Amos Joel Yohane Traore

Comment le football américain s’installe en Côte d’Ivoire ? Entretien avec le quaterback Samuel Beugre

Didier Drogba, Laurent Pokou, Ben Badi, Yaya Touré sont quelques-uns des illustres footballeurs qui ont marqué l’histoire du sport ivoirien.

Ces légendaires footballeurs ont porté très haut le drapeau de leur pays à l’international. Depuis plusieurs décennies, la République de Côte d’Ivoire s’est imposée comme un mastodonte du football africain.

Même s’il reste encore beaucoup à faire, le pays dispose d’infrastructures de qualité qui permettent la pratique du football. De plus, le championnat ivoirien est l’un des mieux organisés de la sous-région ouest-africaine.

Le football occupe donc une place prépondérante dans le paysage sportif ivoirien. Cependant, il y a un autre sport qui commence à gagner en popularité en éburnie.

Il s’agit du football américain. Quasi inexistant il y a quelques années, le football américain est en passe de devenir une discipline sportive de premier plan en Côte d’Ivoire.

Crédit Photo : Samuel Beugre avec son accord pour utilisation

Une fédération a été mise en place dans le but de mieux structuré la discipline. Ce sport d’origine nord-américaine est très prisé dans les quartiers du pays, notamment à Abidjan.

Samuel Beugré alias « SAM1ONE » est la star de l’équipe des Golden Eagles d’Abidjan.

Il s’est imposé rapidement comme la référence de son sport. Cela lui a permis de glaner de nombreux succès.

Malgré son jeune âge, Samuel est déjà une légende, qui s’implique avec volonté pour le rayonnement du football américain.

Fervent croyant et déterminé à réaliser de grands exploits, Samuel me fait l’immense honneur de m’accorder cet entretien pour nous parler du football américain.

Bonjour, Samuel, pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Beugre Samuel Jean-Arnold, surnommé SAM1ONE, quarterback des Riviera golf des Golden Eagles et membre de l’équipe depuis 2015.

Dans un pays où le football est roi, qu’est-ce qui vous a poussé à pratiquer le football américain ?

L’ambiance, l’engagement et surtout l’aspect collectif. À la base, je venais juste par simple curiosité et après quelques séances, l’amour pour ce sport a grandi en moi et j’ai décidé de m’y mettre à fond.

En l’espace de quelques années, le football américain s’est développé à une vitesse fulgurante en Côte d’Ivoire. Comment vous expliquez cela ?

Le travail et l’amour que notre coach Mr M’Boua Stéphane a donné pour ce sport a porté ses fruits.

Mr M’Boua Stéphane est un vrai passionné. Sa détermination et son abnégation nous ont subjugués et le foot américain est devenu une passion pour nous.

Le football américain a réussi à s’implanter en Côte d’Ivoire. Crédit Photo : Samuel Beugre avec son accord pour utilisation

Nous avons voulu accompagner le coach qui est devenu par la suite le président de la fédération pour vulgariser notre sport, et ça a marché. C’est avec une grande fierté que nous prenons plaisir à réaliser son rêve et à vivre notre passion.

Pouvez-vous nous dire quelles sont les règles de base du football américain ? Est-ce qu’il se pratique également à 11 joueurs sur le terrain  comme au football ?

Les règles sont simples. Une équipe est composée de 11 joueurs en attaque et 11 joueurs en défense.

Les équipes sont structurées autour des phases de coup de pied et les phases de dégagements.

Entre ces deux phases, il y a les remplaçants qui peuvent faire basculer le match.

Lorsqu’il y a 11 joueurs à vocation offensive sur le terrain, l’équipe d’en face fait rentrer 11 défenseurs pour empêcher les attaquants adverses de réussir leurs 4 tentatives de scorer et vice versa.

Dans le contexte de Covid-19 qui a ébranlé le monde en 2020, comment s’est déroulé le championnat ?

La Covid-19 a eu un très gros impact sur le sport en général, et il n’y a pas de championnat de football américain encore disponible.

Pour l’instant, il n’y a pas un championnat qui existe en tant que tel. Le championnat est en phase de création et il est amateur et non professionnel (les joueurs ne sont pas encore rémunérés).

Cependant, les choses sont en train d’évoluer dans le bon sens et on est confiant que notre sport va basculer dans une autre dimension, dans quelque temps.

On a dû stopper les entretiens et les entraînements durant cette crise sanitaire, puis reprendre un peu plus tard. On avait des événements majeurs, qui n’ont pas pu se tenir à cause de la Covid-19.

Mais on espère pouvoir se rattraper cette année et les années à venir.

Samuel, vous avez été à plusieurs reprises désigné MVP (meilleur joueur). Quel est votre poste de prédilection et qu’est-ce qui vous motive à donner le meilleur de vous-même ?

Je suis quarterback. Le quarterback, c’est celui qui est chargé de faire des passes millimétrées à ses coéquipiers. C’est l’amour et la passion qui me motive à donner le meilleur de moi-même.

Ma famille, mes coachs, mes coéquipiers, mes amis et surtout le fait de défendre les couleurs de mon pays. C’est tout cet ensemble qui me motive à donner le meilleur de moi même.

L’envie de faire de notre discipline un sport majeur en Côte d’Ivoire me motive encore plus à me surpasser.

Le redoutable quaterback « SAM1ONE ». Crédit Photo : Samuel Beugre avec son accord pour utilisation
Quel est le programme d’entraînement typique d’un joueur de football américain ?

Selon moi, un bon joueur de football américain qui veut garder sa condition physique et continuer de progresser doit s’entraîner chaque jour, du lundi au vendredi et laisser son corps se reposer le week-end.

Combien d’équipes peut-on dénombrée actuellement vu que le championnat est en phase de création ?

Présentement, il y’a 4 équipes en côte d’Ivoire. On peut citer l’équipe de la Riviera Golf Golden Eagles, les Black Scorpions, les Gladiators d’Abobo, les Dockers de Treichville et une équipe en phase de création à Yopougon (célèbre quartier de la capitale économique Abidjan), à savoir les Warriors. Donc en gros, on peut dire qu’il y a 5 équipes.

Le modèle ivoirien est-il exactement le même que le modèle américain ? Par exemple, est-ce qu’en Côte d’Ivoire, il existe une équipe nationale de football américain ?

Non, il n’y a pas encore d’équipe nationale. Mais je pense que ça ne vas plus tarder et que la Côte d’Ivoire aura bientôt une équipe nationale.

Nous avons des frères à l’extérieur qui pratiquent ce sport et qui sont prêts à répondre présent le moment venu.

Samuel, est-ce que vous avez déjà reçu des propositions pour jouer à l’extérieur notamment au sein de la prestigieuse NFL aux USA ?

Pour le moment, je n’ai encore reçu aucune proposition.

J’imagine que dans un coin de votre tête, vous rêvez du Super Bowl ? Que représente le Super Bowl à vos yeux qui est l’un des événements sportifs les plus suivis au monde ?

Bien-sûr, c’est un rêve de jouer une finale de Super Bowl. Mais vous savez, chacun à sa destinée.
Je ne brusque pas les choses. Je fais selon la volonté de Dieu.

Si j’en suis là, c’est grâce à lui. Si je suis arrivé à ce niveau de performance, c’est également grâce à lui.

S’il a prévu qu’un jour j’aille en NFL, j’irai, mais pour l’instant, je suis ici et je fais partit des pionniers de ce sport et cela me fait vraiment plaisir.

Qui est votre idole, votre modèle dans ce sport ? Est-ce Tom Brady, la légende des New England Patriots ou un autre joueur ?

Je ne dirai pas idole au sens propre du terme. Mais je dirai plutôt des sources d’inspirations, Michael Vick, Lamar Jackson, Deshaun Watson, Warren Moon et bien d’autres quarterback auxquels je me réfère fréquemment. Mais mon modèle, celui en qui je me retrouve, c’est Lamar Jackson.

Quels sont vos objectifs à court, moyen et long terme ?

À court terme, je souhaite continuer à m’entraîner et à m’améliorer sans cesse. Le but est de continuer à hausser mon niveau et toujours être à 100 % pour mon équipe.

De grands objectifs dans la tête. Crédit Photo : Samuel Beugre avec son accord pour utilisation

À moyen terme, j’ai pour ambition de participer à un championnat national et d’affronter des équipes d’ici et d’ailleurs.

Maintenant à long terme, je souhaite devenir le meilleur quarterback d’Afrique et de Côte d’Ivoire même si je pense qu’en Côte d’Ivoire je le suis déjà (rires).

L’objectif ultime est de faire partit de l’équipe nationale et remporter des trophées encore et encore.

Mon vœu est que la Côte d’Ivoire devienne une nation où le football américain devienne un rêve pour la jeunesse et qu’on puisse passer régulièrement à la télé comme le soccer.

Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes qui veulent faire carrière dans le football américain ?

Soyez passionné et travaillez dur. Faites des sacrifices et restez discipliné.

Selon une certaine légende, notre sport est brutal et dangereux. Cependant, le football américain est le sport le plus fun qui existe. Il y’a des contacts comme dans la majorité des autres sports.

J’invite mes jeunes frères à aller à la découverte de ce magnifique sport sans a priori. Nous n’allez pas regretter votre choix.

Si vous avez une doléance à transmettre aux premières autorités afin de permettre une meilleure implantation du football américain, ça sera lequel ?

Ma doléance serait déjà d’avoir notre agrément et d’être reconnu vraiment sur le plan national. Ensuite, il serait bien d’avoir des infrastructures adéquates.

Tout cela va nous permettre de vivre notre passion et de nous entraîner dans les meilleures conditions afin de porter haut le drapeau ivoirien.

Page Instagram de Samuel Beugre : https://www.instagram.com/samuelqb1/

Site web officiel des Golden Eagles : https://goldeneaglescorporate.com/


Forçage génétique sur les insectes : vers un dérèglement de la biodiversité ?

Les différents progrès scientifiques ont permis d’améliorer la qualité de vie de millions de personnes à travers le monde.

Cependant, la science est aujourd’hui à un niveau inimaginable, ce qui permet d’entrevoir des perspectives incroyables tant sur le plan économique, social ou encore sanitaire.

L’être humain ne se fixe plus aucune limite et semble déterminé à dépasser les frontières du possible.

Mais, dans cette course effrénée vers la sublimation de la science, ne risquons-nous pas de franchir une ligne rouge imposée par la nature ?

Quelles seront les conséquences pour notre monde si nous franchissons cette ligne rouge ?

Bien malin celui qui pourra répondre à cette interrogation. Il fut un temps où la science était articulée autour d’un certain nombre d’idéaux et de valeurs. En effet, à cette époque, on prenait le soin de bien observer les interactions au sein du monde du vivant, avant de réaliser une expérience majeure.

Les firmes technologiques savent-elles vraiment ce qu’elles font ?

L’objectif était de ne pas créer des anomalies qui allaient perturber le cycle de la vie. Aujourd’hui, l’aspect moral de la science semble avoir été refoulé aux oubliettes.

Plus que jamais, différentes entités ont pour objectif d’utiliser le plein potentiel de la science à des fins purement économiques.

L’un des objectifs de la science était de favoriser l’épanouissement à long terme du vivant et la préservation d’une biodiversité unique en son genre.

Par conséquent, cet objectif a disparu pour laisser place à la recherche à outrance du profit.

Marquons un arrêt sur le forçage génétique. Il s’agit sans doute de l’une des applications scientifiques les plus incroyables.

Avec cette méthode, l’Homme a la possibilité de modifier à sa guise le patrimoine génétique de diverses espèces vivantes.

Aujourd’hui, des multinationales et firmes biotechnologiques parmi les plus puissantes du monde se sont approprié l’application du forçage génétique.

Ces firmes affirment que le forçage génétique sur les espèces du monde du vivant permet un meilleur contrôle de leurs capacités.

Il y a cependant un revers de la médaille qui peut s’avérer désastreux pour la biodiversité.

La manipulation non contrôlée du patrimoine génétique peut conduire à l’éradication entière de plusieurs espèces entraînant du même coup un déséquilibre du cycle de la vie.

Les insectes sont en danger

Présentement, plusieurs firmes biotechnologiques ont développé différents mécanismes pour augmenter la portée du forçage génétique sur les insectes.

Quand on sait qu’une variété d’insectes comme les abeilles ou les papillons jouent un rôle fondamental au sein de la biodiversité, une modification malencontreuse de leur génome peut déboucher sur une situation avec de graves conséquences.

D’éminents experts scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme sur un possible dérèglement des écosystèmes et la disparition de plusieurs espèces d’insectes.

Le processus de pollinisation pourrait ne plus être le même. En effet, la dissémination des insectes génétiquement modifiés dans la nature peut perturber ce processus vital pour la Terre.

On pourrait assister, donc, à un déséquilibre majeur. Si nous voulons vraiment aider les insectes à accroître leur capacité, plantons massivement différentes variétés de plantes qui produiront une énorme quantité de fleurs pour le bonheur de ces insectes et pour notre bien être à nous, les humains.

De plus, il faudra réguler et bannir à long terme l’utilisation à outrance des pesticides dans certains domaines. En effet, ces produits chimiques déciment chaque année des millions d’abeilles.

Une pétition pour attirer l’attention de tous

Il faut donc agir pendant qu’il est encore temps et contraindre les multinationales de la biotechnologie à revoir leur copie. Il en va de la sauvegarde de la biodiversité.

C’est dans ce sens qu’un regroupement de scientifiques, de citoyens, de leaders d’associations, d’organisations de défense de la biodiversité ont lancé une pétition.

En outre, la pétition est adressée à Virginijus Sinkevičius, Commissaire européen à l’Environnement, aux Affaires maritimes et à la Pêche, à Stella Kyriakides Commissaire européenne à la Santé.

La Commission européenne et le Conseil européen sont également interpellés dans cette pétition. Chacun d’entre nous à le pouvoir de faire quelque chose. Le premier pas serait de signer la pétition qui est disponible via ce lien. Ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes. Pour finir, j’aimerais mettre en avant la célèbre citation de Rabelais qui disait ceci : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme« 


Thierno Souleymane Agne, l’agriculteur sénégalais qui a joué un grand rôle durant la Seconde Guerre mondiale

Voilà un peu plus de 76 ans que le monde avait basculé dans le conflit le plus sanglant et destructeur de l’histoire, la Seconde Guerre mondiale.

Cette guerre hideuse a montré la face la plus obscure de l’être humain et aujourd’hui, les reliques de ce conflit sont disséminées un peu partout dans le monde. Elles nous montrent que nous avons l’obligation de prêcher la tolérance et l’amour afin de pouvoir vivre ensemble.

Cette guerre a opposé les pays alliés (France, Grande-Bretagne, États-Unis, Russie) aux forces de l’axe (Allemagne, Italie, Japon). Dans les premières années du conflit, les forces de l’Axe avaient clairement pris le dessus.

La puissante Wehrmacht d’Hitler avait conquis de nombreuses zones de l’Europe et de l’Afrique du Nord. En ce moment là, la France et la Grande-Bretagne étaient à genoux, impuissantes face à la puissance de feu d’Hitler.

La Russie avait signé un pacte (qui va voler en éclat) de non-agression avec l’Allemagne et les USA étaient en mode observateurs non alignés. De 1940 à la fin 1943, l’Europe était sur le joug d’Hitler.

Le Führer s’était approprié la quasi-totalité des ressources des pays conquis. Pour essayer de mener la résistance, la France s’est largement appuyée sur ses anciennes colonies d’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Tout commence à Tambacounda

En effet, plusieurs pays ouest-africains ont grandement participé à l’effort de guerre en convoyant vers l’Hexagone, des denrées alimentaires, des ressources minières, des combattants.

Le Sénégal a notamment servi de socle pour le ravitaillement de la France. À cette époque, une personnalité hors du commun s’est distinguée par son sens de l’humanisme.

Il s’agit de Thierno Souleymane Agne. Né en 1891 à Gaol*, Thierno Souleymane Agne fut un grand guide religieux respecté de tous et un agriculteur de génie qui utilisait diverses méthodes de culture pour accroître ses rendements.

*village du Fouta Toroo, dans le Nord du Sénégal à la frontière de la Mauritanie, sur les rives du fleuve Sénégal,

C’est grâce à son petit-fils, qui lui aussi s’appelle Thierno Souleymane Agne, aujourd’hui à la tête de la remarquable entreprise Fraisen, spécialisée dans la production de la fraise au Sénégal, que j’ai pu avoir des informations sur la vie du légendaire agriculteur.

Thierno Souleymane Agne, deuxième du nom, CEO de l’entreprise Fraisen. Crédit Photo : Thierno Souleymane avec son accord pour utilisation

C’est dans la région de Tambacounda que Thierno Souleymane Agne s’est installé. Il s’y est imposé rapidement comme un très influent leader religieux, avec de nombreuses connaissances.

Le mythique agriculteur, deuxième à partir de la gauche aux côtés de la population de Tambacounda et des autorités coloniales. Crédit Photo : Thierno Souleymane Agne, le petit fils, avec son accord pour utilisation

Il possédait environ 300 000 hectares de terre cultivable, où il cultivait plusieurs variétés de céréales alimentaires.

Grâce à sa connaissance accrue du système de circulation de l’eau, Thierno Souleymane Agne arrivait à tirer tout le potentiel de ses terres sans les détériorer.

Ainsi, chaque année, ses récoltes étaient abondantes et toute la ville de Tambacounda bénéficiait de denrées de haute qualité.

L’apport inestimable de Thierno Souleymane Agne qui fut reconnu par le général De Gaulle

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclata et qu’au fil des soubresauts du conflit, la France s’est retrouvée menacée par la famine, Thierno Souleymane Agne a décidé de participer à l’effort de guerre.

Pendant toute la durée du conflit, l’agriculteur a mis à contribution ces immenses champs et ses abondantes récoltes pour un objectif précis. Contribuer non seulement à nourrir le peuple frère français et également assister ses frères (« tirailleurs sénégalais ») qui combattait au nom de la liberté.

Les autorités coloniales qui étaient en poste à Tambacounda ont très vite fait de collaborer avec Thierno Souleymane Agne.

Ce dernier jouait un rôle prépondérant dans la stratégie de guerre. À la fin du conflit, le Général de Gaulle a reconnu l’immense contribution de l’agriculteur.

Ce dernier a alors reçu de la part de l’ancien président français, la médaille de chevalier de l’ordre national du Lion, la Légion d’honneur, la médaille du sauvetage, qui est l’une des plus hautes distinctions que peut décerner l’État français à une personnalité.

Grâce à ses connaissances, son sens de l’humanisme, son intégrité Thierno Souleymane Agne est entré dans l’histoire de son pays en marquant de manière très positive son temps.

Il était plus qu’un leader religieux, il faisait en sorte que sa communauté se porte bien et sa renommée d’agriculteur a dépassé les frontières du Sénégal.

Pourquoi Thierno Souleymane Agne n’est pas mentionné dans l’histoire ?

Thierno Souleymane Agne est décédé en 1961 et il demeure éternel dans la ville de Tambacounda. Il va sans dire que les différents récits de la Seconde Guerre mondiale présentent de nombreuses insuffisances.

Ce sont des personnalités tels que Winston Churchill, Franklin Delano Roosevelt, Charles de Gaulle, Joseph Staline qui sont présentées le plus souvent comme ceux qui ont fait basculer l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

Il est bien vrai que ces illustres personnages ont joué leur partition, mais ils ne sont pas les seuls.

Dans l’ombre et dans la discrétion la plus totale, d’autres individus, grâce à leur audace, leur courage, leur intégrité ont permis de freiner la folie destructrice d’Adolf Hitler.

Parmi ces grands personnages, Thierno Souleymane Agne doit figurer en très bonne place.

Grâce à ses 300 000 hectares de terre, il a nourri pendant toute la période de la guerre un grand nombre de population aussi bien au Sénégal qu’en France.

Les autorités sénégalaises doivent réhabiliter comme il se doit cette illustre personnalité dans le panthéon des grands Hommes

C’est malheureux de constater qu’au Pays de la Teranga, l’histoire de Thierno Souleymane Agne ne soit pas enseignée dans les programmes scolaires.

Une très grande partie de la nouvelle génération n’est pas consciente qu’un de leur ancêtre a impacté à un moment donné de l’histoire, la marche du monde.

C’est une anomalie aberrante qui défie l’entendement.

Le tout puissant de Gaulle a eu l’humilité de rendre hommage à l’agriculteur. Mais au Sénégal, il n’y a pas trace d’hommage à ce grand homme, sauf peut-être à Tambacounda.

Voici un des maux de l’Afrique. Nous sommes incapables, la plupart du temps, de retracer et d’inscrire dans le marbre le parcours de nos héros et de nos grands Hommes.

En temps normal, différentes générations de populations africaines devraient s’approprier le parcours de ces héros africains.

Ce n’est que comme ça que l’on arrive à créer une communauté forte qui s’inspire des œuvres de ses descendants. Cela permet de se projeter efficacement dans le futur et impacter le monde.

Thierno Souleymane Agne, deuxième du nom, perpétue la vision de son grand père

Le petit fils de Tierno Souleymane Agne marche dans les pas de son grand-père grâce à Fraisen, qui est l’une des entreprises agricoles les plus dynamiques en Afrique de l’Ouest.

L’équipe Fraisen à l’oeuvre. Crédit Photo, Thierno Souleymane Agne avec son accord pour utilisation
L’héritage du grand père intemporel. Crédit Photo, Thierno Souleymane Agne avec son accord pour utilisation
La vision et l’audace est une norme chez les Agne. Crédit Photo Thierno Souleymane Agne

Le jeune homme possède également un parcours exceptionnel qui a fait de lui une référence dans le domaine de l’agriculture. C’est grâce à lui que j’ai pu échanger avec son père, El hadj Malick Agne, qui n’est autre que le fils de l’emblématique Thierno Souleymane.

Alors qu’il fût affaiblit par le poids de l’âge, El hadj Malick Agne a trouvé les ressources nécessaires pour me narrer ce pan mémorable de la vie de son père.

Malheureusement, il y a quelques semaines, El hadj Malick Agne est décédé. Il emporta avec lui les autres anecdotes de la vie de son père qu’il se préparait à me livrer.

Au cours de notre premier échange, il m’avait demandé de faire tout mon possible pour faire connaître le rôle que son père a eu à jouer durant cette période sombre (1940-1945) de l’histoire de l’humanité.

Je me sens donc comme un privilégié qui a eu la chance énorme de pouvoir discuter avec une véritable bibliothèque.

Il m’a investi d’une mission et j’ai désormais l’obligation de vulgariser autant que possible l’œuvre de Thierno Souleymane Agne.


Claver Yaméogo, l’ambassadeur du dessin animé made in Burkina Faso

L’Afrique est un continent exceptionnel qui regorge d’immenses potentialités. Généralement quand on veut mettre en avant le continent, on s’éternise sur son sous-sol riche.

On oublie très souvent la qualité des ressources humaines. En Afrique, il y a de l’audace, de la créativité, de l’ingéniosité.

Au quotidien, de nombreux jeunes aussi talentueux les uns que les autres font des merveilles dans des domaines où ils ne sont pas forcement attendu.

Ces jeunes offrent la meilleure version d’eux même et brisent de nombreux codes.

Claver Yaméogo est un jeune réalisateur et cinéaste burkinabè qui met en avant des courts et longs métrages typiquement africains.

Le jeune homme s’est notamment spécialisé dans la production de dessins animés qui montre l’Afrique dans toute sa splendeur.

Claver Yameogo réside aujourd’hui au Japon, le temple de l’industrie du dessin animé. Actuellement au Burkina Faso, Claver m’a fait l’immense honneur de m’accorder une interview.

Dans cet entretien, on va retracer son parcours, son amour pour le dessin animé, ses objectifs et ambitions.

Un parcours hors norme

Bonjour Claver, pouvez-vous vous présenter? Comment vous est venue cette passion pour le dessin animé ?

Je suis Claver Yameogo, réalisateur et cinéaste burkinabè. Je suis venu dans ce monde du dessin animé grâce à une formation en initiation en dessin animé de trois mois à l’institut IMAGINE de Mr Gaston Kabore.

La formation devait durer sur dix-huit mois, mais malheureusement par manque de fond la formation n’a pas pu se poursuivre.

Il y’avait des jeunes artistes africains venus de divers pays du continent comme le Mali, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée Conakry, le Cameroun , le Burkina Faso … on était formés, et certains, logés à l’institut IMAGINE.

Après la petite période de formation, tous les apprenants sont repartis dans leurs occupations et certains dans leur pays .

Moi qui avais démissionné de mon poste d’instituteur, j’ai donc décidé de réaliser un dessin animé vu que je ne pouvais plus repartir de là où j’avais démissionné pour demander à ce qu’on me réembauche de nouveau.

C’est là à l’institut IMAGINE que j’ai réalisé mon premier dessin animé dont le titre est Polo, sélectionné au FESPACO (Festival Panafricain du Cinéma de Ouagadougou) en 2009 et au festival Fantoche en Suisse.

Grâce à ce film d’animation, j’ai pu obtenir une place d’études à l’EMCA ( École des Métiers du Cinéma d’Animation) à Angoulême en France.

Le départ pour l’école en France fut difficile. Manque d’argent et de soutien financier, j’ai dû traîner un peu partout à Ouaga avec une lettre pour demander de l’aide afin de m’acheter un billet d’avion.

Réalisateur de dessin animé, ça ne court pas les rues au Burkina Faso, comment vous avez réussi a percé dans ce domaine ? Y a-t-il un cursus spécifique que vous avez emprunté ?

Il ne suffit pas de juste savoir dessiner pour pouvoir être un réalisateur de dessin animé. Il y’a un cursus spécifique à suivre. C’est l’apprentissage de notions et du principe de l’animation.

Claver et son équipe en plein travail de production. Crédit Photo: Claver Yaméogo, avec son accord pour utilisation

Les techniques d’animation des objets ou la stop motion. Ça peut être des objets découpés et animés ou des marionnettes animées.

La vieille technique d’animation 2D consiste à dessiner sur des feuilles calques des personnages ou des décors. Ce travail se fait sur une table lumineuse.

Aujourd’hui, la technique d’animation 3D est réalisée généralement par ordinateur sur un logiciel spécifique.

La technique d’animation 3D peut aussi se faire à partir de l’animation d’objets et d’une caméra numérique. Toutes ces techniques d’animation s’apprennent dans une école de dessin animé.

On a besoin de formateur en logiciels de dessins animés , de scénaristes, d’apprentissage en décoration, en mate paintings, en montage vidéo et audio, en storyboard et en création de personnages.

le déclic en Côte d’Ivoire

Il y a quelques jours, vous avez déclaré sur une chaîne de télévision locale que vous avez essayé d’implanter l’enseignement du dessin animé dans des universités au Burkina Faso. Mais cela n’a pas abouti. Selon vous, pourquoi les autorités universitaires n’ont pas donné une suite favorable à votre projet alors que vous avez proposé de l’exécuter gratuitement ?

Je pense que si les autorités universitaires n’ont pas donné suite favorable à mon projet, c’est certainement parce que leur programme était chargé.

Je suis venu avec un projet de formation en dessin animé en milieu d’année, c’est sûrement ça qui a empêché l’intégration de mon projet dans leur cours et programme académique.

Vous avez ensuite déclaré qu’après le refus au niveau du Burkina, vous avez rejoint la Côte d’Ivoire afin de proposer votre projet. En Eburnie, vous direz que les autorités universitaires ont adhéré au projet. Qu’est-ce qui a poussé les autorités ivoiriennes à vous faire confiance ?

Quand je suis arrivé en Côte d’Ivoire, j’ai d’abord mis du temps avant de me lancer dans l’enseignement.

Il fallait que je sache d’abord les programmes d’enseignement des universités dans lesquels je souhaitais déposer mes propositions de formation.

Ce que je n’ai pas pensé faire à Ouagadougou dans la première tentative au Burkina.

Les dirigeants de ces écoles ivoiriennes n’ont pas tout de suite adhéré à mon projet.

Ils l’ont lu dans un premier temps puis m’ont par la suite contacté afin de discuter sur la faisabilité et savoir pourquoi je proposais une formation gratuite.

La situation était pareille, mais je peux dire que les dirigeants des écoles en Côte d’Ivoire m’ont donné la chance de montrer ma capacité.

La volonté d’enseigner le cinéma d’animation, d’initier le maximum de jeunes dessinateurs africains dans ce milieu cinématographique encore inconnu en Afrique de l’Ouest.

Le but c’est de permettre à la jeune génération africaine de raconter les contes, les légendes et les histoires africaines au monde.

Ce sont tous ces constats qui me motivent à démontrer mes capacités à enseigner à respecter mes engagements.

J’avais le même programme détaillé explicite avec trois niveaux de cours. Les directions de ces universités ont décidé de me laisser essayer un cours, puis deux cours par semaine ensuite trois cours par semaine…

Un travail de fond est réalisé au quotidien. Crédit Photo: Claver Yaméogo avec son accord pour utilisation

Quels sont les résultats que vous avez pu engranger en Côte d’Ivoire ?

J’ai été satisfait des résultats des cours que j’ai obtenus avec mes étudiants en Côte d’Ivoire.

Les étudiants étaient totalement captivés par mes cours au point que les étudiants d’autres filières venaient remplir la salle de classe où j’enseignais.

Les étudiants ont totalement adhéré à mes cours et il n’y avait pas d’absentéisme.

On n’avait pas tout le matériel nécessaire pour délivrer les cours, pourtant des projections de films et des débats étaient nécessaires. J’ai dû acheter un projecteur par manque de matériels.

J’avais divisé ma salle en groupe de sept étudiants et chaque groupe avait un projet d’animation à réaliser tel était le but.

C’était un gros travail de concentration. Les étudiants participaient avec enthousiasme.

Ils disaient que ce genre de cours où on fait un film à la fin est nouveau et intéressant. Ils étaient contents de connaître les secrets du dessin animé.

Le Japon, temple du dessin animé

Vous vous êtes installé plus tard au Japon. Ce pays est reconnu de par le monde entier pour ses productions de dessins animés. C’était une évidence pour vous de vous installer au Japon ? On doit bien se douter que l’approche du dessin animé et notamment des « Mangas » est tout autre au pays du soleil levant ? Vous avez dû côtoyer ce qui se fait de meilleur en termes de dessin animé ?

Au Japon là où je vis avec mon épouse japonaise, c’est un monde à part. L’animation fait partie de leur culture. Les magasins, les rues et les transports en commun sont décorés de dessins animés.

Le Japon est le monde par excellence du dessin animé. Les studios d’animations ont encore de beaux jours dans le pays. Moi j’ai mon petit studio « Africartoons Studio » que j’ai aménagé chez moi.

Je travaille sur des projets personnels comme Tapis Vert, YENNENGA, FALTA, Les Aventures de Soamba… à mon rythme.

De temps en temps je rencontre des professionnels et j’ai travaillé plusieurs fois avec des universités et des professeurs pour faire des conférences ou des projections des films.

Je souhaite montrer au monde que c’est possible de voir des dessins animés africains, faits par des Africains avec des contes et légendes africaines

Claver dans une Université au Japon pour faire connaître aux étudiants nippons l’approche du dessin animé typiquement burkinabè. Crédit Photo: Claver Yaméogo, avec son accord pour utilisation
La princesse Yennenga. Crédit Photo: Claver Yaméogo

Justement, vous avez mis sur pied Africartoons Studio, pouvez-vous nous dire comment fonctionne cette structure ?

Africartoons Studio fonctionne notamment avec les appels d’offres des ONG comme Amnesty International, Save The Childen ou Child Friendly Reports avec des illustrations et des réalisations de dessins animés.

logo officiel d’Africartoons Studio, Crédit Photo: Claver Yaméogo avec son accord pour utilisation

Votre travail fait régulièrement l’unanimité au niveau international. Vous avez notamment fait très fort avec le cartoon « Tapis Vert » consacré à Yacouba Sawadogo, le prix Nobel alternatif. Peut-on dire que c’est votre manière de rendre hommage à ce grand homme.

Mon dernier film « Tapis vert » qui vient d’avoir la mention spéciale développement durable au Festival Vue d’Afrique à Montréal est un film d’animation sur Monsieur Yacouba Sawadogo.

Ce dessin animé permet à tout le monde, surtout aux enfants de comprendre plus facilement comment Monsieur Sawadogo a pu créer une grande forêt dans le désert.

Faire comprendre ce que c’est « le zaï » et en quoi il consiste, de savoir aussi que c’est une technique de culture ancestrale. J’ai tenu à faire ce film en dessin animé pour mieux expliquer les étapes du zaï.

Tapis Vert, hommage à Yacouba Sawadogo, Crédit Photo: Claver Yaméogo

Pouvez-vous nous faire un petit bilan des dessins animés que vous avez produit jusqu’à présent ? Sur quelle plateforme peut-on les visionner ? Qu’est-ce que vous souhaitez montrer à travers vos œuvres ?

Si je fais un bilan depuis mes débuts, je peux dire que je ne suis pas très satisfait du travail que j’ai abattu et je pense être capable de mieux faire, de faire plus grand pour représenter mes frères burkinabè et africains en général.

J’ai eu la chance d’aller avoir de la connaissance ailleurs et je souhaite en donner à un grand nombre de mondes ici chez nous. Quelques-uns des films sont visibles sur YouTube.

Crédit Photo: Claver Yaméogo

Je souhaite montrer au monde que c’est possible de voir des dessins animés africains, faits par des africains avec des contes et légendes africaines.

L’Afrique a tellement d’histoires intéressantes et pleines de sagesses à raconter au monde.

Le Burkina a tout a gagné avec les dessins animés

Il ya quelques années, votre projet n’a pas été accepté au Burkina. Qu’en est-il aujourd’hui ? Est-ce que vous avez tenté une nouvelle approche ?

J’ai arrêté de demander de l’aide et je n’ai pas non plus tenté une nouvelle approche.

J’ai décidé de travailler plus dur. Je fais de mon mieux pour réaliser plus de films qui racontent des histoires africaines.

Je fais ce que je peux faire, et les collaborations viendront après.

Crédit Photo: Claver Yaméogo

Qu’est-ce que l’industrie du dessin animé peut apporter au Burkina Faso ? Est-elle créatrice d’opportunités pour les jeunes ?

Le dessin animé crée du boulot. Une équipe de production d’une série de dessin animé peut avoisiner 100 personnes au plus.

C’est un travail d’artistes, de designers, d’animateurs, de décorateurs, de conteurs… il permet l’expression des dessins et de raconter ce que l’on ne peut pas raconter dans le cinéma de fiction.

Le dessin animé coûte plus cher en production parce que la réalisation demande beaucoup d’argent et une grande équipe.

Les personnages, les décors, les voix des personnages, la couleur du film et l’animation sont entièrement créés par des équipes qui sont sous la surveillance stricte d’un chef d’équipe ou d’un superviseur.

Pour réaliser une seconde de dessin animé, on a besoin de faire 24 ou 25 dessins.

Ça prend beaucoup de dessins pour réaliser le mouvement d’un personnage en dessin animé.

Le dessin animé permet de développer l’industrie du cinéma, favorise le développement de l’emploi chez les jeunes.

Les artistes et non artistes peuvent travailler ensemble.

De plus nous avons la possibilité de mieux raconter nos contes et légendes africaines à nos enfants et au monde.

Au Burkina Faso, cela va permettre de développer notre culture et d’avoir notre propre industrie de dessin animé comme ce qui ce fait dans le reste du monde.

Crédit Photo: Claver Yaméogo

De nombreux jeunes burkinabés ont grandi avec des dessins animés emblématiques japonais comme Dragon BallZ, les Chevaliers du Zodiaque, Nicky Larson, Olive et Tom, Street Fighter. Peut-on rêver qu’un jour des cartoons burkinabés impactent aussi le monde ?

Oui ! C’est possible de rêver d’ailleurs les burkinabè le font déjà avec les dessins animés que je réalise.

J’ai vu la réaction des gens pendant les projections de mes films au FESPACO, les nombres de vues sur ma chaîne YouTube, les commentaires encourageants des spectateurs après avoir su que je suis un burkinabè.

Le dessin animé burkinabè aura un impact sur le monde parce que bon nombre de nos contes, de nos légendes et nos histoires sont toujours inconnues du reste du monde.

Les burkinabè ont déjà accepté le FESPACO et le SIAO (Salon International de l’Artisanat de Ouagadougou).

Ils ont aussi accepté la SNC (Semaine Nationale de la Culture) à Bobo Dioulasso. Les burkinabè aiment le théâtre et le cinéma.

Ils aiment aussi la danse et la musique donc ils seront sûrement impactés et fascinés par le monde des cartoons.

Comme leur culture ou comme leur tissu Faso Dan Fani, le dessin animé burkinabè aura son impact.

Si vous avez un message à livrer à l’endroit des premières autorités, ça sera lequel ?

Si j’ai un message à livrer à l’endroit des premières autorités du pays, c’est déjà de les remercier pour ce qu’ils ont déjà fait et font pour ce pays.

Je vais profiter aussi leur demander se pencher davantage avec du soutien financier au secteur de l’art et du cinéma au Burkina.

Je leur demande aussi de nous aider à mettre en place une école de beaux-arts dans l’une des grandes villes du Burkina.

Une école qui regroupe toute les disciplines artistiques comme le dessin, l’architecture, la photo et la caméra, le montage vidéo et audio.

Les effets spéciaux ou VFX, l’apprentissage du jeu d’acteur, la peinture africaine, la danse, la musique traditionnelle et moderne, l’artisanat.

Cette école sera le point focal des artistes vivants dans le pays et hors du pays. Un Institut des beaux-arts avec un standing purement africain.

Le Burkina Faso et l’Afrique possèdent d’excellents artistes qui seront fiers de donner des cours. Aux autorités, de nous aider à mettre en place cette école.

Il faut aussi accorder des bourses d’études aux étudiants ayant un niveau élevé afin qu’ils puissent se perfectionner ailleurs.

Nous aurons eu en 10 ans, une nouvelle génération de créateurs d’emplois. Une plus valu énorme.

« les acteurs Souké et Siriki qui sont d’ailleurs des amis sont des personnages réalisables en dessine animé »

Le meilleur reste à venir

Quels conseils pouvez-vous donner à ces jeunes qui souhaitent marcher dans vos pas ?

Aux jeunes qui souhaitent marcher dans mes pas, je leur dirais que le chemin est long. Il est plein d’embûches et de faux plans.

Il y aura des nuits d’insomnies, des moments de galère et de confusion. Des moments d’abandon et de rejets, même dans sa propre famille. Des mauvaises langues et des moqueries.

Vous allez avoir des moments de solitude parce que vous avez choisi un métier considéré comme infantile et pas sérieux.

Si vous avez vraiment de la détermination et du courage, foncez ! L’impossible est réalisé par ceux qui font l’invisible.

Quand vous êtes le seul à croire en votre rêve même votre ombre devient pour vous un obstacle.

Vous aurez faim, vous n’aurez pas d’argent.

Vous allez avoir honte de demander surtout quand tous vos camarades ont réussi et pas vous.

Ne les donnez pas raison de douter de vous. N’abandonnez jamais vos rêves. C’est un vécu et pas un conseille.

Quels sont vos projets à court, moyen et long terme ?

Mon projet à court terme c’est de finir mon dessin animé « YENNENGA » la genèse de l’empire des Mossé du Burkina Faso.

C’est la deuxième et dernière partie de ma bande dessinée sur la princesse et mère de OUEDRAOGO, ancêtre des Mossi*.

La première bande dessinée n’est pas encore publiée, car je recherche toujours un éditeur d’ailleurs.

Mon projet à long terme c’est la création de cette école de beaux-arts au Burkina Faso et de pouvoir donner des cours de dessins animés.

Par la suite mettre en place une filière cinéma ici à Ouagadougou et de continuer à réaliser mes dessins animés comme je le fait actuellement.

* Mossi : il s’agit de l’ethnie majoritaire du Burkina Faso qui a un ford ancrage dans le Centre du pays

Cher Claver, j’ai un fantasme ou plutôt un souhait à vous soumettre. Les acteurs Souké et Siriki de la mythique série les Bobodiouf ont comblé de bonheur des millions de burkinabés et d’africains. Serait-il possible de faire découvrir le style de ces deux légendes à travers différents cartoons élaborés par vos soins ?

https://www.youtube.com/watch?v=zLUBd11ZoeI

Oui je pense que les acteurs Souké et Siriki qui sont d’ailleurs des amis sont des personnages réalisables en dessine animé.

Leurs caractères drôle et amusant font d’eux des personnages parfaits pour une série de dessin animé. Ça sera plus intéressant d’avoir leur propre voix, donnée à la voix des personnages animés.

Si toutefois nous avons une production, oui je suis capable d’en faire un dessin animé.

Je vous remercie!

Claver YAMEOGO.

Chaîne Youtube: AFRICARTOONS STUDIO

Chaîne YouTube: CLAVER YAMEOGO

Crédit Photo: Claver Yaméogo


Etre innovateur, c’est quoi ?

L’innovateur, l’inventeur et le concepteur partagent une personnalité qui sort généralement de l’ordinaire. La plupart du temps, ce sont des personnes qui ont une vision.

Elles ont une idée, un processus en tête qu’elles essayent de matérialiser. L’innovation consiste à apporter quelque chose de nouveau. Proposer une nouvelle approche qui va déboucher sur quelque chose de très satisfaisant.

À première vue, on peut penser que pour être considéré comme inventeur ou innovateur, il faut absolument bousculer les codes afin de proposer une norme révolutionnaire.

Même si cette pensée a sa part de vérité, il faut reconnaître que tout individu à un côté innovateur en lui.

Quel est le profil de l’innovateur ?

Ne vous est-il pas déjà arrivé de vouloir faire les choses autrement, de tester de nouveaux protocoles et d’agir à contre-courant des normes ? Ce sentiment, nous l’avons tous au fond de nous.

Autre point, dans les consciences collectives, l’innovateur est celui qui vit dans un milieu hyper carré où les différents théorèmes de Pythagore, les lois de Newton et d’Einstein se bousculent.

Les innovateurs, on peut les retrouver dans des domaines tels que l’artisanat, la peinture, la sculpture, le bricolage. Il faut cependant reconnaître une chose. Les innovateurs ont des traits de caractère assez caractéristiques.

Ils sont naturellement atypiques, introvertis et la plupart du temps, mal à l’aise avec les structures rigides. Mais là encore il ya quelques surprises.

Pour libérer leur génie, des innovateurs décident d’avoir une attitude extravertie qui sort complètement du lot avec des réflexes empreints de folklore.

On peut être amené à dire que cet ensemble psychologique permet d’avoir une vue d’ensemble des choses et de déceler le petit détail, là où un individu « normal » ne verrait que du feu. À propos du trait de caractère, voici ce qu’en pense un innovateur :

« Je perçois mon intuition comme une sorte de déduction instantanée, entre autres, par les connaissances et l’expérience qui se trouvent à la fois dans ma mémoire vive et dans ma mémoire inconsciente »  

Univers surdoué, Tanya Izquierdo Prindle, P 111

Toujours aller au delà

Les innovateurs essayent de se remettre chaque fois en cause, ils ne tiennent rien pour acquis. La transformation est une seconde nature chez eux, la routine est leur pire ennemi.

Il faut aussi savoir que l’innovateur ne part pas toujours de rien. Il lui arrive d’améliorer ou de perfectionner une idée, une invention ou une technique qui existe déjà.

Voici là un autre trait de caractère de l’innovateur, son instinct. En voulant améliorer une technique qui existe déjà et qui est performante.

L’inventeur souhaite repousser les limites et aller voir ce qu’il ya au-delà de la performance. Marquons à présent un arrêt sur la maxime suivante :

« L’innovateur ne voit pas ses inventions comme un aboutissement mais comme un processus qui doit permettre de déboucher sur une évolution significative »  

Cette phrase résume à elle seule, la vision de l’inventeur. Ce dernier est à la recherche perpétuelle de quintessence. Il souhaite livrer la meilleure version de lui-même à la société pour que celle-ci puisse aller de l’avant. En général, l’innovateur n’est pas à la recherche de gloire et de richesse.

L’esprit d’innovation n’est pas figée

C’est vrai, ses inventions vont lui rapporter de la reconnaissance et ces créations seront brevetés et produits à grande échelle.

Cependant, l’innovateur ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Il a une vision infinitésimale et en aucun cas ses inventions ne peuvent être considérées comme un aboutissement.

L’innovateur est comme une sorte d’Houdini, la seule différence avec le magicien est la suivante. L’innovateur ne se contente pas de vendre l’illusion.

Par conséquent, il trouve un processus pour matérialiser l’illusion et en faire quelque chose de concret. Voici ce que pense un innovateur anonyme :

« Une invention réussie est l’aboutissement d’une réflexion prolongée, suivie d’une foule de petites innovations et de petites améliorations, résultat de la patience d’innovateurs demeurés fidèles et attentifs à leur projet tant et aussi longtemps qu’il y a possibilité d’amélioration »

Innovateur anonyme

Il n’y a pas meilleure explication venant de la part d’un principal concerné. Pour mieux cerner le sujet et apporter plus de profondeur, ce texte peut servir de cadre de discussion. En effet, il propose l’élaboration d’une feuille de route propre au domaine de l’innovation.