Amos Joel Yohane Traore

Notre biodiversité est en danger, vers un monde peuplé uniquement de rats ? Réponse avec Joris Cromsigt

Au cours de cette interview, l’éminent professeur Joris Cromsigt, spécialiste de l’écologie, de la faune sauvage et de la biodiversité n’a pas tourné autour du pot pour indiquer que notre monde est actuellement sur une pente très glissante.

En effet, avec le changement climatique, une grande partie de notre biodiversité est en train de disparaître. Il est nécessaire de réagir pour restaurer cette biodiversité qui est essentielle au cycle de la vie.

Quand ils auront coupé le dernier arbre, pollué le dernier ruisseau, pêché le dernier poisson. Alors ils s’apercevront que l’argent ne se mange pas.

Sitting Bull

Joris Cromsigt est professeur associé à l’Université suédoise des sciences agricoles d’Umeå, en Suède. Il est également professeur honoraire à l’Université Nelson Mandela de Port Elizabeth, en Afrique du Sud.

Professeur Joris Cromsigt – Crédit Photo Joris Cromsigt avec son accord pour utilisation

Avant de poursuivre, je vous invite à suivre ce documentaire « Avant le déluge ». Ainsi donc, cela va vous permettre de comprendre de grands enjeux

Ensuite, regardez la vidéo où l’on voit un dinosaure qui a fait un saut dans le temps pour avertir l’humanité. Les dinosaures se sont éteints suite à l’impact d’une comète sur la terre. Cependant, ils n’étaient pas responsables de leur extinction. Nous les humains, nous sommes conscients que nous fonçons tout droit dans le mur et nous ne faisons rien pour éviter le pire. Notre inaction va t-elle nous perdre ?

Léonardo Di Caprio, messager des Nations Unies pour la paix a fait un parfait résumé de la situation actuelle
Le message des dinosaures à la tribune des Nations Unies

Depuis plusieurs années, le professeur Cromsigt mène des recherches pour alerter le monde sur la réduction dramatique de la biodiversité. En effet, il a démontré qu’il existe un lien étroit entre tous les mammifères de la planète.

C’est grâce à l’action de certains groupes de mammifères que nous, les êtres humains, pouvons vivre sur terre. En effet, même les plus petits mammifères interagissent avec l’environnement terrestre pour créer les conditions de la vie.

La nature veut notre bien mais est-ce réciproque ?

Si ce programme n’avait pas été mis en place par ces incroyables espèces sauvages, il aurait été impossible de vivre sur terre. Mais aujourd’hui, ce processus crucial est en danger. La raison principale est le changement climatique et la destruction de l’environnement causés en grande partie par les activités humaines.

Les rhinocéros font partie des espaces animales menacés d’extinction. Crédit Photo : Jan Graf avec son accord pour utilisation par l’intermédiaire de Joris Cromsigt

Sous couvert du développement économique, nous avons mutilé notre environnement à plusieurs niveaux. En quelques années, de nombreuses réserves biologiques ont été réduites à néant et plusieurs espèces de la faune et de la flore sont en voie d’extinction sans que les principaux décideurs de notre monde s’en inquiètent plus que ça.

La situation est grave, je ne suis pas un oiseau de mauvais augure et je ne suis pas non plus le cliché que certains médias entretiennent sur les écologistes et les militants de l’environnement.

Oui, il y a certains clichés qui tendent à montrer que les écologistes sont paranoïaques et un peu trop radicaux sur les questions environnementales prétendant que c’est la fin du monde.

Prendre des décisions courageuses à Glasgow

Néanmoins, il faut être conscient d’une chose : les faits sont là, palpables, et nous allons droit dans le mur. Alors que la COP26 doit se tenir à Glasgow dans quelques semaines, Joris Cromsigt appelle à des mesures fortes pour réduire drastiquement la destruction de l’environnement.

En septembre dernier, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) avait déjà tiré la sonnette d’alarme lors d’un congrès à Marseille.

Plongeons maintenant dans les différentes analyses du professeur Cromsigt, qui a accepté de répondre à mes questions sur la question de l’environnement et notamment l’aspect biodiversité. Une interview sans filtre.

Notre biodiversité s’éteint dans l’anonymat

Professeur Cromsigt, merci pour le temps que vous m’accordez. Pouvez-vous vous présenter ?
Merci Amos pour cette invitation et pour l’intérêt que vous portez à notre travail ! Je m’appelle Joris Cromsigt et je suis originaire des Pays-Bas. Je suis professeur associé à l’Université suédoise des sciences agricoles à Umeå, en Suède.

De plus, je suis professeur honoraire à l’Université Nelson Mandela à Port Elizabeth, en Afrique du Sud. Dans mon unité de recherche, Megafauna & Sustainability (MegaSus), nous nous attachons à comprendre comment les mammifères façonnent le monde qui nous entoure. Nous sommes particulièrement intéressés par les processus par lesquels ces mammifères influencent le fonctionnement durable de notre planète et interagissent avec les humains et les sociétés humaines.

Le rapport préoccupant de l’l’IPBES

Professeur, depuis plusieurs années, la terre subie le problème de la réduction de la biodiversité. Quel est l’état des lieux ? Faut-il s’inquiéter de cette tendance ?

L’état des lieux est extrêmement préoccupant et nous sommes au-delà de 2 minutes à 12 minutes, durée pendant laquelle des espèces disparaissent chaque jour de la surface de la Terre. Le récent rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) décrit clairement comment les activités humaines conduisent à des taux d’extinction des espèces plus rapides que ce que notre planète n’a jamais connu auparavant.

La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier

Rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques)

En ce qui concerne mon espèce d’étude, les mammifères, nous nous dirigeons rapidement vers une planète « d’hommes et de rats », car la vague d’extinction actuelle frappe de manière disproportionnée les espèces les plus grandes. Plusieurs études indiquent que, si nous continuons au rythme actuel d’extinctions, les communautés de mammifères dans un avenir pas si lointain seront principalement constituées d’espèces de la taille de rats ou plus petites.

Le cycle de la vie, très fragile

Quel est l’impact de la disparition de certaines espèces végétales et animales sur notre planète ?

Il existe une grande variété d’impacts qui sont trop divers et nombreux pour être résumés ici. Mais le message clé est que le monde, tel que nous le connaissons, c’est-à-dire la planète habitable pour l’homme, est le résultat de l’immense diversité des espèces végétales et animales qui ont évolué au cours des derniers siècles et des derniers millions d’années.

Les processus abiotiques actuels (par exemple, les flux de nutriments), les modèles météorologiques, les régions climatiques, les profils des sols, etc. sont ce qu’ils sont en raison de l’impact des plantes et des animaux. En outre, la végétation est à l’origine du cycle hydrologique et des régimes climatiques de la planète.

Les animaux ont créé des sols productifs, les plantes et les animaux forment notre alimentation et nos médicaments. En d’autres termes, c’est le réseau complexe de la vie qui a permis à l’humanité de prospérer dans ce monde. L’effondrement de ce réseau signifiera l’effondrement de l’humanité ou du moins des civilisations et cultures humaines telles que nous les connaissons.

Ces espèces qui nous sont vitales

Les bousiers, qui sont des coléoptères coprophages, jouent un rôle majeur dans la nature en recyclant notamment les matières fécales. Que peut-il se passer si les bousiers ne remplissent plus leur mission ?

Je ne suis pas un spécialiste des bousiers, mais ils jouent effectivement un rôle central dans le recyclage des matières fécales, et plus particulièrement des nutriments qu’elles contiennent. Ils sont donc essentiels pour maintenir la productivité de nos terres.

En les perdant complètement, nous perdrons un service que la nature nous a fourni gratuitement. Nous devrions trouver des solutions technologiques coûteuses pour recycler les matières fécales. Évidemment, les engrais artificiels ont été, et sont encore, utilisés à cette fin.

Cependant, la science nous a montré que nous sommes confrontés à une crise des engrais. En effet, il est très difficile de recycler certains de ces nutriments, notamment le phosphore. Il se peut qu’il ne nous reste que 50 ans de phosphore que nous pouvons extraire pour l’utiliser dans les engrais artificiels. Nous devons donc de toute urgence restaurer les processus naturels qui pilotent le cycle des nutriments, comme les bousiers, mais aussi les vers de terre, les copépodes, les champignons mycorhiziens, etc.

Un travail minutieux réalisé sur le terrain avec des propositions concrètes

Professeur, quels sont les systèmes écologiques que vous étudiez dans le monde. Lequel vous a le plus impressionné dans vos recherches ?

La plupart de mes travaux se déroulent dans les savanes et les prairies d’Afrique du Sud et dans les systèmes forestiers et sylvestres européens. Au sein de mon équipe, nous venons également de lancer un programme sur les frugivores et la reforestation à Madagascar. Pour être honnête, c’est la nature qui m’émerveille. Elle m’étonnera chaque fois que je sortirai. La façon dont tous ces processus et acteurs interagissent pour former ensemble cette toile complexe de la vie.

Avec votre regard d’expert, quelles sont les solutions à adopter pour préserver l’équilibre de la biodiversité mondiale ?

La principale solution est de s’éloigner du modèle économique actuel qui est basé sur une utilisation destructrice, non durable, des ressources naturelles. Nous devons accepter que l’approche actuelle basée sur le profit, où les économies, petites ou grandes, doivent croître pour survivre, entre en conflit avec le fonctionnement de notre planète.

Les écosystèmes, les populations d’espèces et les processus écologiques ne continuent pas à croître, mais ne peuvent que croître jusqu’à une asymptote, puis se stabiliser et/ou être dans un cycle continu de croissance et de déclin. Une recommandation très spécifique : réduire fortement la consommation de viande (ce qui ne signifie pas nécessairement devenir végétarien) est une partie très efficace de la solution pour restaurer la biodiversité. Et les Européens et les Nord-Américains portent une énorme responsabilité à cet égard.

Y a t-il un lien entre la réduction de la biodiversité et la survenue des pandémies ?

Avec l’extinction de la biodiversité doit-on craindre l’apparition de pandémies comme celle de la covid-19 que nous connaissons actuellement ?

Oui, absolument. Veuillez consulter ici le blog que j’ai écrit à ce sujet.

Que peut-il se passer si l’humanité décide de ne pas agir pour préserver la biodiversité ?

Nous pourrions très bien nous éteindre en tant qu’espèce.

Crédit Photo : Joris Cromsigt avec son accord pour utilisation

Des recherches innovantes menées par le professeur et son équipe

Quels sont les travaux de recherche auxquels vous participez actuellement ?


Au sein de mon unité de recherche, nous menons de nombreux projets de recherche différents. En outre, il y en a trop pour les énumérer. Mais en voici quelques exemples :

Wilder Rangelands : Avec plusieurs étudiants en doctorat, nous travaillons sur l’atténuation du changement climatique et le potentiel d’adaptation des parcours africains plus sauvages (prairies, savanes, zones arbustives). Nous cherchons notamment à savoir si et comment les régimes de pâturage naturels (par exemple, le pâturage des rhinocéros blancs) favorisent la capture du carbone dans le sol et comment le changement climatique affecte les communautés de mammifères africains sauvages.

En fin de compte, nous souhaitons voir si nous pouvons développer des utilisations alternatives des terres, basées sur les régimes de pâturage sauvage, qui permettent d’atténuer le changement climatique, de restaurer la biodiversité et de soutenir une utilisation équitable des terres par des communautés locales prospères. Conséquences de la perte des mégaherbivores : En Afrique du Sud, nous menons un projet qui examine les conséquences écologiques du braconnage des rhinocéros blancs.

La nécessité d’étudier de nouvelles pistes

Rewilding Madagascar (dirigé par Sheila Holmes, membre de l’équipe) : nous venons de lancer un projet axé sur le rôle des mammifères et des oiseaux frugivores dans la reforestation à Madagascar. De nombreux arbres indigènes de Madagascar dépendent de la dispersion des fruits par ces mégafaunes.

Madagascar a des plans ambitieux pour reboiser des millions d’hectares. Mais nous examinons comment la restauration de sa mégafaune frugivore ne peut pas toujours être incluse dans ces plans. Dans ce projet, nous suggérons que la restauration de cette mégafaune dans le cadre de la reforestation va améliorer le fonctionnement des forêts restaurées. Cela conduira à des services écosystémiques plus importants pour la population humaine de Madagascar.

Mutualiser les efforts au niveau mondial

Faune sauvage et nouveaux capteurs : dans plusieurs de nos projets en Suède, aux Pays-Bas, en Afrique du Sud et à Madagascar, nous utilisons des méthodes et des capteurs novateurs pour suivre la faune sauvage. Il s’agit notamment de l’utilisation de pièges à caméra, de capteurs acoustiques, de colliers GPS, etc.

Ré-ensauvagement urbain (dirigé par Tim Hofmeester, membre de l’équipe) : un projet en Suède qui s’intéresse à la faune et à l’assainissement dans les zones urbaines. Dans le cadre des appels croissants à la création d’espaces verts dans les villes, nous créons également davantage d’habitats pour la faune sauvage dans les environnements urbains. Ce projet étudie l’influence de cette situation sur la faune suédoise et son interaction avec les humains.

Quel message voulez-vous faire passer au monde ?


Il y en a plusieurs. Mais un message important est que nous devrions ouvrir nos yeux et nos oreilles aux connaissances et aux solutions provenant de cultures et de sociétés « non occidentales ». En effet, à l’heure actuelle, notre science (ainsi que nos industries et nos politiques) est très fortement biaisée et guidée par des vues eurocentriques. En effet, Il est urgent de décoloniser notre science et notre pensée générale et d’inclure divers points de vue et perspectives pour trouver des solutions réellement innovantes aux défis mondiaux de la durabilité.

Le professeur Joris Cromsigt a été on ne peut plus clair. Le temps joue contre nous et nous sommes en plein dans une période cruciale pour l’avenir de l’humanité.

En effet, on a assez polémiqué, nous avons assez discuté. Nous nous sommes assez contredits. En outre, on a trop souvent eu recours à la politique de l’autruche, nous nous sommes trop voilés la face. Nous n’avons plus que deux options valables.

Crédit Photo : Joris Cromsigt avec son accord pour utilisation

Nous sommes le dernier espoir de la biodiversité

Soit nous agissons pour arrêter dans une action de grande envergure ce processus qui risque de nous engloutir tous soit nous attendons patiemment notre fin. En effet, il ne faut pas se leurrer, la COP26 ne proposera aucune recette magique pour résoudre l’urgence climatique.

Cependant, ce sommet peut jeter les bases d’une prise de conscience collective à l’échelle planétaire. Il va falloir que l’ensemble des acteurs de cette terre (dirigeants politiques et économiques, société civile, patrons de grandes entreprises, scientifiques, citoyens lambda, communautés ethniques) se mobilisent pour élaborer rapidement un plan d’urgence afin de sauver notre biodiversité. C’est sans doute le plus grand défi de l’histoire de l’humanité et si nous ne le relevons pas ça sera la fin.


Comment le Burkina Faso fait-il face au changement climatique ?

Notre planète est malade et nous en sommes grandement responsables. Sécheresses à grande échelle, hausse des températures, gigantesques incendies de forêt, inondations dévastatrices… Aux quatre coins du monde, la nature suffoque. Nous flirtons dangereusement avec la ligne rouge et il faut agir au plus vite.

Aucune zone du globe ne sera épargnée par les conséquences du changement climatique

Le dérèglement climatique n’épargnera personne. En effet, les pays du sud vont être beaucoup plus impactés bien qu’ils ne participent pas de façon effrénée à la destruction de l’environnement. Au Burkina Faso, à cause des effets du changement climatique, la vie de plusieurs millions de personnes a radicalement changé.

La sécheresse et l’appauvrissement des terres ont rendu la vie difficile à de nombreux burkinabè, ils n’arrivent plus à pratiquer convenablement l’agriculture. Voici une conséquence directe du dérèglement climatique sur le quotidien des burkinabè. Pourtant, ce secteur occupe une grande partie de la population et plusieurs ménages y tirent un revenu substantiel.

Docteur Lassina Sanou en visite de terrain
Crédit Photo – Docteur Lassina Sanou avec son accord pour utilisation

Mettre en place des stratégies innovantes pour anticiper et préserver l’environnement

Face au défi du réchauffement climatique, il est impérieux de trouver des stratégies novatrices. L’objectif est de permettre de régénérer le couvert végétal et de restaurer et/ou réhabiliter les sols. Ensuite, il faudra apprendre aux populations de nouvelles techniques de production, en phase avec la préservation de l’environnement.

Pour dégager des pistes de solutions, le Docteur Lassina Sanou, spécialiste en écologie et en gestion des forêts au Burkina Faso, me fait l’immense honneur de m’accorder un entretien.

Le Docteur Lassina Sanou est au premier rang pour constater des effets dévastateurs du changement climatique sur la vie des burkinabè. En effet, en tant que chercheur, il participe à mettre en place des stratégies qui permettront au Burkina d’amortir l’impact du dérèglement climatique sur la vie de ces compatriotes.

Nous allons évoquer notamment les défis de l’agriculture burkinabè face à la problématique du réchauffement climatique et la gestion des ressources floristiques.

Amos Traore : Bonjour Docteur Sanou et merci pour le temps que vous m’accordez. Pouvez-vous vous présenter à nos les lecteurs ?

Lassina Sanou : Je suis Lassina Sanou, ingénieur de conception du développement rural, option : Eaux et forêts, docteur en botanique et phytoécologie. Je suis chercheur (environnementaliste) à l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA) plus précisément au Département Environnement et Forêts. L’INERA est l’un des instituts du Centre National de la Recherche scientifique et technologique (CNRST) mandaté au Burkina Faso pour la recherche scientifique et l’innovation.

Un travail de fond est réalisé auprès des populations locales. S’approprier les bonnes méthodes de pratiques agricoles
Crédit Photo – Docteur Lassina Sanou avec son accord pour utilisation

Températures extrêmes, sécheresse, inondations, le Burkina frappé de plein fouet et l’environnement en danger

Amos Traore : Le Burkina Faso, comme la plupart des pays de la bande sahélienne subit de plein fouet le réchauffement climatique. Vous êtes docteur en botanique et phytoécologie, ingénieur du développement rural. Quel regard portez-vous sur cette situation qui a des effets néfastes sur la vie de millions de burkinabè ?

Lassina Sanou : Aujourd’hui, le changement climatique, caractérisé par la hausse des températures, les poches de sécheresse, l’éloignement de la nappe phréatique, les vents violents etles pluies torrentielles occasionnent souvent des inondations, c’est une évidence au Burkina Faso. Son lot de dégâts est inestimable et affecte les conditions de vie de milliers de ménages, surtout ruraux.

Les productions agrosylvopastorales qui soutiennent l’économie rurale et nationale (vous convenez avec moi que l’économie de notre pays dépend en partie des trois secteurs clés : agriculture, élevage, produits de la forêt) sont négativement impactées. Par conséquent, on assiste à de faibles rendements culturaux dus à la perte de la fertilité des sols arables (nos sols sont dans un état de dégradation avancé). La faible pluviosité, la mauvaise répartition des pluies dans le temps et dans l’espace, sont la cause de nombreux dégâts.

Docteur Sanou et son équipe sur le terrain
Crédit Photo – Docteur Lassina Sanou avec son accord pour utilisation

La biodiversité est en danger et le monde scientifique burkinabè se mobilise

La prolifération des prédateurs et/ou ennemis des cultures (criquets pèlerins, oiseaux granivores, chenilles légionnaire, etc.) et la faible productivité des pâturages naturels sont une catastrophe. Vous saviez que notre système d’élevage est extensif et basé sur les performances des parcours naturels qui impactent négativement sur le cheptel burkinabè ? En plus des activités humaines dégradantes, les changements climatiques ont des effets néfastes sur la biodiversité faunique et végétale (mortalité d’espèces intolérantes à ces changements brusques, faibles productivités en ressources halieutiques, fauniques et en produits forestiers non ligneux, etc.).

Amos Traore : Vous faites partie d’une nouvelle génération de chercheurs qui a pour ambition de proposer des alternatives innovantes dans la pratique de l’Agriculture et de la préservation des écosystèmes. Comment se déroulent vos missions sur le terrain ?

Lassina Sanou : La jeune génération de « chercheurs » à laquelle j’appartiens si je peux me permettre de le dire, se base sur les sillons tracés par les prédécesseurs qui ont été pour la plupart nos encadreurs et mentors scientifiques pour renverser les tendances. C’est pour dire que nous travaillons toujours ensemble pour innover et nous renouveler afin de répondre au mieux aux besoins sociétaux.

Un travail d’équipe pour faire face à l’urgence

Nous sommes une équipe de chercheurs seniors et juniors de techniciens de recherche, et aussi d’étudiants. Sans être exhaustif, nos travaux pour améliorer la résilience économique et écosystémique sont essentiellement focalisés sur les thématiques ou axes suivants :

  • L’amélioration des productions végétales, animales, forestières, fauniques et halieutiques intéressant l’économie nationale.
  • La promotion de la protection de la sauvegarde et la gestion rationnelle des ressources naturelles et de l’espace rural.
  • La production d’ouvrages scientifiques (articles, livres, notes techniques, documents de vulgarisation) pour une large diffusion des découvertes et leur reproductivité au Burkina Faso et ailleurs, etc.
Crédit Photo – Docteur Lassina Sanou

Amos Traore : En 2020, vous avez publié un livre paru aux Editions Generis Publishing dont le titre est : « Perceptions locales des perturbations écologiques et de leur influence sur la banque de semences du sol et la régénération dans la Réserve de Biosphère Transfrontalière, Parc W », quels sont les grands axes que vous abordez dans ce livre et comment peuvent-ils permettre aux acteurs du domaine agricole de devenir plus résilients ?

Lassina Sanou : Le parc W se situe à l’est du pays, dans la province de la Tapoa. Nous avions recommandé dans le livre des solutions locales (de concert avec les populations locales, riveraines du parc W) passant par leur implication dans la gestion du parc (gestion participative des ressources du parc).

Les populations des milieux ruraux fortement exposées

Nous avons travaillé à l’atténuation des sources de dégradation, au rapprochement et à la conciliation des deux camps (agents forestiers et populations locales), longtemps restés opposés, afin de préserver les ressources naturelles, gage du développement et de la diminution de la pauvreté en milieu rural.

Les populations locales sont les premières impactées par le réchauffement climatique.
Crédit Photo – Dr Lassina Sanou

De telles initiatives offriront des alternatives économiques aux populations concernées à travers la création d’activités génératrices de revenus. Elle stimulera le développement social et économique des populations vivant à la périphérie du parc W.

Amos Traore : Le Burkina Faso affronte plusieurs défis en ce qui concerne la nécessité de la protection de l’environnement. En plus des terres qui deviennent arides, il y a la prolifération de la promotion immobilière qui ronge les espaces de cultures. Face à ces différents défis, comment arriver à combiner essor économique, protection des terres, et augmentation de la productivité agricole ?

Le diagnostic du Docteur Sanou

Lassina Sanou : Face à ces différents défis liés au climat changeant et aux activités anthropogéniques dégradantes, les chercheurs du Burkina Faso, en particulier ceux de l’INERA dans des équipes pluridisciplinaires ont développé de nombreuses technologies innovantes dont l’efficacité n’est plus à prouver. Parmi ces technologies innovantes et sans être exhaustif, je peux citer :

  • les techniques de conservation des eaux et des sols (CES)/Défense et restaurations des sols (DRS)
  • le développement des variétés de semences améliorées à multi usages (alimentation humaine et animale, amélioration de la fertilité des sols à travers la fixation d’azote etc.) adaptées aux conditions pédoclimatiques difficiles
  • le développement de races bovines, ovines, caprines, de volaille résilientes aux maladies, au climat et offrant aux populations des produits et sous-produits d’élevage de qualité
  • la mise en place des techniques de production de fourrage afin de diminuer l’impact de la pâture sur la végétation et le sol.
  • le développement des bio-pesticides, biofertilisants liquides, solides pour respectivement lutter biologiquement et efficacement contre les ravageurs des cultures.
  • améliorer la fertilité des sols, la promotion de la microdose et la maîtrise de l’eau.
  • la domestication des espèces ligneuses locales. Soutenir la chaîne de valeur des semences et plants à travers la gestion des activités de pépinière.
  • le développement d’espèces d’arbres locales performants qui restaurent les terres dégradées. Cette approche est pourvoyeuse de revenus aux populations locales à travers leur grande productivité.
  • le développement des techniques de production halieutiques pour diminuer l’importation au niveau pays.

Mettre en place de nouveaux mécanismes et continuer la formation des acteurs de l’agriculture

Nous avons travaillé et continuons la formation des producteurs à la maîtrise de tous ces paquets technologiques en vue de faciliter leur adoption à grande échelle au Burkina Faso et dans la sous-région. Tous ces efforts consentis ont pour but de soutenir l’adoption de pratiques agricoles résilientes au climat.

En pleine séance de formation – Crédit Photo Dr Lassina Sanou

Pour ce qui est de la prolifération de la promotion immobilière, je crois que le gouvernement burkinabè, à travers son ministère de l’urbanisme, de l’habitat et de la ville (MUHV), est en train de travailler pour réglementer les choses à ce niveau. Je ne suis pas technicien du domaine. Cependant à travers les lectures, je pense que, si ce ministère va au bout, il peut avoir des résultats satisfaisants. Dès lors, les effets pervers de la promotion immobilière sur les ressources forestières pourraient être atténués et/ou modérés.

Quoi qu’on dise, les ressources forestières ont été profondément affectées par la prolifération de la promotion immobilière au Burkina Faso ces dernières années. Cela pourrait induire l’augmentation de gaz à effet de serre, la perte de la biodiversité végétale et faunique, la hausse des températures dans les zones affectées et bien d’autres dommages.

Utiliser les ressources de façon rationnelle

Amos traore : En 2019, le World Ressource Institute (WRI) a publié un rapport qui indique que plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, notamment le Burkina Faso, sont en situation de pénurie hydrique grave. Mais l’eau est déterminante dans la pratique de l’Agriculture. Est-ce qu’il existe des techniques qui permettent de préserver les ressources en eau et de plus, est-il possible de produire plus en quantité suffisante avec peu d’eau ?

Lassina Sanou : Le Burkina Faso est à féliciter dans beaucoup d’axes de recherche de solutions où il a été pionnier. Traditionnellement, des techniques de maîtrise de l’eau (le zaï, les cordons pierreux, les boulis) sont disponibles au Burkina Faso.

De plus, la recherche burkinabè, aidée par des partenaires financiers a amélioré les traditionnelles techniques et développé d’autres techniques de maîtrise de l’eau qui sont efficaces. Évidemment avec peu d’eau et de petites superficies culturales, on peut produire en qualité et en quantité. C’est la raison pour laquelle, nous avions développé des variétés de semences améliorées moins exigeantes en eaux, en fertilisants et résistantes aux ravageurs des cultures.

Ceci aussi pour dire que nous n’avions pas besoin de défricher chaque année de grandes superficies boisées pour les convertir en champs afin d’augmenter nos productions. Dans ce même ordre d’idées, nous assurons le renforcement des capacités des petits exploitants agricoles en matière de restauration des terres et de gestion des ressources naturelles. Nous faisons auprès des producteurs la promotion d’une agriculture et de pratiques agroforestières intelligentes face au climat.

Crédit Photo – Dr Lassina Sanou

Une politique agricole et environnementale à revoir

Amos traore : Que vous inspirent la politique agricole du Burkina Faso et son plan de préservation de l’environnement ? Sont-ils vraiment efficaces face aux grands enjeux qui se profilent à l’horizon ?

Lassina Sanou : Le chercheur en général et le scientifique s’intéressent rarement aux aspects politiques des choses tout comme le politique ne s’intéresse pas ou très peu aux résultats de la recherche pour résoudre tels ou tels problèmes.

Tout ce qui intéresse le scientifique, c’est de trouver des solutions face à une ou des situations données. Le retranchement du scientifique dans son laboratoire peut s’assimiler au fait que le politique ne finance pas ses recherches. Il doit être en compétition à l’international auprès de bailleurs de fonds pour mener ses activités.

Revenant à votre question, sinon à vos questions, des efforts sont déployés par le ministère de l’Agriculture. Des efforts sont réalisés pour soutenir les producteurs. Cependant, il reste beaucoup à faire dans cet accompagnement tant au niveau des producteurs que des agents d’agriculture.

Si les efforts autour de la filière coton étaient du même niveau que les autres filières, le Burkina Faso pourrait arriver à bout de la famine, la malnutrition et la pauvreté rurale. On pourrait avoir en un temps record un environnement sain pourvoyeur de ressources renouvelables. Un environnement où il fait bon vivre pour les générations actuelles et futures. On pourrait atteindre l’autosuffisance alimentaire tant recherchée depuis la fin de la révolution burkinabè en 1987.

Former et continuer de sensibiliser

Amos Traore : Les populations locales et les différents acteurs de la chaîne environnementale sont-ils assez outillés sur les mécanismes à mettre en place afin de mieux protéger l’environnement et de pérenniser les activités économiques qui découlent de la faune et de la flore ?

Lassina Sanou : Durant nos séminaires de renforcement de capacités en zones rurales et urbaines, nous constatons que chacun vit aujourd’hui les conséquences du changements climatiques. Ainsi des initiatives locales sont mises en place. Des acteurs locaux réunis en groupement, association ou société civile travaillent collectivement ou individuellement dans certaines localités du Burkina Faso pour mieux protéger l’environnement à travers un certain nombre d’actions.

Crédit Photo – Dr Lassina Sanou

Ces actions sont multiples. D’abord, il faut sensibiliser la population sur les changements climatiques où l’Homme a sa part de responsabilité à travers ses activités dégradantes. Ensuite, on peut agir sur le reboisement quantitatif et qualitatif, ainsi que la mise en place des structures locales de gestion de la forêt. Aussi, d’autres projets et programmes du ministère en charge de l’environnement appuyé par ses partenaires techniques et financiers viennent soutenir les acteurs locaux dans leur élan de préservation de l’environnement.

La crise sécuritaire ne facilite pas les choses

Dr Sanou, quel est l’état actuel de nos réserves floristiques et fauniques ?

Lassina Sanou : Sans faux-fuyant, nos réserves floristiques et fauniques ne se portent pas bien. La situation n’est pas du tout reluisante. Cela est imputable à l’avènement de l’insécurité dans notre pays. En effet, tous les efforts qui étaient prévus pour leur préservation sont à l’arrêt, tout est suspendu : les zones à forte couverture végétale (région de l’Est, région des Cascades, région des Hauts Bassins) sont infestées par des groupes armés.

Crédit Photo – Dr Lassina Sanou

Nous n’avons plus accès aux forêts pour évaluer leur état actuel à travers les inventaires fauniques et floristiques. La plupart des postes forestiers qui assuraient la surveillance de la faune et de la flore ne sont plus opérationnels. Du coup, le braconnage sévit dans la zone, avec des conséquences énormes sur la faune.

Moi-même, tout comme les collègues qui ont aidé à collecter les données pour la rédaction du livre dont vous aviez fait cas plus haut, n’osons plus y séjourner (Parc W, région de l’Est). Ce site a été l’un de mes sites d’études durant mon DEA et ma thèse de doctorat. L’un de mes articles les plus cités est issu du parc W. C’est une situation déplorable, mais espérons que la situation puisse, dans les semaines ou années à venir, être plus favorable.

À la COP26, il faudra prendre de grandes résolutions

Amos Traore : En tant qu’acteur de premier plan de la recherche scientifique, quels sont les leviers que vous aimeriez voir actionner afin de vous permettre d’atteindre vos objectifs ? Il est notamment question de la mise en place de stratégies de résilience des populations face aux changements climatiques et la préservation de la biodiversité..

Lassina Sanou : Merci de me considérer comme un acteur de premier plan de la recherche scientifique. Cependant, je n’en suis qu’à mes débuts ! J’aimerai répondre dans un contexte global. La problématique de la protection de l’environnement doit s’inscrire dans un plan stratégique mondial. Les pays les plus développés dont les activités ont un grand impact sur le climat doivent soutenir les nations du Sud. En outre, il faut mettre à la disposition des pays moins polluants comme le Burkina Faso, des moyens financiers conséquents afin d’atténuer les effets néfastes du changement climatique et réduire la vulnérabilité des ménages ruraux en améliorant leur adaptabilité. Quant aux moyens humains, le Burkina Faso regorge d’experts en la matière (le climat). Je ne doute point de leurs capacités techniques à maîtriser les effets pervers du changement climatique. Il faut juste que les moyens financiers et matériels soient mis à leur disposition.

Quel est votre mot de fin ?

Lassina Sanou : Je vous remercie très sincèrement pour m’avoir donné cette opportunité d’échanger avec vous sur les enjeux environnementaux du moment. Je souhaite bon vent à votre blog ainsi qu’à la communauté Mondoblog !

L’entretien que m’a livré le Docteur Sanou est très enrichissant. Il nous montre que le réchauffement climatique a un impact considérable sur la bonne marche du pays. Des populations ont vu leur quotidien changer drastiquement en un laps de temps très court. Voici une réalité du changement climatique. On comprend que tout peut basculer à n’importe quel moment. Nos croyances, nos certitudes, nos dogmes les plus enracinés, peuvent être balayés par une sécheresse soudaine, des inondations à répétition, des ouragans monstres.

Le constat est frappant

Il est plus que certain que ce sont les pays du sud, communément appelés « Pays du Tiers Monde » qui payeront le plus lourd tribut. Dans l’entretien avec le Docteur Sanou, on a également constaté que la crise sécuritaire annihile tous les efforts qui entrent dans le cadre de la protection de l’environnement.

Cet état de fait est affligeant. En effet, des individus sans foi ni loi détruisent des écosystèmes avec le braconnage. Par conséquent, de nombreuses espèces animales et végétales sont en voie d’extinction. À l’image du Docteur Lassina Sanou, il ya des ressources et des intelligences au niveau local qui peuvent permettre d’amortir les effets du changement climatique et d’entamer le processus de restauration des écosystèmes.

Il y a des méthodes ancestrales qui ont fait leurs preuves. Il faut les combiner aux nouvelles méthodes de restauration de la biodiversité. Cela permettra au Burkina de prendre la bonne direction.

Agir maintenant ou prier dans le futur, quelle monde va t-on laisser aux prochaines générations ?

Le monde devra taire ses égos pour faire face à l’urgence. En effet, l’heure n’est plus de savoir qui pollue plus ou qui pollue moins ou qui détruit le plus la biodiversité, ça on le sait déjà. Nous sommes dans le même bateau. Il faut que les décideurs prennent l’engagement de mutualiser les efforts (financiers, technologiques, juridiques…) pour faire face à l’urgence climatique.

Par conséquent, moi, je suis de ceux qui pensent que quiconque nuit à l’environnement et à la biodiversité doit être poursuivi pour crime contre l’humanité. En effet, jusqu’à preuve du contraire, la Terre est la seule planète habitable de l’univers. Si elle n’est plus propice à la vie alors on disparaîtra tout simplement. Ainsi donc on demeurera dans l’histoire comme l’espèce vivante ayant permis cela. La balle est dans notre camp.


Rencontre avec Brandon Valjalo, le porte drapeau du skateboard africain

Durant les derniers Jeux Olympiques de Tokyo, le jeune Brandon Valjalo a valablement représenté l’Afrique du Sud dans l’épreuve de skateboard.

Cette discipline sportive a fait son entrée pour la première fois dans l’histoire des Jeux Olympiques cet été à Tokyo. Le jeune Brandon Valjalo, 22 ans, est sans conteste actuellement le meilleur skateboarder en activité sur le continent africain.

Brandon Valjalo lors des derniers Jeux Olympiques
Crédit Photo : Brandon Valjalo avec son accord pour utilisation

Une première pour l’Afrique aux Jeux Olympiques

Lors des récents Jeux Olympiques, Brandon s’est frotté à la crème de la crème. Par conséquent, il a pour ambition de faire du skakeboard une discipline sportive de premier plan dans son pays, l’Afrique du Sud, mais également dans toute l’Afrique.

Brandon veut marquer son époque et servir de sources d’inspiration à de nombreux jeunes à travers tout le continent. Dans les prochains mois, il compte aller se préparer aux États-Unis, la terre du skateboard, pour se donner toutes les chances de remporter des succès lors des grandes compétitions à venir. Il a déjà mis le cap sur Paris 2024. Allons à la rencontre de Brandon Valjalo.

Le jeune skateboarder a très bien représenté l’Afrique au pays du soleil levant
Crédit Photo : Brandon Valjalo

Un jeune pionnier qui va beaucoup faire parler de lui

Brandon, peux-tu te présenter aux lecteurs de Mondoblog ?

Whatsup mesdames et messieurs, je m’appelle Brandon Valjalo et je suis un skateur professionnel. Je viens de Johannesburg, en Afrique du Sud, et j’ai été le premier skateboarder olympique africain.

Tu as représenté l’Afrique du Sud et le continent africain lors des derniers Jeux Olympiques. Qu’est-ce que ça fait d’avoir pu participer à la plus grande compétition sportive du monde ?

J’ai toujours rêvé d’atteindre le plus haut niveau de compétition de skateboard et quelle meilleure étape pour le faire à part les Jeux olympiques ? C’était vraiment un honneur et un privilège d’être là-bas pour représenter mon pays et mon continent. Pour être honnête, cela me semble toujours surréaliste de faire partie du plus grand événement sportif au monde tout en étant l’un des pionniers d’une nouvelle ère pour le skateboard.

Crédit Photo : Brandon Valjalo

Le meilleur en Afrique

Tu t’es frotté aux meilleurs skateboarders du monde. C’est facile d’imaginer que ce fut une superbe expérience ?

Bien sûr, être dans le même environnement et patiner avec les meilleurs au monde vous motive également à faire de votre mieux. Vous finissez par repousser vos limites et sortir de votre zone de confort, ce qui vous permet de performer et de patiner à votre meilleur niveau.

Comment est née ta passion pour le skateboard ?

Le skate a toujours été dans ma famille. Donc, mon frère et mon père patinaient à leur époque, ce qui signifiait que nous avions toujours une planche dans le garage. J’ai sauté sur une planche pour la première fois à l’âge de 3 ans.

J’avais l’habitude de regarder Life of Ryan sur MTV avec ma mère et j’ai vu tout ce qui se passait pour devenir un skateboardeur professionnel. Je savais que c’était ce que je voulais faire et j’ai travaillé très dur pour atteindre tous mes objectifs.

Crédit Photo : Brandon Valjalo

Le skate dans la peau

Quelles sont les spécificités du skateboard et peut-on le pratiquer partout en Afrique ?

Tout ce dont vous avez besoin pour pouvoir skater, ce sont des chaussures, votre skateboard et une route pour pouvoir commencer. Travaillez vos tricks de base sur terrain plat et perfectionnez-les avant de commencer à skater des obstacles.

Lorsque vous commencerez à progresser, vous voudrez probablement travailler sur des combinaisons d’obstacles, ce qui signifierait que vous aurez besoin d’un skatepark pour vous entraîner.

Beaucoup de pays en Afrique n’ont malheureusement pas les skateparks pour pouvoir pratiquer. J’aimerais que cela change à l’avenir, pour que la progression des skateurs africains augmente beaucoup plus rapidement.

Crédit Photo – Brandon Valjalo

Travailleur acharné

Quelle est la journée type d’entraînement pour un skateboardeur ?

En regardant une journée d’entraînement avant les Jeux olympiques : je me réveillais vers 8 heures du matin, me préparais un repas sain et nutritif pour bien commencer la journée. Je devais être prudent quant à ma récupération et aussi m’entraîner de la même manière que lorsque je patinais les compétitions.

Ils ne nous donnent qu’entre 45 minutes à une heure et 10 minutes pour pratiquer sur le parcours. Nous nous entraînions donc pendant une heure et 10 minutes à un niveau très intense, en faisant de notre mieux.

Une fois que nous avions fini de nous entraîner, nous allions à la plage pour nous rafraîchir, puis nous allions patiner ailleurs juste pour le plaisir, ce qui serait probablement environ 2 heures de skateboard. Après le déjeuner, nous nous préparions à aller au gymnase pendant environ 1 heure et demie, puis nous nous concentrions sur la récupération, ce qui prend environ 1 heure de plus.

Après la récupération, nous prenons un autre repas puis répétons le même cycle le jour suivant. En dehors de cela, nous sortions normalement et skater tous les jours pendant 5 à 8 heures à la fois dans les skateparks et dans les rues.

Crédit Photo : Brandon Valjalo

Faire basculer le skateboard sud-africain dans une autre dimension

Le skateboard est-il bien implanté en Afrique du Sud ?

La scène du skate en Afrique du Sud est certainement la scène la plus établie d’Afrique. Mais par rapport au reste du monde, nous sommes encore loin derrière. Il grandit et s’améliore avec la formalisation du sport. Mais nous n’avons pas d’installations en Afrique du Sud qui peuvent vous préparer suffisamment pour la scène internationale. Je peux dire qu’il y a encore beaucoup de travail à faire mais en même temps, nous y arrivons.

Penses-tu que ta participation aux Jeux de Tokyo mettra en lumière la discipline en Afrique du Sud ?

Oui définitivement, je pense que c’est mon travail d’utiliser ma voix et mon expérience pour aider la scène à grandir maintenant plus que jamais. Se concentrer sur la formation des entraîneurs afin qu’ils puissent utiliser leur qualification pour le développement des jeunes.

De cette façon, la scène s’agrandira et les enfants qui commencent tout juste à pratiquer le sport pourront être inspirés et motivés pour savoir qu’un jour ils pourront aller aux Jeux olympiques.

J’utiliserai également ma voix pour communiquer avec les grandes entreprises et le gouvernement pour aider à construire plus d’installations pour l’entraînement et aussi aider les athlètes à gagner leur vie en faisant du skateboard seuls. Maintenant que le sport est sur la plus grande scène du sport, les entreprises peuvent voir la valeur du marketing et de la promotion qu’elles reçoivent en soutenant les skateboarders.

Crédit Photo : Brandon Valjalo

Fan de Michael Jordan et de Cristiano Ronaldo

As-tu un modèle de référence ? Au niveau international, qui est le skateboarder qui t’inspires le plus ?

Oui, j’ai quelques modèles mais ironiquement, ce ne sont pas nécessairement des skateboarders. J’apprécie les efforts, le dévouement et les sacrifices d’athlètes tels que Cristiano Ronaldo et Michael Jordan.

Ils me motivent à faire de mon mieux chaque jour et à travailler dur pour que je puisse atteindre le sommet. Cependant, le skateur le plus inspirant pour moi, personnellement, était Ryan Sheckler, car il était mon skateur préféré en grandissant et sa vie m’a motivé à aspirer un jour à devenir un skateur professionnel.

Quel est ton classement actuel dans la hiérarchie du skateboard ?

Mon classement mondial est actuellement 45e. Cependant, après les Jeux olympiques, je pense qu’il aurait pu passer à la 18e place.

Crédit Photo : Brandon Valjalo

Brandon à l’assaut de la planète skateboard

Quels sont tes prochains objectifs ?

J’ai beaucoup d’objectifs en ce moment. En outre, l’un d’eux est de me concentrer sur la récupération après mon opération afin que je puisse revenir sur ma planche le plus tôt possible.

Je veux également me concentrer sur la croissance de l’industrie du skateboard en Afrique du Sud, tout en m’entraînant aussi dur que possible au cours des 3 prochaines années, afin que je puisse obtenir une médaille aux prochains Jeux Olympiques à Paris.

De plus, j’aimerais aussi tourner une partie de street video l’année prochaine et revenir sur le circuit du concours et représenter l’Afrique du Sud.

Crédit Photo : Brandon Valjalo

« Restez concentré et motivé »

Au Burkina Faso, il y a plusieurs jeunes qui sont amoureux du skate et qui aimeraient suivre vos traces et démarrer une carrière internationale. Quel message voulez-vous adressez à ces jeunes Burkinabés ?

Mon message aux enfants du Burkina Faso serait qu’ils doivent s’entraîner aussi dur que possible, se fixer des objectifs et faire de leur mieux chaque jour.

En définitive, la chose la plus importante est que vous devez en profiter parce que le skateboard est incroyable et vous apprend tellement de leçons de vie. Restez concentré et motivé et j’espère vous voir sur la scène internationale dans un proche avenir.


Entretien avec les responsables d’ITER, plus grand projet scientifique du monde « Mettons-nous au travail et changeons le monde ! »

Le projet ITER (en latin, le « chemin ») représente aujourd’hui le plus grand projet scientifique du monde. Il est doté d’un budget prévisionnel d’environ 22 milliards de dollars.

Merci à Laban Coblentz, directeur de la communication. Griffith Sabina, chargée de communication. Julie Marcillat, assistante de programme de communication et toute l’équipe du projet ITER d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

Comme l’a souligné le secrétaire américain à l’énergie, Dan Brouillette, « l’effort ITER a également contribué à renouveler l’enthousiasme et l’optimisme quant aux promesses commerciales de l’énergie de fusion. »

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

Le projet ITER et sa dimension

Le top départ de ce projet a été donné dans les années 80 sur l’initiative des ex-présidents américains et soviétiques Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan jettent les bases du projet ITER Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation

Le projet ITER prend forme actuellement au sud de la France. Les plus grands scientifiques de notre planète y travaillent. L’objectif est de mettre au point une technologie qui va changer notre monde pour les décennies à venir.

À l’échelle internationale, il ya très peu de projets qui rassemblent autant de pays. En effet, 35 pays dont 7 permanents ( L’UE, la Chine, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, la Russie et les États-Unis) ont mobilisé des ressources exceptionnelles pour ce projet.

Tout le génie de l’Homme

ITER est un projet qui doit permettre dans les années à venir de maîtriser le processus de fusion nucléaire. Cela va faire basculer notre société dans une infinité de possibilités.

Avec le projet ITER on sera en mesure de maîtriser le processus énergétique qui alimente le soleil. Dès lors, de nombreux secteurs d’activité – notamment industriels – connaîtront une révolution qui défie l’entendement.

La maîtrise de la fusion nucléaire grâce au projet ITER va inverser l’ordre des choses. En effet, on pourra réduire l’utilisation des énergies fossiles qui sont en train de causer de grands dommages à notre planète.

De nouvelles technologies verront le jour dans le domaine industriel et automobile. On assistera à l’avènement de nouveaux moteurs fonctionnant avec de l’énergie totalement propre.

De grands groupes automobiles comme Mercedes s’intéressent aux avancées révolutionnaires qui vont découler du projet .

Pour la rédaction de ce billet, les responsables du projet ITER m’ont fait l’immense honneur de m’accorder un entretien. Allons donc à la découverte du projet ITER qui va sans nul doute transformer le monde de demain.

Une collaboration à l’échelle planétaire

Que représente le projet ITER pour l’humanité ?

Lorsque les deux leaders mondiaux, le secrétaire général de l’ex-Union soviétique, M. Gorbatchev, et le président américain, M. Ronald Reagan, se sont rencontrés à Genève pour le sommet des superpuissances en 1985, ils ont planté la graine du projet ITER « pour le bien de l’humanité ». ITER est le projet fer de lance de la quête mondiale de l’énergie de fusion.

Les plus grandes puissances ont harmonisé leurs efforts pour la réussite du projet. On reconnait au milieu l’ancien président français Jacques Chirac et Manuel Barroso ancien président de la Commission européenne
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation
Jacques Chirac Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 

Main dans la main pour le bien être de la Terre

Sept Membres, 35 nations au total, se sont ralliés sous son drapeau. Ainsi donc, ITER est le plus grand projet scientifique international du monde actuel.

Plus d’un million de composants proviennent du monde entier – environ 9 % chacun pour la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée, la Russie et les États-Unis, et 45 % pour l’Europe en tant que membre hôte. Et ce gigantesque puzzle doit s’assembler avec la précision d’une montre suisse, car un tokamak de fusion, quelle que soit sa taille, doit créer un champ magnétique tissé si serré qu’il empêche les particules subatomiques chargées de s’échapper.

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

ITER a le potentiel de prouver que nous avons la capacité de faire passer l’énergie de fusion à l’ère commerciale et de fournir une source d’énergie très potentielle qui pourrait nous dispenser (l’humanité) de brûler des combustibles fossiles. Nous faisons le CASE de la fusion :

C – elle est Propre

A – elle est Abondante

S – elle est Sûre

E – c’est Efficace

Pour en savoir plus : https://www.iter.org/fr/proj/iterhistory

La promesse de la fusion de l’hydrogène comme source d’énergie sûre, respectueuse de l’environnement et pratiquement illimitée motive les scientifiques et les ingénieurs depuis des décennies. Pour le grand public, le rythme de la recherche et du développement dans le domaine de la fusion peut parfois sembler lent, mais pour ceux qui sont à l’intérieur, qui comprennent à la fois les défis technologiques à relever et l’impact transformateur que la fusion peut apporter à la société humaine en termes de sécurité de l’approvisionnement énergétique mondial à long terme, l’investissement prolongé en vaut la peine. L’échec n’est pas une option.

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

Le projet ITER et la fusion nucléaire

le projet ITER vise à maîtriser le processus de fusion nucléaire. C’est ce processus qui alimente notamment le soleil. Pour le commun des mortels cela semble inimaginable. Comment ITER compte relever ce défi ? 

La fusion est l’énergie qui alimente le soleil et les étoiles. Depuis des décennies, les scientifiques tentent d’exploiter cette énergie. 

De nombreuses machines ont été inventées, utilisant des technologies très différentes. Jusqu’à aujourd’hui, des technologies concurrentes sont développées et testées et nous verrons si l’une d’entre elles, ou plusieurs, ou toutes, atteindront l’objectif de fournir de l’énergie de fusion. Pour ITER, c’est le tokamak ou l’approche du confinement magnétique qui a été choisi. 

Le cœur du projet ITER Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 

Lisez ici comment cela fonctionne : https://www.iter.org/sci/makingitwork

Des ressources qui défient l’entendement

Ce projet colossal va nécessité d’énormes moyens et des investissements sans précédents. Dans quelle fourchette se trouve le budget du projet ITER ?

Le coût total de la construction et de l’exploitation devrait se situer entre 18 et 22 milliards d’euros. Mais il ne s’agit que d’une estimation, car de multiples Membres collaborent à la construction d’ITER, chacun étant responsable de l’acquisition de matériel en nature sur son propre territoire et dans sa propre monnaie.

Une conversion directe de l’estimation de la valeur de la construction d’ITER dans une monnaie unique n’est donc pas pertinente.

Il ne fait aucun doute que nous assistons à la recherche mondiale d’énergie de fusion la plus inédite de l’histoire. C’est un signal clair que nous sommes plus près que jamais de la réalisation de ce rêve

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

La moitié du chemin parcouru

Quel est l’état actuel du projet ?

L’été dernier, nous avons célébré le début du montage des machines. Malgré la pandémie de COVID, nous avons réussi à maintenir le chantier ouvert, et les petits et très grands composants continuent d’arriver. Aujourd’hui, nous sommes à 75% de la réalisation du projet.

Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation

Le projet ITER va t-il se focaliser sur la construction d’un puissant collisionneur comme celui d’Hadron ou bien il s’agit d’une technologie beaucoup plus avancé qui va s’appuyer sur des applications peu connues du grand public ?

ITER n’est pas un collisionneur ! Comme indiqué précédemment, de nombreuses machines ont été construites au cours des dernières décennies.

ITER s’appuie donc sur les enseignements tirés de ces expériences antérieures. Mais… ce que nous faisons ici est une extrapolation substantielle en ce qui concerne les dimensions de la machine, les charges électriques, magnétiques et thermiques, le développement des matériaux, les technologies (vide, diagnostics, systèmes de chauffage…).

Les technologies de base sont connues, mais nous les amenons à de nouvelles dimensions. Et les résultats sont également des applications très utiles dans de nombreuses autres disciplines techniques (spin-offs). Nous publierons bientôt une grande liste avec de nombreuses histoires de spin-off très intéressantes.

Depuis Pékin, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé que « la science n’est pas liée aux frontières nationales. La coopération internationale en matière de science et de technologie est essentielle pour permettre à l’humanité de relever les défis mondiaux. »

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020
Le principe de fonctionnement de la technologie ITER
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 
La fusion nucléaire, bientôt une réalité
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation

Le projet ITER avance bien

En général, avec les réactions de fusion nucléaire, le plasma occupe une place de choix. Le plasma sera-t-il également partie intégrante du projet ITER ?

Absolument. La physique des plasmas est au cœur de la science de la fusion. À des températures extrêmes, les électrons se séparent des noyaux et un gaz devient un plasma, un état ionisé de la matière semblable à un gaz.

Composés de particules chargées (noyaux positifs et électrons négatifs), les plasmas sont des environnements très ténus, près d’un million de fois moins denses que l’air que nous respirons. Les plasmas de fusion constituent l’environnement dans lequel les éléments légers peuvent fusionner et produire de l’énergie.

Sur quel site sera implanté le projet ITER ?

ITER est construit dans le sud de la France, à environ 50 km au nord de Marseille. Voir l’image ci-jointe.

ITER situé à quelques encablures de la ville de Marseille
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 

Une bouffée d’oxygène pour la planète

Notre planète fait face au problème du réchauffement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre rendent notre atmosphère plus fragile d’année en année. Le projet ITER propose une nouvelle façon de produire une nouvelle forme d’énergie propre, sans aucune conséquence pour l’environnement. Peut-on dire que la fusion nucléaire est la solution ultime pour préserver notre environnement ?

Il n’existe pas de solution miracle pour lutter contre le changement climatique. La solution devra être un mélange de développements techniques et de décisions politiques.

Mais oui, la fusion a le potentiel de remplacer le charbon et le pétrole comme fournisseurs d’énergie de base, et donc de contribuer à un avenir plus propre pour notre belle planète bleue.

Cependant, l’énergie de fusion ne sera pas disponible demain. Il faudra encore deux ou trois décennies pour que des centrales à fusion soient construites et mises en service dans le monde entier.

Sera-t-il trop tard ? Lev Artsimovich, un célèbre scientifique russe spécialiste de la fusion, a répondu à cette question : « Nous aurons l’énergie de fusion quand la société en aura besoin ».

Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation

Une première pour le monde

Les possibilités semblent immenses et infinies avec le projet ITER. Si le projet devient une réalité, sera-t-il possible de produire de l’électricité à grande échelle pour toute la population mondiale ?

ITER ne produira pas d’électricité. ITER est un réacteur expérimental. L’énergie produite dans ITER sera convertie en vapeur et dissipée par des évents.

Mais le potentiel de la fusion en tant que producteur d’électricité propre et sûre est immense.

Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation

ITER a réalisé une remarquable compilation de percées techniques, dans des domaines allant de l’électromagnétisme à la robotique. Il s’agit d’une machine unique en son genre, dotée de multiples composants uniques en leur genre, qui a exigé l’innovation des meilleurs cerveaux de nombreux grands cabinets d’ingénierie mondiaux. Troisièmement, ITER est une collaboration révolutionnaire entre 35 pays engagés conjointement dans la poursuite d’un objectif commun pour le bien de l’humanité. Chacun de ces aspects est important et mérite d’être pris en considération.

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

L’industrie automobile se positionne

Est ce que l’industrie automobile, réputée très polluante, peut connaître un changement radical avec la concrétisation du projet ITER ? 

Si l’on considère le développement rapide de l’industrie de la voiture électrique, la fourniture d’un carburant propre pour cette flotte croissante est certainement un facteur important.

Nous avons été invités par Mercedes il y a quelque temps pour présenter l’état de l’art du développement de la fusion. Ils nous observent certainement.

Et l’Afrique dans tout ça ?

L’UE, la Chine, le Japon, l’Inde, la Corée du Sud, la Russie et les États-Unis travaillent ensemble pour assurer la réussite du projet. On retrouve tous les continents, sauf l’Afrique (et l’Amérique du Sud plus l’Australie). Cela signifie-t-il que le continent africain ne dispose pas des ressources nécessaires pour participer à ce gigantesque projet ?

Lors de la phase de négociation d’ITER, la porte était ouverte à tous les pays qui souhaitaient participer. Les nations africaines n’ont pas levé la main.

Cela ne signifie pas qu’ils ne peuvent pas participer, mais pas en tant que membres à part entière. L’organisation ITER a également conclu des accords de coopération technique non membres avec l’Australie (par le biais de l’Australian Nuclear Science and Technology Organisation, ANSTO, en 2016), le Kazakhstan (par le biais du Centre nucléaire national du Kazakhstan, en 2017) et le Canada.

Et comme l’Afrique du Sud par exemple, est financièrement et techniquement qualifiée pour contribuer, elle serait un bon candidat pour se joindre à notre quête.

Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 

Ce succès intégré dans une période de crise mondiale nous amène à considérer la dernière des caractéristiques uniques d’ITER : la collaboration internationale. Il n’est pas rare que plusieurs puissances mondiales – même des pays aux idéologies différentes – unissent leurs forces pour poursuivre un objectif politique commun.

Mais ITER va bien au-delà de tout effort de ce type dans l’histoire de l’humanité : 35 pays, représentant plus de 50 % de la population mondiale et 80 % du PIB mondial, sont engagés dans la construction d’une seule machine, ensemble.

Bernard Bigot, Directeur General d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

D’autres pays peuvent se greffer à ce gigantesque projet

L’Afrique peut-elle espérer rejoindre la coalition ITER dans les années à venir ?

Pourquoi pas ? Il appartient à chaque pays de manifester son intérêt. ITER n’est en aucun cas un club fermé.

L’événement le plus réconfortant de cette année difficile est sans doute survenu le 28 juillet, lorsque, en pleine crise sanitaire mondiale, des dirigeants du monde entier se sont réunis lors d’une cérémonie virtuelle pour célébrer le début de la phase d’assemblage des machines sur ITER.

Il n’est peut-être pas étonnant que le président français Emmanuel Macron, qui a accueilli la cérémonie, ait parlé d’ITER comme d’une « promesse de paix » et ait déclaré qu’ITER est « un acte de confiance » dans l’avenir. « ITER appartient à l’esprit de la découverte, de l’ambition. Au cœur de ce projet se trouve la conviction que la science peut véritablement rendre demain meilleur qu’aujourd’hui

Bernad Bigot, Directeur Général d’ITER
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 

L’avenir s’annonce prometteur

Si vous aviez un message à transmettre aux lecteurs de Mondoblog, quel serait-il ? 

ITER est un projet extraordinaire. Il ne s’agit pas seulement de ce que nous essayons d’accomplir ici, mais aussi de la manière dont nous le faisons.

Sept Membres, au total 35 nations, collaborent et contribuent en nature à cette expérience unique. Et vous pouvez imaginer le défi que représente le contrôle des activités de fabrication dans les différents coins du monde c’est à dire la fabrication de composants nucléaires qui devront jouer ensemble en toute harmonie une fois assemblés dans la machine.

Mais il y a une méthode dans notre folie. Si nous construisons ITER de cette manière, c’est que nous ne voulons pas seulement prouver que nous possédons le savoir-faire nécessaire pour passer à l’étape suivante et construire des centrales à fusion.

Dans le même temps, nous mettons en place une industrie de la fusion à l’échelle mondiale qui prendra le relais dès qu’ITER aura donné des résultats. Nous en sommes tous bien conscients : nous devons agir vite.

Changer le monde

Cette année marque le centenaire de la première prise de conscience par les scientifiques que l’énergie de fusion est la source d’énergie du soleil et des étoiles, la source de toute la lumière et de la chaleur sur terre, la source de la vie elle-même. Alors que nous entrons de plein pied dans la phase d’assemblage de la machine ITER, nous ressentons à la fois l’urgence et la patience.

Mais surtout, nous ressentons le poids de l’histoire. Lorsque nous réussirons, lorsque l’énergie de fusion deviendra la source d’énergie qui soutiendra le progrès de l’humanité, le temps et les efforts qui nous ont permis d’en arriver là vaudront tous leur pesant d’or. Comme l’a dit le secrétaire américain Brouillette, lors de la célébration d’ITER en juillet, « Mettons-nous au travail. Changeons le monde ! »

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020

Le projet ITER doit en appeler d’autres

Le récent rapport du GIEC fait froid dans le dos. Les experts ont indiqué qu’il faut que l’humanité prenne urgemment des mesures fortes afin de réduire de manière drastique les émissions de gaz à effet de serre. ITER répond à cette problématique.

La description d’ITER par le Premier ministre indien Narendra Modi était encore plus personnelle : « Cette entreprise partagée pour un bien commun est un symbole parfait de la croyance indienne séculaire selon laquelle le monde entier est une seule famille. » Et ceci de la part du président coréen Moon Jae-in, qui s’est adressé avec éloquence à l’assemblée : « Les étoiles éblouissantes du ciel nocturne brillent grâce à l’énergie de fusion. Une fois que nous aurons mis en commun toute la sagesse que le monde a à offrir, nous pourrons disposer d’un soleil artificiel qui éclairera notre chemin vers l’avenir. »

Bernard Bigot, Directeur Général d’ITER lors d’une présentation pour l’American Nuclear Society en 2020
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 
Les japonais se sont appropriés le projet ITER qui est même ancré dans la culture du Manga
Credit – ITER Organization avec autorisation pour utilisation 


Au Congo, Destin Bibila crée une entreprise pour recycler les déchets organiques en biocharbon, entretien avec le militant écologiste

L’Afrique connaît actuellement une somme de mutation incroyable qui en fait un point focal pour l’avenir du monde.

L’Afrique ne se contente plus d’être un simple spectateur. Elle est désormais une actrice de premier plan dans la marche du monde.

Le continent africain participe à relever divers défis grâce notamment à la jeunesse de sa population. En effet, aux quatre coins du continent, des jeunes mettent en place différentes initiatives afin d’apporter des solutions innovantes pour parer à des défis de tout ordre.

Parmi ces jeunes qui participent à la bonne marche du monde, on peut citer le congolais André Destin BIBILA KIMPOLO.

Diplômé de l’École Nationale Supérieure Polytechnique de l’Université Marien Ngouabi, Destin participe activement à la préservation de l’environnement.

Ce militant écologiste a compris très tôt que les différentes activités anthropiques ont un impact considérable sur le climat.

Vu donc la situation d’urgence, André Destin BIBILA KIMPOLO a décidé de faire quelque chose. Il a créé l’entreprise Ets Wumela BioCharbon.

Destin Bibila Crédit Photo : Destin Bibila avec son accord pour utilisation

Elle est spécialisée dans la transformation des déchets de la biomasse (déchets ménagers, organiques, etc.) en charbon écologique adapté aux réalités de nombreux ménages au Congo.

Face à la pollution à grande échelle dans sa ville de Pointe Noire où des déchets organiques de toute sorte jonchent les rues, Destin a eu l’idée du charbon écologique.

Cette solution a l’avantage de répondre aux problèmes de pollution dans d’autres villes du Congo, comme Brazzaville, et elle pourra s’étendre dans d’autres pays en Afrique.

Pour la rédaction de cet article, Destin me fait l’immense honneur de m’accorder un entretien très enrichissant. Nous allons aborder son parcours exceptionnel et son objectif de préservation de l’environnement.

Un héros de l’environnement

Bonjour Destin merci pour le temps que vous m’accordez, pouvez-vous vous présenter ?

André Destin BIBILA KIMPOLO, Électrotechnicien de formation et Fondateur de Ets Wumela Biocharbon. Je suis militant écologiste et entrepreneur congolais basé à Pointe Noire.

Destin, j’aimerais recueillir votre avis sur une étude récente. Le 15 juin dernier, les chercheurs de l’expédition scientifique Mosaic au Pôle Nord ont indiqué que le réchauffement climatique a atteint un point critique. Selon le chef de l’expédition Markus Rex, nous avons atteint un point de non-retour et les conséquences pourraient se révéler désastreuses. Que vous inspire cette perspective inquiétante ?

Les conclusions de cette analyse sont très alarmantes notamment pour des jeunes comme moi qui allons hériter d’une planète avec un futur incertain. Par ailleurs, je pense que ce défi présente aussi des opportunités pour des militants écologistes que nous sommes.

En effet, nous pouvons associer nos efforts et promouvoir notre esprit entrepreneurial . À mon avis, il est encore possible de développer des idées innovantes pour faire face à ce problème d’ordre mondial.

Vous êtes électrotechnicien de formation et militant écologique. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager pour la défense de l’environnement ?

Comme vous l’avez rappelé dans l’analyse ci-dessous, j’ai pensé apporter ma petite pierre à l’édifice pour sauver la planète chère à tous. L’idée de Wumela Biocharbon est venue comme une réponse à une combinaison de défis majeurs auxquels est confrontée notre planète.

On peut citer, entre autres, la pauvreté, le manque d’accès à l’énergie et le changement climatique. À cette liste, s’ajoute le choc que j’ai eu en voyant les tonnes de déchets qui jonchent nos ville.

L’équipe Ets Wumela Biocharbon entrain de collecter la matière première Crédit Photo : Destin Bibila avec son accord pour utilisation

Nous générons tous les jours dans nos ménages, administrations, industries et fermes une importante quantité de déchets.

Il est rapporté que 80 % de ces déchets sont de la biomasse végétale. Ces types de déchets ne sont pratiquement pas valorisés ce qui contribue à polluer nos villes.

Une entreprise innovante

Vous avez mis sur pied votre entreprise Ets Wumela BioCharbon spécialisée dans la transformation de divers types de déchets organiques en biocharbon de qualité. Dites-nous comment fonctionne votre entreprise.

C’est tout un processus qui fait intervenir une chaîne de valeur avec un côté plus technique du mécanisme de transformation.

En termes simples, nous fabriquons du Biocharbon à partir de déchets ménagers, administratifs et agricoles comme alternative au bois-énergie. Notre entreprise a mis en place une chaîne de valeur suite à la valorisation des biomasses végétales en bio charbon.

Cette chaîne de valeurs comprend plusieurs étapes. Il y a la collecte, le tri, le traitement, la transformation, la production du bio charbon et la commercialisation.

Notre biocharbon est distribué par l’intermédiaire d’un réseau de petits détaillants composés principalement de femmes et de jeunes vivant jadis de la coupe d’arbres.

Notre jeune entreprise crée aussi des emplois verts et alternatifs pour les personnes à la base de la pyramide qui sont au chômage. Ensuite, nous sommes en train de fabriquer des fours à faible coût et consommation du biocharbon.

Ets Wumela BioCharbon est basée à Pointe Noire, comptez-vous la décentraliser dans d’autres villes du Congo ?

Oui, nous avons commencé nos activités à Pointe-Noire, la ville dans laquelle j’habite. Comme je l’ai dit plus haut, beaucoup d’autres villes du Congo, y compris Brazzaville, font face aux mêmes défis que nous avons constatés à Pointe-Noire.

Nous sommes à la recherche de partenaires pour tout d’abord consolider les efforts de l’entreprise à Pointe-Noire et ensuite la décentraliser dans d’autres villes du Congo et même dans d’autres pays africains.

Ets Wumela BioCharbon, un formidable travail abattu au quotidien

À ce jour, pouvez-vous quantifier les déchets que vous avez collectés et le poids de Biocharbon produit ?

À ce jour, avec les moyens très limités dont notre entreprise dispose, nous avons déjà collecté et traité plus de 100 tonnes des déchets biomasse végétales et produit 50 tonnes de biocharbon.

Le Biocharbon, beaucoup plus résistant et économique que le charbon de bois

Quels sont les équipements que vous utilisez pour transformer les déchets organiques en charbon écologique ? Comment se déroule le processus de transformation ?

Nous utilisons des fours de Pyrolyse artisanaux fabriqués localement pour la carbonisation, d’un broyeur électrique, une extrudeuse électrique, une moto tricycle pour renforcer notre mobilité. Notre processus part de la collecte, tris, traitement, carbonisation, fabrication et enfin le séchage qui est actuellement fait grâce au soleil

Processus de fabrication du Biocharbon Crédit Photo : Destin Bibila avec son accord pour utilisation

Avez-vous bénéficié d’un fonds spécial pour lancer Ets Wumela Biocharbon ou bien vous fonctionner avec vos propres fonds ?

Non, nous n’avons pas encore bénéficié d’un fonds spécial. Les activités de Ets Wumela Biocharbon sont entièrement financées avec nos propres fonds. Je voudrais profiter de cette opportunité pour lancer un appel à tous les partenaires qui pourront nous apporter des fonds spéciaux pour appuyer nos activités.

Développer des partenariats pour atteindre des zones plus vastes

Votre travail est remarqué et le Programme des Nations Unies pour l’environnement s’intéresse à votre initiative. Peut-on s’attendre à une collaboration à long terme avec le Programme des Nations Unies (PNUD) pour une action conjuguée en faveur de la protection de l’environnement ?

Oui, effectivement, nous nous attendons à développer de tels partenariats stratégiques. Il faut souligner que nous avons déjà eu un soutien modeste du PNUD Congo.

Cela s’est matérialisé par une étude de marché avec des données très impressionnantes qui ont permis de mieux renforcer notre action. Par la suite, une étude de laboratoire a permis de dégager la différence entre notre charbon et le charbon de bois.

Nous sommes très fiers de notre travail qui est très porteur selon le retour du bureau des analyses. Dans le cadre de la collaboration avec le PNUD Congo, nous avons obtenu une moto tricycle pour renforcer notre mobilité.

Une somme d’innovation au service de l’environnement

Destin, la pollution au plastique a un grand impact sur notre écosystème. En plus des déchets organiques, est-ce que votre structure est capable de transformer les déchets plastiques en d’autres types de produits réutilisables ?

Oui, c’est une piste que nous voudrions exploiter à long terme. Pour l’instant nous sommes focalisés sur le bio charbon. Ce dernier est un produit indispensable pour plus de 90 % des ménages.

La consommation actuelle atteint plus de 100 000 tonnes d’après un rapport de REDD+ (Réduction des Emissions provenant du Déboisement et de la Dégradation des forêts).

L’objectif de notre entreprise est de devenir un leader du traitement des déchets en Afrique.

Votre Biocharbon présente la particularité d’être très résistant. Qu’est-ce qui explique cela ?

Nous produisons notre charbon à l’aide d’une presse qui a pour rôle de le comprimer avec force. Comme indiqué plus haut les études de laboratoire confirment que notre bio charbon est 2 fois plus résistant que le charbon de bois et brûle plus de 3 heures. Je pense que c’est notre formule de transformation qui fait la différence.

Crédit Photo : Destin Bibila avec son accord pour utilisation

Une initiative qui mérite du soutien

Destin, de quoi avez-vous besoin actuellement pour renforcer la capacité de production de Ets Wumela Biocharbon ?

Avec nos fonds modestes il est difficile de répondre à la demande du marché congolais.

Cette situation ne nous permet pas de nous projeter et d’exporter notre Biocharbon au-delà des frontières.

Par conséquent, nous avons besoin d’un soutien financier et des investisseurs qui pourront nous aider à augmenter notre capacité de production, car la demande locale est énorme.

À la demande locale s’ajoute l’intérêt que portent des pays africains tels que la République Démocratique du Congo (RDC), l’Angola, le Gabon, le Tchad, etc. Avec un accès aux fonds spéciaux et des partenariats stratégiques, notre objectif est de produire plus de 200 000 tonnes d’ici 2025.

Un modèle de développement

Vous avez montré que c’est possible d’allier économie et protection de l’environnement. Pensez-vous que les pays africains et le monde en général doit basculer vers ce modèle pour sauver notre biodiversité ?

Oui, effectivement, les défis sont nombreux face au monde et à l’Afrique en particulier, cela nécessite des idées innovantes qui offrent des solutions pluridimensionnelles.

Pour notre cas, nous avons démontré qu’ il est possible d’associer économie et protection de l’environnement pour répondre aux problèmes de pollution et en même temps offrir des opportunités d’emploi aux jeunes.

Nous sommes convaincus que notre modèle est adaptable partout où nous avons ces types de déchets. Actuellement nous avons une forte demande venant des pays voisins en Afrique. Ces pays aiment notre initiative et nous sommes ouverts pour leur apporter notre expertise et avoir un impact au niveau du continent.

Destin, conscient des défis qui se profilent à l’horizon quel message avez-vous à adresser aux décideurs politiques afin qu’ils s’investissent avec force dans la protection de l’environnement ?

Une entreprise qui veut transformer le monde Crédit photo: Destin Bibila avec son accord pour utilisation

Le monde fait face à une crise causée par la pandémie COVID-19 avec des conséquences multidimensionnelles. Cependant, le changement climatique reste une priorité mondiale. Cette problématique du changement climatique a des impacts très négatifs, surtout dans les pays sous-développés.

Je fais partie d’une génération qui peut et qui veut faire la paix avec l’environnement avec des initiatives qui ne sont plus de l’ordre du rêve. La jeunesse africaine en général a besoin du soutien des décideurs politiques afin de leur donner la place qu’il faut pour promouvoir leur esprit entrepreneurial et proposer des solutions concrètes aux défis actuels. Pour garantir un meilleur futur, nous souhaitons hériter d’une planète sans déchets et sans gaspillage des ressources naturelles.