Blaise Compaoré, et son dauphin constitutionnel soient abandonné avant qu’il ne daigne répondre favorablement à leur demande « d’aumône », et c’est par la suite, lors du TAC ( Traité d’Amitié et de Confiance) entre les deux pays, que les questions de justice ont été sacrifiés au profit d’intérêts économiques. Eh oui, voilà comment on rend justice au pays des hommes intègres.

Ce qui est délirant avec nos autorités c’est qu’ils crient sur tous les toits qu’il faut procéder à une réconciliation nationale entre les habitants du pays et sauvegarder l’unité nationale. Pour ce faire, ils ont même mis en place le HCRUN (Haut Conseil pour la réconciliation et l’unité Nationale), organisme qui doit œuvrer à réconcilier les fils et filles du pays. Sans vouloir être pessimiste cela n’aboutira à rien de bon car sans justice préalable il est difficile de pardonner et sans pardon pas de réconciliation.

 

                                            Les luttes de clans au sein du MPP     

Démissionnaire du CDP (Congrès pour la Démocratie et le Progrès), les fondateurs du MPP que sont Roch Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré avaient mis en avant la gabegie, le clientélisme, le copinage, le manque de démocratie interne au sein de l’ex Parti au pouvoir pour justifier leur fin d’idylle avec Blaise Compaoré leur mentor de toujours. Pour persuader l’opinion publique de leur changement de cap et de leur soi-disant volonté d’apporter une nouvelle forme de gouvernance, les hommes forts du MPP ont fait un semblant de mea culpa dans divers organes de presse pour prouver leur bonne volonté. Salif Diallo, désormais tout-puissant président de l’assemblée nationale était même allé jusqu’à affirmer : « qu’ils (Roch, Simon et lui-même) ont dîné avec le diable (Compaoré) mais qu’ils ne sont pas le diable ». Qu’est-ce qu’un homme politique n’est pas prêt à dire pour arriver à ses fins. Cette citation du Générale De Gaulle vient nous le rappeler :

« les hommes politiques ont du mal à croire en ce qu’ils disent, je suis donc surpris qu’il y ait des gens qui croient en eux ».

Aussitôt le pouvoir d’État acquit les mêmes tares du CDP se sont déportées au MPP, chaque leader voulant placer son homme de confiance à des postes stratégiques c’est ce qui a causé le retard auquel on a assisté lors du processus de formation du gouvernement. Ne dit-on pas à chaque fois qu’il faut mettre les hommes qu’il faut à la place qu’il faut. Eh bien, au pays des hommes intègres ce n’est pas encore le cas, les tares se sont démultipliées lors des dernières élections municipales où le MPP a offert un piètre spectacle aux yeux des Burkinabès. Lors de ces élections locales il y a eu des querelles de positionnement au sein du parti débouchant sur des affrontements entre militants instrumentalisés entraînant des morts d’hommes. Les militants du MPP ont fini par montrer que rien n’avait finalement changé et que nombre des militants qui y étaient venus n’étaient intéressé que par desseins égoïstes. En définitive on est tenté de dire que MPP est égal à CDP et même pire.

 

 

Monsieur Roch Marc Christian Kaboré, voilà maintenant plus de 09 mois que le peuple souverain a décidé de vous faire confiance malgré vos nombreuses années passées au cœur du régime rejeté de Blaise Compaoré. Lors de la campagne présidentielle vous avez eu pour slogan « Roch, la réponse » mais j’ai l’impression que depuis votre arrivée au pouvoir c’est plutôt « Roch, les soucis ».

Il est vrai qu’on ne peut pas régler tous les problèmes à coup de baguette magique et il serait naïf de croire le contraire mais avec de la volonté politique, une vision à long terme, de l’audace, un plan de développement en adéquation avec les réalités du pays on peut obtenir de très bons résultats. Il est vrai que comparaison n’est pas raison, mais des pays moins nantis que le Burkina Faso, ont réussi des prodiges pour amener leur pays sur la voie du développement tout simplement parce que leurs dirigeants sont des visionnaires et ont des programmes de société qui sont en conformité avec les réalités de leurs pays. Bref monsieur Kaboré il est temps de vous mettre au boulot, car tous les secteurs d’activités de notre société sont anesthésiés.

L’éducation, que vous avez contribué à anéantir dans les années 90 suite au PAS (Programme d’Ajustement Structurel) imposé par les institutions de Bretton Woods peine à se relever et l’Université en grande partie illustre parfaitement les maux de notre système éducatif. En temps opportun l’Université est le lieu de l’excellence de la formation, la quintessence du savoir, le lieu où doit éclore le futur d’un pays mais au Burkina Faso l’université est perçue comme une usine à fabrique de chômeur, où l’on retrouve des étudiants incapables de se projeter dans l’avenir, décourager et sans ambitions. Le secteur économique, gangrené par la corruption et les intrusions politiques est en mauvais état. L’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le tourisme souffre des mêmes maux depuis des années, le système de santé est au bord du précipice. Bref il y a urgence et il faut agir, donc Monsieur Roch Marc Christian Kaboré la balle est dans votre camp et vous n’avez pas beaucoup de temps.


Invictus L’Ode au Combat

« Dans les ténèbres qui m’enserrent

Noir comme un puit où l’on se noie,

Je rends grâce aux dieux, quels qu’ils soient,

Pour mon âme invincible et fier

Dans de cruelles circonstances, je n’ai ni gémi ni pleuré

Meurtrit par cette existence, je suis debout, bien que blessé

En ce lieu de colère et de pleurs, ce profile l’ombre de la mort

Je ne sais ce que me réserve le sort

Mais je suis et je resterai sans peur

Aussi étroit soit le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes,

Je suis le maître de mon destin,

Je suis le capitaine de mon âme »

 

Quand William Ernest Henley ( 1843-1903), écrivait ce poème, il n’eût pas besoin d’un éclair de génie ou d’une soudaine inspiration pour le faire. William Ernest Henley a écrit Invictus, alors qu’il était couché sur un lit d’hôpital souffrant dans sa chair.

Sa description de la souffrance dans ce poème montre trois aspects, d’une part il montre comment il subit la souffrance, ensuite il nous montre comment il décide de défier celle-ci et enfin il révèle qu’il sera le grand vainqueur de ce combat d’endurance. Ce poème magnifique j’ai essayé de l’interpréter humblement à ma façon et voilà ce qui en découle :

 

« Submerger de coups, ma face côtoie celle du sol,

Couché je subis une pression indescriptible comme si le poids du monde réside sur mon frêle dos

J’attends le coup de grâce mais il n’arrive pas car j’en redemande encore et encore

Mon corps ne fait plus qu’un avec la douleur

Millimètres après millimètres, centimètres après centimètres je me relève

Cette pression qui me faisait tant souffrir je la porte désormais sur mes épaules tel un trophée

Au début cette souffrance m’aveuglait

Mais maintenant je la regarde droit dans les yeux »

 

Ce poème est une essence, une essence dont les senteurs nous permettent d’affronter la vie et je vous invite à ouvrir tous vos sens à cette essence.

Sans doute, quand William Ernest Henley écrivait ces vers il n’imaginait pas que tant de personnes s’y identifieraient.

En effet, de personnalités comme Nelson Mandela à des Étudiants de l’université de Bobo Dioulasso, tous ceux sont nourris de ce poème pour affronter certaines difficultés. Si nous prenons le cas du père de la nation arc-en-ciel, Invictus, a été un moyen pour lui de ne pas abandonner son combat lorsque il était enfermé dans les geôles froides et obscures de Robben Island. Plus tard, il avouera ceci :

 

Invictus a été pour moi, bien plus qu’un poème ça a été une interprétation directe de ma vie. Invictus a été l’arme qui m’a permis de vaincre la peur, la haine et la vengeance. Quand je sentais que mes forces m’abandonnaient je le récitais dans ma tête. Quand je rejoindrai monsieur Henley je le remercierai et je demanderais à ce que on lui attribue un prix Nobel spécial . Respect  Madiba

Invictus nous démontre que nous passerons par des moments difficiles, la vie nous cognera vraiment fort et nous nous retrouverons un nombre incalculable de fois à terre.

Cependant nous ne devrions jamais abandonner car tôt ou tard l’on se relèvera, tout est une question de persévérance. Invictus est une invitation au combat, une vraie source de motivation pour affronter ce monde car il n’est pas fait que de levés de soleils et d’arc-en-ciel, c’est un endroit impitoyable et peu importe notre force il nous mettra à genoux et nous y gardera si nous nous laissons faire, aucun de nous ne frappera plus fort que la vie et ce poème nous le rappelle.

William Ernest Henley a ainsi, à travers Invictus fait le portrait du parcours tumultueux qui nous attend tous, aussi il nous a donné les outils nécessaires pour arpenter ce chemin et nous fait clairement comprendre que la souffrance est temporaire, elle peut durer une minute, une heure, ou un jour ou même une année mais à un moment donné, elle va disparaître et quelque chose de différent viendra la remplacer, mais elle durera pour toujours si nous abandonnons.

 

 


L’emploi des jeunes au Burkina: Défis et Solutions

La question de l’emploi chez les jeunes est un sujet aujourd’hui très sensible pour notre gouvernement. Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 35 ans, frange importante de la population, ne fait que s’amplifier. Ce phénomène ne fait que s’accroître et chaque année de nombreux jeunes viennent inonder un marché du travail déjà très saturé.                     

                   Croix et Bannière pour trouver un emploi : Le Public et le Privé sont dépassés

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File de jeunes , qui attendent afin de pouvoir déposer leurs dossiers pour les recrutements au sein de la Fonction Publique

Obtenir un emploi pour ceux-ci relève désormais d’un parcours du combattant. Le gouvernement essaie chaque année d’offrir des postes dans l’administration publique à travers les concours directs de la fonction publique. Pour ces concours les postes à pourvoir oscillent entre 10000 et 11000 postes chaque année. N’ayant pas d’alternative, des milliers de jeunes, majoritairement des  diplômés sans activité, candidatent à ces concours dans l’espoir de décrocher un emploi. Cependant, le constat est clair : le nombre de postes proposés dans la fonction publique est dérisoire comparé au nombre de jeunes diplômés cherchant un emploi. La situation est tout aussi difficile dans le secteur privé où la crise économique ne permet pas des recrutements massifs.

Les jeunes, n’ayant pas eu la possibilité d’intégrer ni la fonction publique ni le secteur privé, sont obligés d’exercer des emplois précaires en attendant les prochains recrutements. Quant aux jeunes non scolarisés, ceux-ci se tournent vers le secteur informel mais, faute d’accompagnement, ils peinent à stabiliser leurs activités. Les questions que l’on doit se poser sont : le gouvernement peut-il à lui seul résorber le chômage chez les jeunes ? Tous les jeunes peuvent-ils intégrer la fonction publique ?

Comment créer des emplois stables pour les jeunes et accompagner ceux qui prennent des initiatives pour s’auto-employer ? Comment soutenir le secteur privé afin qu’il puisse être compétitif et qu’il puisse disposer d’une ressource humaine en quantité ? Ces questions illustrent aujourd’hui les difficultés qu’éprouvent les jeunes à intégrer convenablement le marché du travail. Le chômage des jeunes au Burkina Faso est comparable à une équation à plusieurs inconnues qui est difficilement résolvable. Malgré tous les colloques, les séminaires, et les conférences organisés pour statuer sur la question, le chômage des jeunes s’intensifie et tout porte à croire que ce chômage persistera tant que les principaux acteurs, à savoir le gouvernement et les jeunes, ne changeront pas de vision.

                                   Emergence de Nouvelles opportunités d’emploi

                       

                                                                            Internet

 

Internet

En ce 21e siècle, le marché du travail a beaucoup évolué et des opportunités d’emplois existent. Il appartient donc à la jeunesse Burkinabè de saisir ces opportunités.

Aujourd’hui, grâce à la révolution du numérique, il foisonne sur l’Internet des possibilités d’auto-emploi pour des jeunes diplômés au chômage, qui peuvent prendre leur destin en main et exploiter leurs compétences académiques pour se prendre en charge. Grâce à l’Internet de nombreuses barrières ont été levées, il suffit pour ces jeunes diplômés d’avoir du talent, des compétences et de l’imagination. Ainsi, ils peuvent travailler pour plusieurs firmes à travers le monde en leur pourvoyant des services, en vendant leurs œuvres d’esprit et leurs compétences. Ces types de services se donnent après inscription à travers des plateformes ou des sites web en freelance (qu’on peut traduire par « travailleur indépendant ou autonome »). Sur ces plateformes de freelance, des compagnies publient des postes à pourvoir avec description des tâches. Les freelancers ou travailleurs indépendants dont les inscriptions sur la plateforme ont préalablement été acceptées, postulent pour l’emploi, la compagnie qui a fait l’offre contacte ensuite le candidat de leur choix, pour formaliser le contrat du travail. Une fois le travail accompli et la compagnie satisfaite du travail, la rémunération est versée auprès de la plateforme qui retire son pourcentage et procède ensuite au payement du freelancer. Les plateformes de freelance sont une aubaine car elles ne se limitent pas à une zone géographique donnée et toutes les compétences sont prises en compte.

Dans le cas du Burkina Faso les formations universitaires ne sont pas en adéquation avec les emplois proposés sur le marché du travail or en tant que freelance un(e) jeune diplômé(e) en informatique, en marketing, en communication, en design, en droit peut facilement être embauché par une compagnie présente sur ces plateformes de freelance. Cependant au Burkina Faso les difficultés à se connecter au réseau internet sont légion. Entre tarifs d’abonnement élevés et qualité de connexion mauvaise, il est difficile pour les jeunes d’accéder aux opportunités sur internet, il appartient donc au gouvernement d’accompagner les compagnies de téléphonies mobiles à travers des subventions afin que celles-ci puissent doter les universités de connexion internet haut débit et promouvoir des tarifs spéciaux pour les étudiants, pour l’utilisation des services internet dans le but de permettre à ces derniers de stabiliser leurs activités en ligne car les potentiels jeunes diplômés pourvoyeurs de services et d’assistance doivent avoir une présence régulière sur internet.

                                                                     

                                                                 L’Entrepreneuriat

 

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Aujourd’hui, l’entrepreneuriat constitue aussi une solution au chômage des jeunes tous sans distinction. Vu que le marché de l’emploi est complètement saturé, l’entreprenariat se présente comme une réelle alternative pour la jeunesse du pays. Il est vrai que tout le monde n’est pas entrepreneur mais avec un peu d’orientation, de détermination et une bonne dose d’inspiration tout jeune, demandeur d’emploi peut faire éclore son côté entrepreneur. Alors pourquoi attendre à ne rien faire, pourquoi attendre le gouvernement ? Le succès vient lorsque l’on arrive à identifier un problème humain et qu’on trouve des moyens d’y remédier tout en restant au centre de la solution. Au Burkina, chaque problème constitue une idée d’entreprise, les besoins autour de nous représentent des opportunités. Si nous prenons le cas de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Environnement l’on constate que dans ces domaines il y a beaucoup d’opportunités à exploiter. Dans le domaine de l’Agriculture et de l’Élevage le pays manque cruellement d’unités de transformation locale de matières premières d’où la possibilité de mettre sur pied des petites unités de transformation de matières premières sur place pour créer de la valeur ajoutée, cette valeur ajoutée permettra ensuite de créer des emplois. Dans le domaine de l’Environnement, il y a beaucoup de villes du pays qui sont confrontés aux problèmes de gestion des déchets, ces déchets peuvent être revalorisés en de nouveaux produits comme le charbon écologique, le biogaz, l’engrais naturel. Ces produits créeront de nouveaux marchés et par conséquent l’émergence de nouvelles entreprises.

Le gouvernement doit accompagner les jeunes en mettant en place des agences d’investissement et des politiques publiques qui vont les aider dans le processus de création de leurs entreprises. Il existe aussi d’autres options pour les jeunes afin de mobiliser des fonds pour financer un projet d’entreprise au nombre desquelles on peut citer le Crowd-fundig ou financement participatif qui consiste à faire appel à ses approches, à son réseau et à toute personne intéressée pour récolter une somme d’argent annoncée à l’avance dans le but de financer un projet déterminé.

Ensuite il existe aussi des fondations philanthropiques comme le Tony Elumelu Foundation qui dispose présentement d’un programme de financement des entreprises débutantes sur le continent, le Prix Anzisha Prize qui récompense et accompagne chaque année les meilleurs projets de création d’entreprises conçus par des jeunes de moins de 22 ans, l’African Entrepreneurship Awards qui est un programme de mentorat et de financements pour les jeunes désirant créer une entreprise, au Burkina le COPA (Concours de Plans d’Affaires) organisé par la chambre de commerce. Ce sont autant d’opportunités pour les jeunes d’acquérir des financements afin de créer leurs entreprises, enfin il faut réorienter le partenariat public privé, pour ce faire le gouvernement doit aider les entreprises du pays à conquérir des marchés globaux en mettant sur pied des institutions locales qui auront pour mission de collecter les informations, et les procédures nécessaires à l’implantation des entreprises sur les marchés internationaux, ensuite ces institutions pourront faire un transfert de connaissances aux entreprises du pays, ainsi si les entreprises arrivent à s’implanter sur les marchés internationaux ils s’agrandiront et de surcroît ils auront besoin de plus de ressources humaines. Il faut donc innover et sortir des sentiers battus pour résoudre la question de l’employabilité des jeunes au Burkina Faso.

                                                                         

                                                        Conclusion

Chaque année, des milliers de jeunes actifs arrivent sur le marché du travail au Burkina Faso, mais vu l’incapacité du gouvernement et du secteur privé à satisfaire leurs attentes ces derniers se retrouvent sans perspective. C’est ainsi que beaucoup d’entre eux pointent au chômage obligés d’exercer des emplois précaires pour se prendre à charge. L’inadéquation des formations académiques avec le format du marché du travail, le manque d’accompagnement des jeunes qui prennent des initiatives privées dans le secteur informel, le manque de compétitivité des entreprises privées sont autant de facteurs qui empêchent la résolution de la question de l’emploi chez les jeunes. Il appartient donc à ces derniers de saisir les nouvelles opportunités d’emplois qu’offrent Internet et l’Entreupreneuriat. Tout en bénéficiant de l’appui de l’État, il faut amener le secteur privé à être plus compétitif dans la perspective d’offrir plus de possibilités d’emplois. Et comme le disait si bien  Léo Lagrange :

 « Aux Jeunes, ne traçons pas un seul chemin, ouvrons leur toutes les routes »

La jeunesse Burkinabè est consciente de son potentiel elle n’a besoin que de soutien afin de prendre son destin en main.