Amos Joel Yohane Traore

Burkina Faso : Le projet « Mottes de Terre » de Lassina Sanou, une innovation au service de l’environnement et une réponse au dérèglement climatique

Les participants à l’atelier de démarrage du projet mottes de terre
Crédit Photo : Amos Traore

En 2021, nous avions déjà eu l’opportunité d’interviewer Lassina Sanou. Le jeune chercheur est ingénieur de conception du développement rural (option : Eaux et forêt) et docteur en botanique et phytoécologie, il avait alors expliqué l’impact du dérèglement climatique sur la faune et la flore burkinabè tout en mettant en avant les défis que devront surmonter les populations locales pour s’adapter.

Lassina Sanou avait également égrené un certain nombre de solutions pour aider le Burkina Faso à faire face au dérèglement climatique. C’est dans cette lancée que le chercheur burkinabè coordonne un projet unique en son genre : le projet « Amélioration et promotion des mottes de terre pour la production des plants en pépinière », qui a officiellement été lancé le 24 juillet dernier.

Processus de fabrication des Mottes de terre
Crédit Photo : Lassina Sanou avec son accord pour utilisation

La recherche burkinabè en ordre de bataille dans la lutte contre le dérèglement climatique

Le projet, financé par le Fonds National de la Recherche et de l’Innovation pour le Développement (FONRID-Burkina Faso) vise à proposer une alternative dans la production écoresponsable des plants.

Au Burkina, les pépiniéristes utilisent en grande partie des matières plastiques pour élaborer des conteneurs qui servent de réceptacles aux plants. Les sachets plastiques sont utilisés, car les producteurs n’ont pas d’alternatives fiables. Le projet « mottes de Terre » du jeune chercheur est un concept novateur qui participe à la préservation de l’environnement grâce à la réduction de l’utilisation des sachets plastiques par les pépiniéristes. Ce projet est d’autant plus intéressant qu’il répond à plusieurs problématiques : en plus de réduire l’utilisation du plastique, il offre des pistes de solutions pour lutter contre le dérèglement climatique. Les mottes de terre constituent en effet un formidable catalyseur de croissance pour les plantes qui seront amenées à se développer dans un climat semi-aride.

Le pépiniéristes, grands bénéficiaires du projet « mottes de Terre »

Cette innovation ouvre de nouvelles perspectives aux pépiniéristes et autres producteurs en termes de génération de revenus. Le projet « mottes de Terre » s’inscrit dans une vision qui est à la fois environnementale, sociale et économique. Des produits du terroir ont été utilisés pour la fabrication de cette innovation.

Les Mottes de Terre, une innovation au service de l’environnement
Crédit Photo : Lassina Sanou avec son accord pour utilisation

C’est à Reo (Centre Ouest) que le projet fut lancé en présence d’acteurs majeurs du domaine de l’environnement. Lassina Sanou a brillamment exposé la vision de l’initiative « motte de Terre » et les participants à l’atelier de lancement du projet ont adoubé la vision d’ensemble.

Lassina Sanou nous a accordé une interview. Il nous parle de son projet ambitieux qui va apporter une grosse plus value dans la politique de préservation de l’environnement et dans la lutte contre le dérèglement climatique au Burkina Faso. Dans cette interview, vous constaterez que des solutions simples existent pour relever de grands défis environnementaux.

Dérèglement climatique : quand Lassina Sanou conjugue audace et résilience

Amos Traore : Docteur Sanou, pouvez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Lassina Sanou : Je suis Lassina SANOU titulaire d’un doctorat unique en Botanique et Phytoécologie. Je travaille à l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) plus précisément dans le Département Environnement et Forêts dont je coordonne les activités de recherche-développement de sa section de l’INERA-Saria, Centre-Ouest.

Amos Traore : En 2022, au cours d’une tournée en Afrique de l’Ouest, le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres a livré ceci : « l’urgence climatique (…) accroît le risque sécuritaire ». Le Burkina Faso est confronté à l’instabilité sécuritaire depuis plusieurs années maintenant. Est-ce que vous partagez l’opinion de Monsieur Guterres ?

Lassina Sanou : Affirmatif ! Le dérèglement climatique cause beaucoup de problèmes aux communautés, car il impacte directement sur leurs moyens d’existence. Il cause le déplacement massif des populations et anime des conflits. Ilinstalle donc naturellement l’insécurité.

Monsieur Dibloni Ollo Théophile chef du Département Environnement et Forêts de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles
Crédit Photo : Amos Traore

« Dans une pépinière, on produit maximum 50 000 plants. En utilisant les mottes de terre en lieu et place des sachets plastiques, une chaîne de valeur va voir le jour avec l’avènement de nouvelles débouchées économiques »

« En semant les plants dans les mottes de terre, c’est comme si l’arbre se trouve dans son milieu naturel et il faut travailler à ce que tous les pépiniéristes s’approprient cette innovation »

Dibloni Ollo Theophile

Le dérèglement climatique, un immense défi pour le Burkina

Amos Traore : Quel mécanisme de réponse climatique le pays peut-il mettre en place pour prévenir d’éventuels « conflits climatiques » ?

Lassina Sanou : A l’instar d’autres États, le Burkina Faso est pionnier dans le développement de mécanismes de réponse climatique. Les solutions, les actions en la matière, abondent. Les secteurs agricoles (cultures, élevage, foresterie, pêches et aquaculture) font partie intégrante des principales priorités des mesures d’atténuation et des objectifs d’adaptation établis par le pays.

Amos Traore : Quels sont les risques associés aux impacts du changement climatique sur les activités humaines et les écosystèmes terrestres ?

Lassina Sanou : Les changements climatiques impactent négativement sur les secteurs agricoles (cultures, élevage, foresterie, pêches et aquaculture) en ce sens qu’ils ne permettent pas aux secteurs concernés d’être au maximum de leur capacité de production. Les changements climatiques affectent les écosystèmes terrestres mais aussi les écosystèmes maritimes, en bouleversant leur organisation. Ses effets sont alors plus ressentis chez l’Homme, qui tire sa pitance quotidienne dans ces milieux.

Amos Traore : L’agriculture et la foresterie intensives sont des émetteurs de gaz à effet de serre. De plus, ces activités non maîtrisées participent à la dégradation des terres. Dans le contexte du Burkina, quelles sont les stratégies à adopter pour rendre l’agriculture et la foresterie beaucoup plus responsable de l’environnement et dans le même temps, optimiser les rendements agricoles et forestiers ?

Lassina Sanou : La seule solution efficace et englobante, c’est la pratique d’une agriculture climato-intelligente qui respectera l’être humain et l’environnement.

Une meilleure gestion des terres grâce aux mottes de terre

Amos Traore : Selon le rapport 2019 du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), l’utilisation des terres a entraîné une diminution de la biodiversité mondiale. Qu’en est-il du Burkina Faso ?

Lassina Sanou : Le Burkina Faso n’échappe pas à cette situation de perte de biodiversité et aujourd’hui, avec la crise sécuritaire, il est difficile de mener des actions ou des interventions qui permettent d’augmenter la résilience des écosystèmes. Du coup, nous assistons à la perte de notre biodiversité et c’est vraiment dommage !

Amos Traore : Dr Sanou, peut-on dire que la gestion durable des forêts est en mesure de prévenir et réduire la dégradation des terres ?

Lassina Sanou : Sans une gestion durable des forêts, il est très difficile d’éviter la dégradation des terres et par conséquent le réchauffement climatique.

Amos Traore : Au Burkina, les pépiniéristes s’adaptent sans cesse pour faire pousser différents types de plants. Ils ont recours le plus souvent à des récipients et surtout des sachets plastiques. Pouvez-vous nous expliquer les inconvénients et les limites de la culture de plants dans des sachets plastiques ? 

Réduire considérablement la présence des sachets plastiques dans la nature

Lassina Sanou : Les sachets plastiques sont très néfastes. Après plantations, ils sont déversés dans la nature et causent d’énormes problèmes à l’environnement et au bétail. Les sachets plastiques engendrent la déformation racinaire des plants. Ces déformations de racines perturberont pendant de longues années le fonctionnement physiologique de l’arbre et le bon développement racinaire, nécessaires à un ancrage correct. Cela perturbe aussi l’exploitation des ressources hydriques et minérales du site de plantation.

Monsieur Olivier Paré, entrepreneur agricole
Crédit Photo : Amos Traore

« La volonté politique doit accompagner ce projet. Si les pépiniéristes utilisent fréquemment les sachets plastiques, c’est parce qu’ils peuvent l’avoir partout à moindre coût. Il faut mettre en place un ensemble de mécanismes politiques pour vulgariser au maximum des innovations du genre mottes de terre et les rendre très accessibles. »

« Les projets qui s’inscrivent dans le cadre de la lutte contre la prolifération des sachets plastiques peuvent s’associer au projet « Motte de terre » pour créer un écosystème dynamique autour de la préservation de l’environnement »

Olivier Paré

Amos Traore : Parlez-nous de votre innovation « Mottes de Terre » 

Pour résoudre les contraintes énumérées plus haut, l’exploration de nouvelles stratégies de production de plants (dont les mottes de terre) sont une des solutions. Cette innovation a l’avantage d’être plus économique en offrant un retour rapide sur investissement qu’avec les pots en plastiques. Elle est aussi plus écologique, car elle réduit la pollution aux sachets plastiques et stimule la réussite des reboisements.

Genèse du projet mottes de terre

Amos Traore : Comment vous est venue l’idée des « Mottes de terre » ?

Lassina Sanou : Cette pratique a d’abord été développée en Hollande par l’Ingénieur anglais Michael Ladbrooke. Progressivement, elle sera utilisée dans toute l’Europe et l’Asie. Des recherches ont été menées au Burkina Faso en 1990 par le CNSF (Centre National de Semences Forestières) et l’INERA (Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles) dans le but de concevoir les mottes de terre pour la production des plants.

De 2016 à 2018, notre équipe de recherche à Saria, en collaboration avec d’autres partenaires, a poursuivi les travaux. C’est ainsi que nous avons obtenu des résultats intéressants sur la faisabilité et l’efficacité des mottes de terre dans la production des plants en pépinière et en plantation. Les résultats des tests ont montré un meilleur développement des racines, une meilleure croissance en hauteur et en diamètre des plantules produites dans les mottes de terre.

Cependant, la technologie a besoin d’une amélioration avant sa vulgarisation à grande échelle. C’est ainsi que nous avons entrepris d’accompagner les producteurs des régions du Centre-Ouest et de la Boucle du Mouhoun dans l’apprentissage de cette innovation, nous échangeons avec eux et nous les invitons à explorer d’autres pistes en production de plants, à partir de conteneurs non plastiques.

Amos Traore : Nous sommes en pleine saison pluvieuse, période où diverses activités de reboisement sont lancées au Burkina. Votre innovation pourra-t-elle être utilisée à grande échelle pendant cette campagne hivernale ?

Lassina Sanou : Affirmatif ! Les plants produits dans les mottes de terre pourront contribuer efficacement à la réussite des campagnes annuelles de reboisement sur l’ensemble du territoire.

Lieutenant Colonel Coulibaly Ali (Droite), Directeur régional de l’environnement de la Boucle du Mouhoun et Amos Traore (Gauche) Crédit Photo : Amos Traore

« Le projet Motte de terre viendra à terme soulager un peu tout ce que nous rencontrons comme difficultés en matière de sachets plastiques »

« Tel que le projet est monté et ficelé, les pépiniéristes seront en mesure de rentabiliser leurs activités. En effet, l’ensemble des matériaux entrant dans le processus de fabrication est disponible sur le terrain et presque gratuit »

Lieutenant Colonel Coulibaly Ali

Les mottes de terre pour une bonne réussite des reboisements

Amos Traore : Quel regard portez-vous sur les campagnes de reboisement actuelles, leur format ?

Lassina Sanou : Les campagnes de reboisement actuelles sont un plus pour éviter ou freiner l’avancée du désert. Un travail énorme est fait pour assurer leur réussite partout dans le pays. On parle aujourd’hui de la sécurisation des sites de plantation et du suivi des plants transplantés. Il ya aussi l’évaluation de leur taux de survie.

Amos Traore : Vu que les plants utilisés se développent dans des sachets plastiques, quel est le taux de succès de ces reboisements ? Ya-t-il un impact positif sur le couvert végétal ?

Lassina Sanou : Les plants produits dans des sachets plastiques ont un problème de développement racinaire, or, les racines sont des parties de la plante qui sont capitales. Par conséquent, une mauvaise croissance dans les sachets plastiques entraîne inévitablement un coup dur pour la réussite des reboisements.

Docteur Lassina Sanou (Centre) en compagnie de Yelemou Barthelemy (Gauche- Directeur régional de la Direction Régionale de la Recherche Environnementale et Agricole) et de Natacha Thiombiano
Crédit Photo : Amos Traore

« On remercie le bailleur (FONRID-Burkina) de nous avoir accordé un financement à hauteur de 30 millions de FCFA pour ce projet qui va s’étaler sur 3 ans. Ce sont des sentiments de fierté qui m’animent. Le FONRID avait reçu plus de 274 candidatures d’appels à projets et à la fin 13 ont été jugés viables pour recevoir un financement. Le projet Motte de Terre fait partie des élus et cela constitue une grande satisfaction »

Lassina Sanou

Amos Traore : Peut-on affirmer que votre innovation est en mesure de contribuer à la lutte contre la désertification ?

Lassina Sanou : Oui on peut le dire, l’innovation contribue à la lutte contre la désertification, car elle permet non seulement d’avoir des plants vigoureux, mais le substrat/terreau qu’est la motte a l’avantage de maintenir longtemps l’humidité et les nutriments disponibles pour les plants. Or nous savons que l’eau est l’un des facteurs limitants pour la croissance et l’établissement des plants après transplantation. Si ces aspects et/ou difficultés sont maîtrisés, il va de soi que les plants transplantés ne crèveront pas et qu’ils seront en mesure de reconstituer un véritable couvert végétal.

Madame Barry Fanta (Gauche) chargée de l’impact socio-économique du projet « Mottes de Terre »
Crédit Photo : Amos Traore

Le Burkina se dirige-t-il vers l’émergence de nouvelles filières économiques dans le domaine de l’agriculture ?

Amos Traore : Comment les pépiniéristes peuvent-ils s’approprier votre innovation pour un bon rendement de leurs pépinières ?

Lassina Sanou : Dans le projet, nous avons prévu le renforcement des capacités des pépiniéristes sur la confection des mottes de terre. Aussi, des artisans seront mis à contribution dans le processus de confection de moules pour faire des mottes de terre. Ces pépiniéristes, en plus de la formation, bénéficieront de kit pour la production de mottes de terre.

Amos Traore : Peut-on dire que les mottes de terre et les pots de culture qui sont autre que les pots en sachets plastique peuvent aider à la régénération continue des parcs agro forestiers et zones boisées du Burkina ?

Lassina Sanou : Les mottes de terre ont pour rôle principal de participer à la mise en place d’un environnement de plantations à l’échelle locale et nationale. L’atteinte de cet objectif se fera grâce à la disponibilité de plants vigoureux pour assurer de meilleur(e)s reboisements/plantations. Les mottes de terre apportent des solutions au difficile problème de reprise et de la croissance vigoureuse des plantations dans les écosystèmes soumis à de fortes contraintes environnementales et de stress hydrique.

Dr Sata Diawara (Gauche) et Amélie Bougman (Droite) qui ont fait de très belles observations lors de l’atelier de démarrage
Crédit Photo : Amos Traore

La recherche burkinabè au service de l’environnement et de la population

Amos Traore : L’INERA et le FONRID vous ont accompagné dans la mise en avant de votre innovation. Pouvez-vous nous parler de ces deux institutions qui soutiennent la recherche au Burkina Faso ?

Lassina Sanou : Ces deux entités sont des propriétés de l’État burkinabè. Le premier est mandaté pour conduire des activités de recherche afin de résoudre les problèmes sociétaux. Le second finance la recherche à proprement parler. On peut dire que ces deux structures étatiques sont des partenaires pour le rayonnement de la recherche et de l’enseignement supérieur burkinabè.

Amos Traore : Quels sont vos objectifs à court, moyen et long termes avec le projet Motte de terre ?

  1. La limitation de l’utilisation des sachets plastiques dans la production des plants, ainsi que de toute chose qui diminuera la mortalité des animaux domestiques, causée par l’ingestion des sachets plastiques
  2. Grâce à la généralisation de cette limitation du plastique, l’environnement sera désormais débarrassé des milliers de sachets déversés dans la nature après les campagnes de reboisement.
  3. La création d’emplois verts rémunérés au niveau local pour les femmes, les jeunes et hommes
  4. La diminution considérable des coûts de production des plants chez les pépiniéristes comparativement à celle effectuée avec les sachets plastiques
  5. La garantie d’une réussite des reboisements
  6. La contribution à la Réduction des Emissions due à la Déforestation et à la Dégradation forestière (REDD+) et à la restauration des terres dégradées, la mitigation du climat, la résilience éco systémique des zones semi-arides par des plantations réussies et l’amélioration de leur capacité de séquestration du carbone.
Lassina Sanou (Gauche) et Amos Traore (Droite)
Crédit photo : Amos Traore

Amos Traore : Peut-on s’attendre à une généralisation de votre innovation au Burkina Faso ?

Lassina Sanou : Évidemment, dans notre projet il y a un volet diffusion des résultats obtenus. L’importance de ce volet c’est de faciliter l’adoption à grande échelle de l’innovation.

Amos Traore : Quel est votre mot de fin ?

Lassina Sanou : C’est de vous dire merci !   

Pour en savoir plus sur le projet « Mottes de Terre » et les activités de Lassina Sanou, rendez-vous sur :

https://envirinfos.net/ et sur la page officielle Dr Lassina Sanou


Zakaria Sanou, jeune spécialiste de l’élévage burkinabè aux grandes ambitions

Zakaria Sanou est vétérinaire de formation et entrepreneur dans le domaine de l’élevage depuis quelques années maintenant. Le jeune homme fait partie d’une nouvelle génération d’acteurs de l’élevage qui innove avec beaucoup d’audace, afin de mettre à la disposition des burkinabè des races animales de qualité supérieure.

L’élevage, un domaine qui n’a plus de secret pour Zakaria Sanou

Grâce au boom minier ses dernières années, l’économie du Burkina Faso a gagné en compétitivité, cela a permis de faire entrer des devises importantes dans les caisses de l’État. L’or est aujourd’hui le premier produit d’exportation du pays des hommes intègres, mais il n’en demeure pas moins que l’agriculture et l’élevage conservent leur place de pilier au sein de l’économie nationale. Ces deux secteurs ont toujours été des références dans la contribution au PIB du pays. L’élevage burkinabè est cité en exemple dans la sous-région ouest-africaine et même sur l’ensemble du continent.

Un véritable passionné d’élevage crédit photo : Zakaria Sanou – avec son accord pour utilisation

Que ce soit avec la volaille, le bétail ou le poisson, les acteurs du monde de l’élevage ont toujours mis sur le marché des spécimens de qualité. Le secteur est pourvoyeur de nombreuses opportunités aussi bien pour l’économie nationale que pour les populations.

Ambitieux, Zakaria Sanou met son expertise au service de différentes structures (particuliers, ONG, associations…). Il contribue par son esprit entrepreneurial à apporter une plus-value au domaine de l’élevage burkinabè. Le jeune homme me fait l’immense honneur de m’accorder un entretien dans lequel il nous explique son actualité, sa vision de l’élevage burkinabè et ses projets.

Amos Traore : Sanou Zakaria, pouvez-vous vous présenter ?

Zakaria Sanou : Bonsoir Monsieur Traore, je me nomme Sanous ZAKARIA, technicien d’élevage, spécialisé en santé et production animale et résidant dans la province de la Kossi, région de la Boucle du Moouhoun (Ouest du Burkina).

Amos Traore : Vous présentez un parcours atypique avec une triple casquette d’expert en médecine vétérinaire, en production animale mais aussi zootechnicien. Qu’est-ce qui vous a poussé à embrasser cette voie ?

Zakaria Sanou : Personnellement, depuis le bas âge, j’ai développé un amour profond pour les animaux. Quand j’étais au lycée, je côtoyais un vétérinaire d’ethnie Peul qui était aussi mon ami. On cultivait ensemble dans son champ. Il possédait des animaux, de la volaille (poules pondeuses), et à force d’être ensemble il a renforcé mon amour non seulement pour les animaux mais aussi pour sa profession de vétérinaire. Voilà ce qui m’a poussé à me lancer dans le domaine.

Amos Traore : En tant que spécialiste du domaine, quel regard portez-vous sur le secteur de l’élevage au Burkina Faso ?

Zakaria Sanou : Le  secteur de l’élevage au Burkina est source d’espoir pour la population malgré la fait qu’il soit confronté à de nombreuses contraintes. Le gouvernement fait de son mieux pour trouver des mécanismes dans le but d’amener des innovations dans le secteur.

Mais il faudra du temps et de l’organisation car il ya  beaucoup de choses à améliorer dans le secteur, au niveau étatique, privé, et même au niveau des producteurs. Je disais tantôt que l’élevage au Burkina Faso rencontre de nombreuses difficultés. Le manque criard d’aliments et leur cherté sur le marché est un frein pour bon nombre d’éleveurs.

Au Burkina, il y a aussi manque de formation des éleveurs. Dans de nombreux cas, ils ne disposent pas de connaissances de bases, ce qui constitue des barrières qui ne leur permettent pas l’optimisation de la chaîne d’élevage. Notons également la survenue des pathologies animales et l’insuffisance des techniciens d’élevage pour le suivi sanitaire des animaux. Il y a donc un gros effort à faire au niveau de la formation.

Crédit photo : Zakaria Sanou avec son accord pour utilisation

Vous savez, aujourd’hui, l’élevage s’intègre dans une chaîne de valeur, avec la production de semences et de cultures fourragères. Malheureusement, les différents acteurs du milieu ne se sont pas appropriés cette notion de chaîne de valeur, d’où la quasi absence de zone de pâturage et de culture fourragère.

Amos Traore : Quelles sont les innovations qui peuvent apporter une plus-value à l’élevage burkinabè ?

Zakaria Sanou : L’élevage au Burkina Faso est principalement de type traditionnel. Il faudrait apporter de l’innovation pour dynamiser le secteur, il faut mettre en place un environnement qui encourage l’introduction de races exotiques performantes en termes de production (lait, chaires, et œuf) et aussi réactualiser les formations au profit des producteurs sur les techniques nouvelles de production animale.

Nous avons assez de potentiel pour tirer les meilleures opportunités de ce secteur. Nous devons prendre des décisions audacieuses et former de très bons experts locaux spécialisés notamment dans la production d’aliments adaptés à nos différentes races animales.

Selon moi, la production fourragère avec la culture du Mukuna, du Niébé, et d’autres poids ou plantes… est la clé. Il faut viser sur le long terme en misant sur la vulgarisation des nouvelles techniques et la sensibilisation des différents acteurs.

Amos Traore : Quelles sont les maladies auxquelles vous êtes le plus souvent confrontées ?

Zakaria Sanou : les maladies font partie des problèmes majeurs auxquels sont confrontés les producteurs au Burkina. Si je prends l’exemple de la volaille dans la zone où je réside, le plus souvent on est confronté aux pathologies suivantes : la maladie de New Castle ,le coryza ,et certaines pathologies bactériennes et parasitaires.

En ce qui concerne les ruminants, on peut citer la pasteurellose, et les pathologies cutanées, surtout pendant l’hivernage et certaines pathologies parasitaires nous ralentissent considérablement dans le processus de création de valeur ajoutée.

Amos Traore : Vous initiez régulièrement des formations au profit du grand public et de spécialistes de l’élevage. Quel est votre objectif à travers la dispensation de vos modules de formation ?

Zakaria Sanou : Tout à fait, j’organise des formations en « Techniques nouvelles de production en aviculture, apiculture, pisciculture et en embouche animale ». Le plus souvent, ces formations se font en présentiel et en ligne pour le bonheur du grand public. Ces formations répondent à deux principaux objectifs :

Primo:  L’objectif principal de mes formations est de vulgariser les nouvelles techniques de production en élevage, d’initier les populations en production intensive animale et d’éveiller en eux cette envie de faire de l’élevage un business.

Secondo: L’objectif secondaire est de me constituer un bon fonds de roulement qui ma permettra de créer mon cabinet d’élevage et de renforcer ma production animale

Zakaria Sanou en pleine séance de formation crédit photo : Zakaria Sanou avec son accord pour utilisation

Amos Traore : le Burkina Faso traverse une grave crise sécuritaire avec un nombre élevé de personnes déplacées internes. Des personnes ont dû abandonner leur cheptel pour échapper à une mort certaine. Dans ces conditions, comment réorganiser le secteur de l’élevage ?   

Zakaria Sanou : Avec la crise sécuritaire que nous traversons, l’élevage a connu un coup dur sur quasiment tous les plans, de la production en passant par la commercialisation et l’exportation à l’international, nous avons pris cher.

Pour une réorganisation de l’élevage au niveau des villages, il faut d’abord trouver les voies et moyens afin de permettre un retour des personnes déplacées internes dans leur localité d’origine. Plusieurs personnes déplacées internes étaient de grands éleveurs, mais ils ont été obligés de vendre leurs cheptels pour des raisons d’insécurité.

En attendant le retour de ces populations déplacées internes dans leur zone d’origine, il faut les aider à s’adapter et à encourager l’engraissement des animaux en claustration qui est une méthode qui permet d’engraisser les animaux dans une étable. Selon moi, cette technique est applicable dans les camps pour personnes déplacées internes. L’aviculture peut aussi s’adapter à cette technique, notamment dans les villes.

Amos Traore : Selon vous, est-il possible d’intégrer les personnes déplacées internes dans une chaîne de valeur qui prendra en compte leurs connaissances au niveau des sites d’accueil ?

Zakaria Sanou : Par rapport à l’intégration des personnes déplacées internes dans une chaîne de valeur, c’est possible, mais très difficile dans un contexte de forte inflation marqué par l’augmentation du coût de la vie. On peut former les personnes déplacées internes en production animale pour leur vie d’après, sinon actuellement, ils peinent à manger.

Avec le prix élevé des aliments pour bétail et volaille, et le manque d’espace, ce n’est vraiment pas évident. Des projets ont essayé de doter des personnes déplacées internes en petits ruminants, mais très rapidement, elles ont vendu les animaux pour pouvoir se nourrir.

Je préconise d’essayer de mettre à la disposition des personnes déplacées internes de petits enclos où ils vont élever par petits groupes soit des ruminants, soit de la volaille afin d’avoir à leur disposition de la viande, des produits laitiers… Quand le volet « pitance quotidienne » sera assuré, là maintenant on pourra passer à un autre niveau.

Crédit photo : Zakaria Sanou avec son accord pour utilisation

Amos Traore : Sur le plan sanitaire que préconisez-vous pour un meilleur suivi des animaux destinés à l’élevage ?

Zakaria Sanou : Les animaux destinés à l’élevage sont confrontés à de sérieux problèmes de santé. Pour y faire face, il faut beaucoup sensibiliser les éleveurs sur les bonnes pratiques en élevage et sur les techniques de prévention des maladies qui sont entre autres : l’accentuation sur l’hygiène dans les unités de production animale, et les vaccinations contre certaines pathologies.

Amos Traore : En termes de productivité et de rentabilité, quelles sont les races animales qui s’adaptent le mieux à l’environnement du Burkina Faso ?

Zakaria Sanou : Le climat et l’environnement du Burkina sont propices à l’élevage. Nous avons des races locales de bœuf et de petits ruminants qui ont un rendement boucher et laitier faible.

Au-delà de nos races locales, nous avons des races de bovins (bœufs) tels que la race « Azawak » et « Goudaali » qui ont des rendements bouchers et laitiers très élevés. Pour les moutons, on a les « Balibali » qui ont un très bon rendement boucher et qui s’adaptent très bien au climat humide. En ce qui concerne les chèvres, on a la race rousse de « Maradi » qui présente de nombreux avantages et qui s’adapte facilement à notre climat aussi.

Amos Traore : Quelles sont les types d’élevage qu’on rencontre le plus au Burkina ?

Zakaria Sanou : Au Burkina on rencontre principalement 3 types d’élevage.
Il y a l’élevage traditionnel à caractère extensif sans technique nouvelle de production, qui est leplus pratiqué par les agriculteurs. L’élevage semi-traditionnel ou semi-intensif, à cheval entre l’élevage intensif et extensif. Et enfin, l’élevage intensif qui tient compte des nouvelles techniques de production animale, à savoir l’ensemble des paramètres de production (soins de santé respectés, alimentation règlementée selon la règle vétérinaire, production selon les normes techniques)

Amos Traore : De lus en plus de jeunes veulent se lancer dans l’élevage. Quels conseils donneriez-vous à ces jeunes ?

Zakaria Sanou : De nos jours on remarque effectivement que la jeunesse se lance avec beaucoup d’enthousiasme dans l’élevage. Le conseil que je peux donner à ces jeunes, c’est d’avoir en premier lieu la passion, l’amour de l’activité.

Ensuite, il faut absolument prendre le temps de se former avant de se lancer pour éviter les désillusions. Enfin, il faut prendre au sérieux l’activité, car en la négligeant, tu n’obtiendras rien en retour. L’entrepreneuriat est une aventure et il faut s’armer de beaucoup de courage et d’abnégation. L’élevage n’est pas une activité pour les paresseux ou pour celui qui manque de temps.

Amos Traore : Comment voyez-vous l’avenir de l’élevage au Burkina Faso ?

Zakaria Sanou : L’élevage au Burkina occupe et continuera d’occuper dans les années à venir une place importante dans le PIB national vu que bon nombre de concitoyens s’y intéressent. De son côté, le gouvernement consent aussi à de nombreux efforts pour accompagner le secteur. On peut espérer un boom ou un regain de l’activité de l’élevage au Burkina.

Crédit photo : Zakaria Sanou avec son accord pour utilisation

Amos Traore : Qu’est qu’on peut vous souhaiter pour cette année 2023 ?

Zakaria Sanou : Pour l’année 2023, j’aspire d’abord à une santé de fer ! Ensuite, plus d’opportunités de formation, beaucoup de courage dans l’accomplissement et l’atteinte de mes objectifs. L’objectif ultime est de pouvoir mobiliser assez d’argent pour la mise en place de mon cabinet vétérinaire.

Amos Traore : Comment vous joindre ?

Zakaria Sanou : Je suis le plus souvent joignable en appel sur le +22670734778

Sur le WhatsApp : +22676791377

Sur mon compte Facebook : Sanou Zakaria

Mail : sanouzakaria210@gmail.com

Amos Traore : Quel est votre mot de fin ?

Zakaria Sanou : Je vous remercie pour la considération et pour m’avoir permis de parler de mon domaine. Merci à vous.

Zakaria Sanou est la preuve que le Burkina Faso possède un vivier de jeunes experts audacieux dans quasiment tous les domaines. Il appartient aux premiers responsables burkinabè de créer un environnement stimulant pour utiliser au mieux le savoir de ses jeunes experts. Le pays des Hommes Intègres ne doit plus se chercher d’excuses. Il est grand temps de se mettre au travail pour faire du Burkina Faso un eldorado de référence. Ayons confiance à notre expertise locale pour faire la différence.


Amos Traore, rédacteur web made in Mondoblog à votre service

En 2016, lorsque j’ai rejoint la communauté Mondoblog, j’étais loin de m’imaginer que j’étais en train de tracer une carrière dans le domaine du numérique. Sept ans plus tard, le bilan est salutaire puisque j’ai mis ma plume au service d’une dizaine de sites web d’actualités en ligne et de quelques blogs. Ces plateformes en ont bien profité. En effet, elles ont vu leur taux d’audience augmenter avec l’acquisition de nouveaux lecteurs.

Qui dit augmentation du trafic dit forcément augmentation du chiffre d’affaires. Dans ma langue locale, le dioula, on dit ceci : « Ni yi yèrè fi î ka bara là, î bina kô bâ kê » en français : « Si tu donnes le meilleur de toi dans ton travail, tu réaliseras de grandes choses ». Grâce à Mondoblog, j’ai non seulement acquis les rudiments du blogging, du journalisme web et de la rédaction web, mais, au fil des années, j’ai aussi aiguisé ma plume et j’ai acquis des compétences en SEO.

Au début, je n’étais qu’un exécutant dans des missions de rédaction. Aujourd’hui, j’accompagne les sites web, les blogs, les sites de e-commerce, et d’autres entreprises dans leur projet. En plus de rédiger, je suis en mesure d’apporter de la plus-value, je suis dans la peau du consultant afin d’obtenir de bons résultats. Pour tous vos projets en lien avec la rédaction web, vous pouvez me joindre aux adresses suivantes :

Linkedin : https://www.linkedin.com/in/amostraore/

Mail : amostraore8@gmail.com


Le numérique et 10000 CODEURS, une aubaine pour la jeunesse africaine

10000 CODEURS est un projet unique en son genre qui répond à des problématiques cruciales en Afrique. En 2020, un rapport de l’ONU indiquait que 340 millions de jeunes âgés entre 15 et 34 ans vivaient en Afrique. Selon les projections de la Banque Mondiale, de l’Union Africaine et de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies, ce nombre pourrait doubler pour atteindre près de 690 millions de jeunes africains (18-34 ans) d’ici 2050.

Le marché du travail devra se préparer à accueillir un important lot de potentiel jeunes travailleurs. Conscient des enjeux, l’association à but non lucratif 10000 CODEURS a décidé de jouer sa partition. Elle accompagne les jeunes africains vers les métiers de demain dans le domaine du numérique.

Selon les données de la Banque Africaine de Développement (BAD), la pénétration des TIC à haut débit en 2010 en Afrique tournait autour de 7 % de la population. D’ici 2060, ce taux pourrait atteindre 99 %. C’est donc dire que le numérique va constituer une manne d’opportunités avec des métiers qui donneront la possibilité à la jeunesse africaine de s’épanouir pleinement.

« Construire un monde porté par une jeunesse responsable, qui respecte la femme, l’environnement et dans lequel le Numérique contribue au progrès de l’Humanité »

Telle est la devise de 10000 CODEURS

10000 CODEURS, un réseau d’experts pour former la jeunesse africaine africaine aux métiers du numérique

Afin de bénéficier de ces opportunités, la jeunesse africaine devra être outillée, préparée, accompagnée, encadrée. C’est dans ce sens que l’association 10000 CODEURS a vu le jour.

Douglas Mbiandou est le président fondateur de cette association unique en son genre. Cet éminent informaticien né au Cameroun est un produit de l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon.

S’étant spécialisé dans le développement des applications, Douglas Mbiandou a mis sur pied le Centre de formation OBJIS qui a permis de former 300 ingénieurs informaticiens.

Homme de vison et engagé pour la cause de la jeunesse africaine, Douglas Mbiandou souhaite impacter avec 10000 CODEURS la vie des jeunes africains. Il est soutenu dans sa démarche par de grands experts mondialement connus et des collaborateurs qui sont totalement engagés. La direction de l’association se compose comme suit :

  1. Douglas Mbiandou (Président 10000 CODEURS)
  2. Redouane El Haloui (Vice-président 10000 CODEURS)
  3. Fanta Mbiandou (Trésorière 10000 CODEURS)
  4. Stéphane Semion Oba (Senior Manager, chargé de relations avec les institutions chez 10000 CODEURS)
  5. Sitti Mshangama (conférencière management & leadership et consultante gestion de projet, chargé de la coordination des projets chez 10000 CODEURS)
  6. Gnagna Mariam Konate (experte relations clientèle, gestions du personnel et développement des compétences chargé du développement personnel chez 10000 CODEURS)
  7. Sana Iffach (présidente fondatrice SIYA Act, responsable partenariats stratégiques chez 10000 CODEURS)
  8. Landry Kouam (Product Manager, Expert & workplace)
  9. Nathalie Victorin (Executive Angel – Coach entreprise – Business coach – Consultante RH- Conférencière)
  10. Viviane Adadjo (Communication & Marketing chez 10000 CODEURS)
  11. Aïcha Leïla Dandjouma (Responsable Afrique anglophone chez 10000 CODEURS)

Sans oublier Roseline Ekosso, Maurice Nontondji, Vignon Dossou, Madame Ntamack et toutes ces personnalités de qualité qui coordonne à divers postes le projet 10000 CODEURS.

Ce que vous gagner en rejoigant 10 000 CODEURS

10 000 CODEURS est une vision, un cheminement qui compte donner les bons outils à la jeunesse africaine pour qu’elle puisse s’installer dans le wagon des opportunités qu’offre le numérique.

De grands noms du digital permettent grâce à leur adhésion de financer le Passeport numérique des « Ambassadeurs 10000 CODEURS« .

Avis aux jeunes passionnés du numérique sur le continent africain. Le passeport numérique de 10 000 CODEURS est un formidable sésame qui va vous ouvrir de nombreuses portes dans le domaine du numérique.

Crédit Photo : 10000 CODEURS avec accord pour utilisation

10 000 CODEURS, c’est un accompagnement en trois étapes qui se déroule de la manière suivante:

Étape 1 : la découverte et l’acculturation sur le numérique qui vous plonge dans un univers exaltant où vous vous appropriez autrement le numérique

Étape 2 : L’instruction sur un métier au choix, 65 au total

Étape 3: L’insertion soit par le salariat soit par l’entreprenariat

Le processus pour obtenir le passeport numérique

Comment s’y prendre pour obtenir le passeport numérique ? Tout d’abord, vous devez vous rendre sur le site internet de l’association 10 000 CODEURS (https://10000codeurs.com/) pour vous inscrire et choisir un métier de votre choix dans le numérique.

Après cette étape, vous devrez passer un test écrit et oral pour être éligible à l’obtention du passeport numérique. Le test écrit comporte une quarantaine de questions et a pour objectif de tester votre culture numérique.

Vous allez répondre à des questions portant sur le cloud, la cybersécurité, le big data, la blockchain, l’agritech, etc. Un test stimulant et très agréable auquel il faudra 80 % de bonnes réponses pour avoir l’opportunité de passer le test oral.

Cette phase orale va consister à un entretien par visioconférence avec un responsable de 10000 CODEURS. En outre, l’équipe vous posera des questions sur le contenu du test écrit que vous avez réussi en plus du volet « Developpement Personnel » et « Anglais ».

Pour préparer l’oral, 10000 CODEURS a mis à la disposition des futurs ambassadeurs les « 12 webinaires Développement Personnel, sois l’entrepreneur de ta vie » sur sa page YouTube. Là encore le test sera stimulant et à la fin vous en ressortirez grandi.

À vous de jouer !!!

Si vous réussissez l’épreuve orale, vous aurez le passeport numérique entre vos mains et c’est ainsi que vous deviendrez « Ambassadeur 10000 CODEURS ».

Une nouvelle aventure palpitante commencera donc pour vous. Au cas où vous ne réussirez pas l’oral, aucune inquiétude. Vous serez en mesure de reprendre le test quelques semaines plus tard.

Voilà en résumé le processus à suivre pour décrocher le passeport numérique 10000 CODEURS. Vous avez brillamment réussi la première étape qui consiste à s’acculturer au numérique et aux compétences comportementales.

La deuxième étape sera le lieu pour développer des compétences techniques, une vision et un réseau. Enfin, la dernière étape va tracer votre chemin professionnel.

Grâce à l’accompagnement de 10000 CODEURS, vous saurez soit vous insérer en entreprise, développer une activité de services ou basculer dans l’entrepreunariat.

Ces jeunes talents qui ont trouvé leurs voies grâce à 10000 CODEURS

Avec l’assistance de mentor et de parrain exceptionnels, vous allez évoluer dans un univers rempli d’opportunités. La jeune Togolaise Hamdiyatou Adjama est un exemple de réussite émanant de la vision de 10 000 CODEURS. En effet, après avoir obtenu son passeport numérique, l’ambassadrice 10000 CODEURS a été accompagnée dans le domaine du No Code.

Aujourd’hui, elle est développeuse No Code en freelance et collabore avec des clients du monde entier. On peut aussi citer le jeune congolais Yann Banvi. Accompagné par 10000 CODEURS, il est aujourd’hui Développeur senior et Architecte logiciel.

Que dire de Birante Sy ? le jeune développeur d’application web mobile venu du pays de la Teranga est un véritable modèle de réussite. C’est en 2016 qu’il rejoint 10 000 CODEURS après l’obtention d’un BTS en informatique. Il choisit de se faire accompagner dans le domaine du Développement d’Application Web.

La suite, c’est une véritable succès story. Birante Sy est aujourd’hui développeur d’applications en freelance et entrepreneur agricole. En 2022, il a été membre du jury Challenge App Afrique, un concours organisé par Radio France Internationale (RFI), France 24 et de nombreux partenaires comme 10 000 CODEURS.

Il ya aussi Christ Peryclais Ngolo, autre jeune congolais qui est Analyst Revenue Fraud Management Consultant chez Airtel Congo Brazzaville sans oublier la talentueuse ivoirienne Nabounou Diabi qui est directrice de projets.

Avoir le passeport numérique offre de multiples avantages, un véritable tout-en-un. Vous allez bénéficier d’une grande visibilité, d’une formation de qualité de votre choix qui va optimiser votre processus d’insertion professionnel.

De plus, vous serez outillé sur le Branding afin de mieux vendre votre image. Et que dire du formidable réseau et du mentoring exceptionnel qui va vous propulser dans des sphères insoupçonnées.

10000 CODEURS, un projet à dupliquer partout en Afrique

Vous l’aurez donc compris, 10 000 CODEURS représente un incroyable avantage pour la jeunesse africaine. Bill Gates a fondé Microsoft, Steve Jobs a pensé Apple. Douglas Mbiandou et ses topissimes collaborateurs ont mis sur pieds 10 000 CODEURS.

Au moment où le monde est entrain de connaître de fulgurantes avancées avec l’Intelligence Artificielle, 10 000 CODEURS est une formidable fenêtre d’opportunité pour les jeunes africains de se positionner dans les métiers du numérique qui représentent non seulement le présent et le futur.

L’Afrique doit cesser de se chercher des excuses et prendre son destin en main pour construire son avenir. Les décideurs africains doivent fortement encourager et soutenir les initiatives du genre 10 000 CODEURS.

Ce sont des projets pensés et exécutés par des dignes fils et filles du continent et de la diaspora qui apportent une valeur ajoutée. Décideurs, jeunes passionnés du numérique, expert (s) (es), entreprises, Institutions, rejoignez 10 000 CODEURS pour tracer une nouvelle voie pleine de perspectives pour l’Afrique.


Rencontre avec Aziz Nignan, le jeune entrepreneur qui souhaite révolutionner l’agriculture burkinabè

Aujourd’hui, le Burkina Faso fait face à de nombreux défis pour assurer sa survie. En effet, depuis plus de 7 ans, le pays des hommes intègres est confronté à une situation sécuritaire des plus préoccupantes. En outre, multiples incursions terroristes ont entraîné des millions de déplacés internes.

Cette crise sécuritaire a engendré une crise humanitaire qui, elle, à son tour est en train d’appeler une crise alimentaire.

Ainsi donc, par réflexe de survie, les populations de diverses zones du pays ont abandonné leur champ et grenier à la merci des groupes armés terroristes.

Depuis l’avènement du terrorisme, les récoltes et les rendements agricoles sont déficitaires dans plusieurs régions. Quand on sait que l’agriculture occupe plus de 80 % de la population burkinabè, l’on se rend compte qu’il y a péril dans la demeure d’où la nécessité d’agir avec audace.

Comment mettre en place une agriculture compétitive qui puisse nourrir la population burkinabè tout en tenant compte des réalités du contexte sécuritaire ?

L’équation semble complexe, mais avec de l’innovation, de la créativité et de la volonté on peut déplacer des montagnes. C’est ce qu’a compris le jeune Aziz Nignan, initiateur du projet agro-industriel, Sofato.

Une nouvelle vision pour réaliser de grands objectif

Aziz Nignan fait partie de cette nouvelle génération d’entrepreneur burkinabè qui veut faire bouger les lignes et participer activement au développement du Burkina Faso.

Monsieur Nignan et ses collaborateurs refusent cette idée selon laquelle, le Burkina Faso, un pays enclavé, souffrant des affres du terrorisme, doive sombrer dans le fatalisme et l’assistanat international.

Le jeune entrepreneur a mis en place la Société Coopérative avec Conseil d’Administration Bâtir l’Avenir avec pour objectif d’utiliser tout le potentiel de l’agriculture burkinabè.

Il s’agit d’une approche nouvelle, audacieuse qui doit permettre au Burkina Faso de révolutionner son modèle de production agricole.

Pour la rédaction de ce billet, Aziz Nignan me fait l’honneur de m’accorder un entretien dans lequel on va aborder les contours de son projet et sa vision pour l’agriculture burkinabè.

Aziz Nignan, merci pour le temps que vous m’accordez, pouvez-vous vous présenter ?

Aziz Nignan. Crédit photo : Aziz Nignan avec son accord pour utilisation

Aziz Nignan (35 ans) sociologue de formation titulaire d’un BTS en finance comptable, PCA de la société coopérative avec conseil d’administration bâtir l’avenir (Scoop-Ca/ba). Je suis promoteur de la société Faso tomate (SOFATO), vice-président du Conseil national de l’économie informelle, SG/porte-parole de l’amicale des jeunes commerçants et entrepreneurs du Burkina (AJCEB) et gérant de Global Business Invest (GBI SA) et décoré chevalier de l’ordre de mérite avec agrafe commerce et industrie depuis 2019.

La tomate, une mine d’or inexploitée


Quand est-ce qu’a germé en vous l’initiative de la Société Coopérative avec Conseil d’Administration Bâtir l’Avenir et le projet Sofato ?

À travers mes différents voyages au niveau du continent asiatique, j’ai vu des modèles de développement endogène et inclusif.

Cela m’a inspiré et j’ai décidé de copier et d’adapter ça à nos réalités afin de créer de la richesse et des emplois pour la jeunesse. Une fois au pays, il fallait trouver un projet innovant qui cadre avec la présence d’une matière première en quantité notamment la tomate.

Ensuite, il fallait identifier la zone d’implantation du projet avec une existence juridique d’où la société Faso tomate (SOFATO).

La seconde étape se trouvait au niveau de la mobilisation du capital dans la légalité d’où la création de la société coopérative avec un conseil d’administration qui nous permet de mobiliser l’épargne publique en masse à travers l’acte uniforme OHADA des droits communautaires. Cette société coopérative nous a permis de lever les fonds pour Sofato ainsi que d’autres initiatives à venir.

Pour réaliser votre projet, vous vous appuyer sur l’actionnariat populaire. Pourquoi avoir choisi spécifiquement ce mode de financement ?

La société coopérative avec conseil d’administration prône l’actionnariat populaire. Il s’agit d’un mode de financement participatif qui regroupe plusieurs personnes appelées actionnaires dans une société dite entreprise communautaire avec un retour sur investissement .

Nous avons choisi ce modèle parce que cela nous permet de lever des fonds à travers plusieurs personnes. Ainsi nous n’avons pas besoin de recourir aux institutions financières qui présentent une certaine réticence ou lourdeurs pour les investissements.

Un projet made in Burkina Faso

Votre slogan « Un burkinabè un actionnaire » est-il une invite aux burkinabè à s’engager activement dans le processus de développement du pays ?

Le slogan est une incitation à la mobilisation autour du projet pour une solidarité constructive car nul ne viendra développer le pays a notre place.

Un contexte particulier qui pousse à innover

Le projet Sofato vise à révolutionner la filière tomate au Burkina Faso. Qu’est-ce que cela va apporter concrètement à l’économie nationale en termes de création de richesse et d’emplois ?

Maquette du projet SOFATO Crédit photo : Aziz Nignan avec son accord pour utilisation

Une phase d’exécution qui avance bien

Le projet SOFATO de la société coopérative avec un capital de 1 500 000 000 FCFA a déjà mobilisé à 73 % et a transformé plus de 45 000 tonnes de tomates sur une production nationale de 300 000 tonnes. Il s’agit là de première phase de l’usine.

Cela apportera une réelle plus-value à travers un marché d’écoulement optimal pour les maraîchers, l’augmentation du PIB, la création de 100 emplois directs et 15 000 indirects. Nous avons choisi d’implanter l’usine dans une zone à forte production maraîchère dans la province du Passoré.

Aziz Nignan en visite de chantier avec ses collaborateurs Crédit photo : Aziz Nignan

Le Burkina Faso est confronté à une situation sécuritaire dégradante avec plus de 3 millions de déplacés internes. Ces personnes déplacées sont en majorité des agriculteurs et des éleveurs qui ont tout perdu. Est-ce qu’avec votre nouvelle approche, il sera possible de réintégrer les déplacés internes dans une chaîne de valeur agricole qui va profiter à tout le monde ?

Les déplacés internes peuvent être réintégrés dans une chaîne de valeur agricole particulièrement vers la culture de contre-saison vu que nous avons de grandes retenues d’eau telles que les barrages avec des périmètres irrigués.

Par conséquent, nous serons en mesure d’équilibrer notre rendement agricole d’où la nécessité pour l’État de jouer un rôle central dans la bonne marche dudit projet qui va profiter à la grande majorité de la population.

Innover pour faire face aux défis du pays


Votre projet se focalise beaucoup plus sur la filière tomate. Cependant est-ce qu’il est possible de l’étendre à des filières comme l’anacarde, le coton, le karité ou encore la mangue ?

La transformation de la tomate est juste la première initiative de la Société coopérative, d’autres sont en cours de réflexion particulièrement en ce qui concerne les produits du cru (karité, manques, oignons, cajou).

Notre ambition c’est de travailler à transformer sur place nos matières premières avec le projet <une région, une industrie> suivant les potentialités de chaque région.

En plus du défi sécuritaire, il ya le défi imposé par les effets du changement climatique. À ce niveau, les acteurs du domaine de l’agroécologie proposent des solutions innovantes pour optimiser les rendements agricoles. Est-ce qu’à votre niveau vous consultez d’autres acteurs tels que les agroécologues pour renforcer davantage vos projets ?

Les effets du changement climatique nous imposent naturellement à avoir une autre posture pour préserver ce qui nous ai chère et nous sommes même en contact avec les agroécologues pour renforcer le projet.

Le Burkina doit prendre son destin en main


Cette année, comme c’est le cas depuis un certain moment maintenant, des millions de personnes seront menacées par la famine. Quelle est votre analyse sur cette perspective inquiétante ?

La famine est prévisible vu le nombre de déplacés qui n’ont pas pu cultiver la saison passée. Par conséquent et face à cette situation, nous devons être solidaires par le partage, car il s’agit d’une affaire pour tous.

Par conséquent, il faut rapidement trouver des zones cultivables pour ceux qui ne pourront pas regagner leurs villages afin d’atténuer les effets de cette famine.

Quelle analyse pouvez-vous porter sur la politique agricole du Burkina Faso ? Vu les défis immenses qui s’imposent au pays, l’actuel politique agricole est-elle adaptée ?

Comme nos anciens l’affirment, la terre ne ment pas. En d’autres termes, nous devons retourner à l’agriculture et l’État doit avoir une politique de promotion et subvention agricole pour revaloriser le secteur afin que la population s’implique massivement. En sus, cela nous permettra d’atteindre l’autosuffisance alimentaire en un bref laps de temps.

Le projet Sofato, unique en son genre

Quelles sont les étapes à suivre pour devenir actionnaire de la Société Coopérative avec Conseil d’Administration Bâtir l’Avenir ? Actuellement quel est l’état d’avancement du projet Sofato ?

Découvrez l’actionnariat populaire Crédit photo : Aziz Nignan

Toute personne physique ou morale peut devenir membre investisseur de la société coopérative moyennant des frais d’adhésion à 5000 FCFA et en souscrivant aux parts sociales du capital à 5000 f l’unité. Le site de l’usine est construit sur un hectare.

Le niveau d’avancement du projet est de 85 %. En effet, nous avons terminé les constructions proprement dites et nous sommes au niveau de la construction métallique des toitures et des hangars en attendant l’équipement pour le montage.

Le démarrage des activités est prévu pour le dernier trimestre de l’année 2022. Pour ceux désirant avoir des informations peuvent télécharger notre application mobile dénommée « Actionnariat Populaire » sur playstore gratuitement.

De quelle manière l’État doit accompagner les jeunes comme vous qui ont des projets à même de favoriser le développement du pays ?

Notre principale doléance à l’État réside dans la mise en place de mécanismes afin de promouvoir les jeunes qui ont des initiatives créatrices d’emplois et de richesses.

L’objectif est d’arriver à motiver divers profils de jeunes à être audacieux pour favoriser le développement socio-économique du Burkina Faso. De plus, faut orienter les différents fonds dans l’accompagnement concret des porteurs de projets.

La jeunesse burkinabè doit oser

Si vous avez un message à l’endroit de la jeunesse burkinabè, ça sera lequel ?

J’appelle la jeunesse burkinabè à donner un sens à leurs existences, de se battre pour leurs ambitions. En outre, ils doivent savoir que chaque génération a un défi à relever et le nôtre est de divers ordres.

En outre, un de ces défis réside dans la promotion de l’actionnariat populaire pour une économie communautaire, car personne ne viendra établir les conditions du bonheur à notre place. Rejoignez-nous dans la société coopérative pour qu’ensemble nous bâtissions l’avenir.

Quel est votre mot de fin ?

Dieu et les mânes de nos ancêtres nous libèrent de cette crise sécuritaire afin que nous retrouvions la paix et le vivre ensemble ! Vive la jeunesse qui ose. Dieu bénisse le Burkina Faso.