Amos Joel Yohane Traore

JO 1972 : la tragédie de Munich qui a ébranlé le monde

Traditionnellement symbole de paix et de fraternité, les Jeux de 1972 à Munich ont été marqués par l’une des tragédies les plus sombres de l’histoire olympique, lorsque des terroristes ont pris en otage et assassiné 11 membres de l’équipe israélienne. Le « massacre de Munich », a ébranlé le monde entier et laissé une cicatrice dans l’histoire des JO.


Les Jeux de Munich étaient censés être une célébration de la paix et de la réconciliation, après les Jeux de Berlin de 1936, organisés sous le régime nazi. L’Allemagne de l’Ouest voulait montrer une image moderne et pacifique de son pays. Le slogan des Jeux, « les Jeux heureux », reflétait cette intention.

L’attaque terroriste

Le 5 septembre 1972, à l’aube, huit membres de l’organisation palestinienne Septembre noir ont pénétré dans le village olympique, armés et déguisés en athlètes. Ils ont fait irruption dans les appartements des athlètes israéliens, tuant immédiatement deux d’entre eux et prenant en otage neuf autres. Les terroristes ont exigé la libération de 234 prisonniers palestiniens détenus en Israël et de deux membres de la Fraction armée rouge emprisonnés en Allemagne de l’Ouest.

Les négociations, puis l’assaut

Les négociations entre Septembre noir et les autorités allemandes ont duré toute la journée. Les terroristes ont finalement accepté une offre de transfert par hélicoptère vers l’aéroport militaire de Fürstenfeldbruck, où ils espéraient embarquer pour un pays arabe. Cependant, un plan d’assaut a été mis en place par les forces de sécurité allemandes pour libérer les otages à l’aéroport.



Mais l’opération de sauvetage a été mal préparée et mal exécutée. Les forces de sécurité allemandes n’étaient pas équipées pour une opération de cette envergure, et l’absence de coordination a conduit à une issue catastrophique. Lors de la fusillade qui s’ensuivit, tous les otages israéliens ont été tués, ainsi que cinq des terroristes et un policier allemand.

Un choc mondial

Le massacre de Munich a choqué le monde entier. Les Jeux Olympiques ont été suspendus pendant 34 heures pour rendre hommage aux victimes. Une cérémonie funèbre a été organisée au stade olympique de Munich, où des milliers de spectateurs et d’athlètes ont rendu hommage aux victimes.


Le président fédéral Heinemann lors des funérailles au stade olympique / Crédit : Wikimedia Commons

Le massacre a également eu des répercussions politiques et sécuritaires. Israël a lancé l’opération « Colère de Dieu » pour traquer et éliminer les responsables de l’attentat. Cet événement a conduit à des mesures de sécurité beaucoup plus strictes pour les futurs Jeux Olympiques et a marqué un tournant dans la manière dont les grands événements sportifs internationaux sont sécurisés.


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L’opération Colère de Dieu ou la vengeance de Golda Meir | France Inter

Un héritage douloureux et un devoir de mémoire

Le massacre de Munich reste une tragédie profondément ressentie, en particulier en Israël. Les familles des victimes continuent de commémorer cet événement et de se battre pour que l’on se souvienne des athlètes assassinés. Chaque année, des cérémonies de commémoration ont lieu pour honorer leur mémoire.

Les Jeux Olympiques de Munich, malgré leurs efforts pour promouvoir la paix et la fraternité, sont restés dans les mémoires pour cette terrible attaque. Les images des otages, des négociations et de l’assaut final à l’aéroport de Fürstenfeldbruck sont gravées dans l’histoire et servent de rappel poignant des dangers du terrorisme et de la fragilité de la paix.

La tragédie des attentats de Munich en 1972 est un sombre rappel des réalités politiques et des tensions qui peuvent s’immiscer dans des événements censés célébrer l’unité et la fraternité mondiale. En rendant hommage aux 11 athlètes israéliens qui ont perdu la vie, nous nous souvenons de l’importance de continuer à lutter pour un monde plus sûr et plus pacifique, où le sport peut véritablement être une force unificatrice pour tous.

Plaque commémorative devant les quartiers des athlètes israéliens à Munich / Crédit : Wikimedia Commons


Jeux Olympiques 92 : Derek Redmond, la blessure et la leçon de vie

Les Jeux Olympiques de 92 à Barcelone ont offert au monde des moments de gloire, de joie et de triomphe. L’un des moments les plus mémorables et émouvants de ces Jeux est celui de Derek Redmond, un athlète britannique dont le parcours au 400 mètres a pris une tournure dramatique.

Ce n’est pas une victoire qui a marqué les esprits, mais une démonstration de courage, de détermination et de soutien familial qui a ému le monde entier. Derek Redmond était l’un des favoris pour une médaille au 400 mètres aux Jeux de Barcelone. En 1991, il avait fait partie de l’équipe britannique qui avait remporté la médaille d’or du relais 4×400 mètres aux Championnats du monde. Les espoirs étaient donc élevés lorsqu’il est entré sur la piste pour les demi-finales du 400 mètres.

La course qui a tout changé

Le 3 août 1992, Derek Redmond se prépare à courir. Dès le départ, il montre une belle forme, mais à mi-parcours, à environ 150 mètres de la ligne d’arrivée, il ressent une douleur aiguë à la jambe droite. Son tendon d’Achille vient de se rompre. Avec une grimace de douleur, Redmond s’effondre sur la piste, tenant l’arrière de sa jambe.

Un acte de courage et de détermination

Alors que les autres coureurs franchissent la ligne d’arrivée, Redmond refuse de quitter la piste sur une civière. Il se relève, boitant et grimaçant de douleur, déterminé à finir la course. Chaque pas est un supplice, mais il avance lentement, son visage exprimant un mélange de douleur physique et de volonté inébranlable.

Un geste de soutien inoubliable

C’est alors que quelque chose d’inattendu se produit. Jim Redmond, le père de Derek, descend des gradins et rejoint son fils sur la piste. Les officiels tentent de l’arrêter, mais il les repousse. Jim met un bras autour de son fils et, ensemble, ils parcourent les derniers mètres. Le stade, silencieux au début, éclate en applaudissements et en larmes devant cette démonstration de soutien et de courage.

Ensemble, père et fils franchissent la ligne d’arrivée, accomplissant un acte de détermination et d’amour filial qui transcende le sport. Derek Redmond n’a pas remporté de médaille ce jour-là, mais il a gagné le respect et l’admiration de millions de personnes à travers le monde.

Un héritage de résilience

L’histoire de Derek Redmond aux Jeux de Barcelone est devenue une leçon de vie pour beaucoup. Elle illustre la véritable essence du sport : la persévérance, le courage et la détermination face à l’adversité. Redmond a montré que le véritable esprit olympique ne réside pas seulement dans la victoire, mais aussi dans la façon dont on fait face à l’échec et aux défis.

Après les Jeux, Derek Redmond a dû mettre fin à sa carrière d’athlète en raison de ses blessures récurrentes. Cependant, il a continué à inspirer en devenant un conférencier motivateur et en partageant son expérience et sa philosophie de vie avec d’autres.

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La signification de ce moment

Le geste de Derek et Jim Redmond est souvent rappelé lors des discussions sur les moments les plus inspirants des Jeux Olympiques. Il rappelle que le sport est plus qu’une simple compétition ; c’est une plateforme pour montrer la résilience humaine, l’esprit de camaraderie et le soutien familial.

L’épisode de Derek Redmond à Barcelone en 1992 est un rappel poignant que la vraie victoire ne se mesure pas toujours en médailles. Parfois, les plus grandes victoires sont celles de l’esprit et du cœur. En choisissant de terminer la course malgré la douleur et l’adversité, Derek Redmond a laissé un héritage durable de courage et de détermination, montrant au monde entier ce que signifie vraiment être un champion. Nous avons tous une part de Derek Redmond en nous.


Burkina Faso : Discussion avec une « Personne Déplacée Interne »

Depuis 2016, le Burkina Faso est confronté à l’hydre terroriste. Cette crise sécuritaire d’une grande complexité a eu des répercussions sur la vie sociale du pays.

Afin de fuir les exactions des groupes armés terroristes, de nombreuses personnes ont dû quitter des localités impactées, abandonnant tout derrière eux.

Ils ont abandonné leurs terres, leur quotidien calme et paisible dans le but de rester en vie. C’est ainsi que ces compatriotes se sont retrouvés avec le statut de « Personnes Déplacées Internes ». Ils sont plus de deux millions actuellement, et le nombre de personnes déplacées internes est élevé dans les grandes villes.

Le gouvernement burkinabè a consenti d’énormes efforts pour accompagner ces personnes déplacées internes dans leur processus de reconstruction. La situation n’est pas simple, mais je suis en admiration face à ces hommes, femmes et enfants qui nous donnent une somme de leçons de vie. Dimanche dernier, alors que j’effectuais ma traditionnelle sortie à vélo (je suis un grand fan de Lance Armstrong et le cyclisme est une thérapie pour moi), j’ai aperçu un groupe de personnes installé près d’un feu tricolore avec quelques bagages.

Arrivé à leur niveau, j’ai marqué un arrêt et je les ai adressés un « Aw ni sôgôma » qui veut dire « Bonjour » en langue dioula. Ils ont répondu en chœur « Hêrê sira » qui signifie « Comment ça va ? ». Le groupe était constitué en majorité de jeunes enfants, de femmes et de personnes âgées. J’ai remarqué qu’ils avaient l’air fatigué. Le groupe était stupéfait de me voir.

Apparemment, c’était leur première fois de voir un cycliste avec un accoutrement spécial : casque, lunette, cuissard et maillot de l’équipe française Cofidis, gants. Après quelques instants d’hésitation, un vieillard et un jeune garçon s’approchèrent pour contempler mon vélo de course (Peugeot 250) en aluminium. J’ai mis pied à terre afin qu’ils puissent bien observer la monture.

Une rencontre qui interpelle

Un grand moment de complicité s’est alors installé entre nous. Curieux, le vieil homme a soulevé mon vélo de course et il n’en revenait pas qu’il soit aussi léger. Le petit qui l’accompagnait, lui, n’arrêtait pas de me regarder. Il devait sans doute se demander qui est cet extraterrestre.

La glace étant brisée, le vieil homme m’a présenté aux autres membres du groupe. Au fur et à mesure des échanges, j’ai découvert que ce sont des personnes déplacés internes. D’après leur récit, ils ont abandonné leur localité à la suite d’une incursion armée des terroristes. Ils n’ont eu le temps que de prendre avec eux quelques effets pour ensuite se sauver. Plus on échangeait, plus je mesurais l’étendue de ce qu’ils avaient vécu. Ils ont fait une halte à Bobo-Dioulasso où ils ont bénéficié du soutien de l’action sociale. En apprenant leur histoire, je fus submergé par toute sorte d’émotions.

Même dans les pires moments, le beau peut surgir

Cependant, je n’étais pas au bout de mes surprises. Le vieillard qui semblait être le guide du groupe m’a demandé de prendre un peu de mon temps pour écouter chanter une de ses jeunes filles. J’ai accepté et il faut dire que j’étais curieux.

Des déplacés internes à Dori, région du Sahel, avec à leur côté un soldat en patrouille dans la ville, le 3 février 2020
Des déplacés internes à Dori, région du Sahel, avec à leur côté un soldat en patrouille dans la ville, le 3 février 2020. Crédit : Olympia De Maismont / AFP

J’étais loin de m’imaginer que j’allais assister à un moment extraordinaire. En dioula, la jeune déplacée interne a entonné une mélodie envoutante. Très vite, sa voix douce, soyeuse, pure, m’a transporté dans un autre univers. J’étais littéralement scotché, abasourdi, émerveillé par ce que j’attendais.

La jeune fille chantait l’espoir, la positivité, le sens du partage et de la tolérance, la gratitude, le cherissement des êtres chers, l’empathie. Avec sa seule voix, sans aucun instrument, cette gamine m’a ébranlé. Même les oiseaux se sont tu pour écouter. Un moment tout simplement magique. Quand elle a terminé, j’étais toujours sous le choc. J’ai regardé le vieux avec un air incrédule. Ce dernier a souri et il m’a dit : « Mon fils, je te comprends, cet air que tu présentes est un magnifique cadeau pour nous. Généralement, quand les gens nous voit, ils ont de la pitié à notre égard. Il est vrai que nous sommes dans une situation difficile, mais nous n’avons pas besoin de pitié. Nous voulons juste exister aux yeux des autres. Avec sa voix, ma fille t’a agréablement surpris et je suis fier de cela. »

J’étais doublement choqué avec ce que le vieil homme venait de me dire. Il m’a ensuite présenté à deux autres jeunes du groupe des déplacés : « Celui-ci possède un don. Il est capable de transformer n’importe quel bout de bois en œuvre d’art. Ma prière est de le voir réussir dans la menuiserie. L’autre est un très grand fan de football et il adore commenter les matchs. Au village, c’est lui qui animait avec virtuosité les rencontres de football. Si on s’en sort vivant de toutes les péripéties que nous traversons, je suis persuadé qu’avec du travail, il sera recruté dans une radio ou une télé de la place. Je ne sais pas comment, mais j’en suis persuadé. »

Et maintenant ?

L’heure commençait à filer et le chef du groupe m’a signifié qu’ils devaient se dépêcher afin de trouver un moyen de déplacement pour rallier un autre horizon. Apparemment, mes amis d’un jour n’étaient que de passage à Bobo-Dioulasso. En discutant, une relation unique s’est construite entre nous.

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Marché de Bobo-Dioulasso. Crédit : Wikipédia Creative Commons

Ces compatriotes qui ont presque tout perdu et qui ont vécu des moments difficiles, m’ont offert un bonheur sincère, moi habitant de la ville qui vit dans un relatif confort. Quel est le message qui se cache derrière cela ? Mon seul regret est de n’avoir pas réussi à immortaliser la prestation de la jeune fille à travers une vidéo.

Je m’en suis voulu extrêmement de n’être pas sorti avec mon téléphone pour filmer cette âme pure. Ainsi, de nombreux burkinabè ne sauront pas qu’il existe un talent de ce genre, qui de plus est une déplacée interne.

Lorsque arriva le moment des au revoir, j’ai demandé au vieux s’il est possible qu’on se revoie un jour. Il m’a alors répondu ceci : « Si Dieu et l’univers ont permis que l’on se croise aujourd’hui, alors il est fort probable qu’on se croise de nouveau un jour. Je suis content de t’avoir rencontré. Je n’ai qu’une chose qu’à te dire, sois heureux. » C’est ainsi que nous nous sommes séparés.

Je les voyais partir avec un regard rempli d’espoirs et d’incertitudes. Il y a des fois où j’ai le moral à plat. Je cogite beaucoup sur certaines situations. Mais depuis cette rencontre improbable, j’essaie de relativiser les choses. Je me rends compte que j’ai énormément de chance. Parfois la vie n’est pas rose, mais il faut apprendre à être heureux en toute circonstance.

Des lendemains meilleurs en perspective si…

Que réserve l’avenir à ces braves compatriotes ? Ils n’ont pas demandé à se retrouver dans cette situation, mais ils trouvent la force de s’adapter. Cette rencontre restera gravée en moi et elle m’a fait comprendre qu’il faut enclencher des mécanismes pour exploiter le talent des personnes déplacées internes.

Comme le vieillard me l’a signifié, ces personnes frappées par le destin n’ont nullement besoin de notre pitié. Ils veulent juste exister, se sentir utile, apporter de la plus-value à la société. Je suis persuadé que l’on peut exploiter les différents talents des déplacés internes dans plusieurs domaines tels que le sport, l’art, le chant, la cuisine, l’innovation, l’agriculture, les sciences etc.

Il faut trouver un moyen pour intégrer les personnes déplacées internes dans le processus de construction de la société burkinabè. Pourquoi ne pas créer des activités ludiques et stimulantes pour elles ? Par exemple, des one man show, des championnats, des concours, diverses compétitions qui permettront aux personnes déplacées internes de montrer à la face du monde leur talent.

Drapeau du Burkina Faso. Crédit : Pixabay

On pourrait détecter des champions, des talents inoubliables, des œuvres exceptionnelles comme ce fut le cas lors de ma rencontre avec la jeune chanteuse du dimanche dernier. Avec cette approche, nous serons bien préparés pour affronter le monde d’après. Nous sommes confrontés à d’immenses défis, mais utilisons les coups douloureux du glaive des épreuves pour tracer un autre chemin. Les personnes déplacées internes nous donnent chaque jour des leçons. À nous d’en tirer les meilleurs enseignements pour révéler toute la beauté de la nature humaine.

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Burkina : parlons banque et finance avec Salomon Traore

Généralement, quand on évoque le terme « Banque », les gens ont tendance à croire qu’il s’agit d’un monde mystérieux avec des codes, un univers accessible seulement à une certaine élite. Rassurez-vous, le monde de la banque et en général celui de la finance n’est pas le reflet d’un système fait d’intrigues autour de chiffres.

Au Burkina Faso, le système bancaire joue un rôle important dans le processus de renforcement de l’économie. Il est indéniable que le secteur bancaire possède une place prépondérante au sein de l’économie. Malheureusement, le citoyen lambda burkinabè ne comprend pas toujours les diverses spécificités de ce secteur.

Salomon Tewvla Traore est chargé des opérations de trésorerie chez Coris Bank International. Il a accepté de m’accorder un peu de son temps pour discuter de diverses questions relatives au système bancaire et des mécanismes de financement à mettre en place pour booster l’économie burkinabè. Comme indiqué plus haut, Salomon Traore est actuellement chargé des opérations de trésorerie chez Coris Bank International, qui est l’une des plus importantes institutions bancaires du Burkina Faso.

Vous vous demandez sûrement en quoi consiste le poste de chargé des opérations de trésorerie ? Salomon Traore est celui qui est responsable des opérations de saisie ou de validation des opérations de trésorerie. Il est aussi celui qui s’occupe de l’émission de messages SWIFT. Le message SWIFT est un document détaillé qui est généré lorsque vous effectuez un virement international dans votre banque. Il sert de confirmation de paiement réalisé depuis votre banque et il informe le bénéficiaire de tous les détails de la transaction. Chez Coris Bank, le jeune cadre s’occupe aussi de plusieurs aspects liés à la comptabilité.

La banque, un puissant allié pour l’économie

« En terme simple, la banque est un lieu de collecte de ressources reçues des clients afin de le redistribuer en crédit aux agents en besoin de financement, explique Salomon Traore. Elle a également l’obligation de mettre à la disposition des clients ces ressources collectées dès que le besoin se présente. » Coris Bank est aujourd’hui bien implanté au Burkina Faso et fait figure de référence. À travers son slogan, « La Banque Autrement », l’institution offre de nombreux services optimaux à sa clientèle. Elle ne cesse d’innover pour être en phase avec les réalités du moment.

Comme Salomon Traore l’a notifié, le chemin n’a pas été un long fleuve tranquille pour la banque burkinabè. Il a fallu sortir des sentiers battus pour gagner la confiance des clients.

« Ce succès ne s’est pas construit du jour au lendemain. Comme toute nouvelle entreprise, Coris Bank a dû batailler afin de se positionner en tant que leader du marché. Ce succès est marqué par sa proximité avec ses clients, aucune couche sociale n’est négligée. En plus de cela, nous offrons des conditions plus souples que les autres avec un réseau d’agence assez large. »

Quand l’innovation fait la différence

L’innovation est au cœur de la stratégie de déploiement de Coris Bank. Salomon Traore est l’illustration parfaite de cette vision. En effet, en 2021, le jeune homme a remporté le prix innovation Coris. Il s’agit d’un concours annuel organisé par Coris Bank afin de proposer des produits ou des services innovants dans le but d’améliorer l’expérience client. Lauréat du prix, Salomon Traore a proposé un système de financement en ligne sur la plateforme e-coris dans le but de faciliter la tâche aux clients dans leurs différentes démarches de demande de crédit.

Selon le chargé de trésorerie, le système bancaire dans sa globalité au plan national n’est pas assez innovant pour répondre aux défis actuels. Il explique qu’il faut actionner divers mécanismes pour donner plus de poids au système bancaire national : « À mon humble avis, le système bancaire burkinabè ne propose pas assez d’innovation. Cependant, les choses pourraient bouger dans le bon sens avec l’avancée de la technologie. En effet, les banques au plan national mettent les moyens qu’il faut pour atteindre le niveau des banques situées en occident. Le plus important est d’investir dans le domaine de la tech pour se préparer à affronter l’économie de demain. »

Quand l’expert parle, on l’écoute

Plusieurs secteurs d’activités au Burkina Faso bénéficient de mécanismes de financement. Cependant, que ce soit au Burkina ou dans d’autres régions de l’Afrique, il y a un secteur en particulier qui capte beaucoup plus de financement. Il s’agit de celui de l’import-export. Monsieur Traore explique cet état de fait en ces termes : « Le secteur qui est le plus privilégié est celui de l’import-export. Il fait partie des filières les plus impactantes sur le marché burkinabè. Bon nombre de Burkinabè exercent dans ce domaine, ce qui explique son dynamisme et sa capacité à attirer les investissements conséquents. »

Le jeune cadre est convaincu que le système bancaire peut être un important pilier dans le processus de construction d’une économie forte. Selon lui, le financement de projets structurants par les banques est une solution qui peut aider le Burkina a impulsé son développement économique. Divers spécialistes du monde de la finance affirment que l’inclusion financière est un moyen pour dynamiser l’économie.

L’inclusion financière et les ambitions de Coris Bank

Mr Traore s’inscrit dans cette vision lorsqu’il déclare ceci : « L’inclusion financière est très importante. Elle permet de mettre un tant soit peu tout le monde sur le même pied d’égalité en offrant la possibilité à tout un chacun de bénéficier de produits et services adaptés à ses besoins. Cela permet à chacun d’être acteur de l’économie. »

Grâce à ses performances et à la vision de ses premiers responsables, Coris Bank International est aujourd’hui implanté dans 10 pays d’Afrique que sont : le Bénin, le Burkina, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry et Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. Une représentation est en cours d’installation en Mauritanie suite au rachat de la Société Générale.

Une vision panafricaine pour une Afrique épanouie

La structure bancaire a pour ambition de proposer des solutions de financement à l’échelle panafricaine afin de soutenir le développement du continent. « Sans aucun doute, Coris Bank est une banque panafricaine. Sa vision est d’être la banque de référence en matière de financement au niveau régional. C’est dans ce sens que Coris Bank continue son expansion au-delà même de l’Afrique de l’Ouest dans le but d’offrir des solutions innovantes panafricaines qui répondent aux besoins des africains », soutient Salomon Traore.

Le lauréat du prix innovation Coris 2021 estime qu’il faut orienter beaucoup plus de financement vers le secteur des innovations technologiques. À l’ère de l’intelligence artificielle, il explique qu’il ne faut pas laisser passer le train. Pour Salomon Traore, les métiers de la Banque ont un bel avenir, surtout dans cette période où la technologie a basculé dans une autre dimension.

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Le jeune homme appelle les jeunes à s’intéresser à ce domaine qui regorge d’opportunités. Salomon Traore fait partie de ces nombreuses pépites burkinabè qui aspirent à mettre leurs compétences au service du développement de l’Afrique. On ne peut que lui souhaiter bon vent dans l’atteinte de ses objectifs.


Burkina Faso : À la rencontre d’Abou Sidibé, l’artiste qui donne une âme aux objets

Le Burkina Faso regorge d’hommes et de femmes exceptionnels qui valorisent son image partout dans le monde. Ces personnalités qui évoluent dans divers secteurs d’activités montrent au quotidien la meilleure version d’elles-mêmes.

Aux pays des Hommes Intègres, il est courant de rencontrer des Hommes éblouissants. Parmi ces personnes qui font la fierté du Burkina Faso, on peut citer l’artiste plasticien Abou Sidibé.

Abou est l’exemple parfait du prototype d’œuvre magnifique qui peut résulter d’un formidable brassage culturel. L’homme de 47 ans qui vit et travaille à Ouagadougou (Burkina Faso) est né en Côte d’Ivoire. Ces deux pays d’Afrique de l’Ouest partagent des liens historiques très étroits. Burkinabè et Ivoiriens ne se voient pas comme des voisins, mais comme des frères. Deux peuples unis qui partagent de nombreux traits culturels et qui avancent ensemble dans la marche du monde.

C’est avec cet ADN qu’Abou Sidibé produit des créations sensationnelles. Son art permet de connecter le monde immatériel, abstrait, à celui des vivants. Abou Sidibé est un pur produit du légendaire centre d’échange culturel du village KIYI d’Abidjan. Ce haut lieu de la culture ivoirienne a formé quelques-uns des meilleurs talents artistiques de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général.

Au centre KIYI, Abou Sidibé parfait son œil artistique. Cette expérience lui permet de suivre une formation académique au centre technique des Arts de Bingerville.

Abou Sidibé et ses créations Crédit photo : Galerie Christophe Person avec accord pour utilisation

Au terme de sa formation en 1999, il obtient un Brevet technique des arts appliqués. L’artiste va continuer à se perfectionner au fil des années. Afin de magnifier encore plus son art, Abou prend la décision de s’installer à Ouagadougou.

Abou et les objets

Abou Sidibé voit les objets comme des entités avec une âme. La matérialité représente le pilier de sa démarche artistique. Selon l’artiste plasticien, les objets constituent un pan important de l’histoire du continent africain.

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Ce n’est pas par hasard qu’Abou dédie une grande partie de sa vie aux objets. Dans son travail de recherche, il questionne le rôle des objets en Afrique.

La deuxième vie des objets. Crédit : Galerie Christophe Person avec accord

Sur le continent, les objets possèdent plusieurs vies. Ils sont en permanence récupérés, réutilisés et réinventés. Ils sont parfaitement imbriqués dans notre quotidien à différents niveaux. Certains les utilisent pour créer des activités génératrices de revenus, d’autres pour embellir des espaces publics et privés. Abou Sidibé, lui, les met autrement en valeur.

Ils les présentent sous différents aspects afin de susciter l’émerveillement. Pour vous plonger dans cet univers, l’artiste a concocté la série « Puisettes » où il tire toute la quintessence des chambres à air.

Une œuvre qui découle de l’imagination d’Abou Sidibé. Crédit : Galerie Christophe Person avec accord

Quand Abou débarque chez Christophe Person

Dans la série, on peut voir ces chambres à air transformées en seaux d’eau et qui jouent une incroyable symphonie aux côtés d’autres objets réinventés. Voilà toute la magie qui réside dans l’art d’Abou Sidibé. On pense pouvoir deviner le rendu final, mais à la fin, on se retrouve émerveillé par une œuvre qui nous interpelle. Abou Sidibé utilise les objets pour décrire un ensemble de situations ou illustrer son environnement.

Crédit : Galerie Christophe Person avec accord

Il veut nous conduire à mener une discussion avec les objets qu’il a imprégnés d’une âme. Abou Sidibé sera bientôt en exposition du côté de la France au niveau de la prestigieuse galerie Christophe Person.

La Galerie Christophe Person. Crédit : Galerie Christophe Person avec accord

C’est l’occasion de découvrir un artiste unique en son genre qui essaie de faire évoluer le monde à son niveau. La galerie Christophe Person participe activement à la valorisation de la culture africaine.

Fondée en 2022 par Christophe Person, la galerie est spécialisée en art contemporain africain. Localisée à Paris, 39 rue des Blancs-Manteaux, dans le Marais, la galerie Christophe Person recevera du 8 juin au 27 juillet l’exposition « Au Pays des Hommes Intègres ».

Crédit : Galerie Christophe Person avec accord

Abou Sidibé et six autres artistes burkinabè seront donc à Paris pendant plus d’un mois pour vous présenter de merveilleuses œuvres qui vont vous transporter dans un univers spécial.

Le Burkina Faso à l’honneur à Paris

Cristophe Person fondateur de la galerie Christophe Person. Crédit : Galerie Christophe Person avec accord

Christophe Person est le co-président de la Biennale Internationale de Sculpture de Ouagadougou (BISO). Il a créé cet évènement avec le photographe burkinabè Nyaba Léon Ouedraogo. Cette exposition fortifie la vision de Christophe Person qui est profondément attaché aux échanges et dialogue culturels.

Il s’agit là d’une autre manière de construire des ponts culturels entre la France et le Burkina Faso. Du 8 au 27 juillet, les artistes ci-dessous vous feront découvrir le Burkina sous un autre angle :

  1. Abou Sidibé
  2. Siriki Ky
  3. Olga Yaméogo
  4. Nyaba Leon Ouedraogo
  5. Christophe Sawadogo
  6. Abou Traore
  7. Mouss Black