Amos Joel Yohane Traore

Notre société crée ses propres « Monstres »

Notre société est extrêmement agressive. Malgré des conditions de vie proches de la perfection, environ 4 milliards de personnes ont été tuées pendant ces cinq mille dernières années. L’être humain a déclenché pas moins de quinze mille conflits armés. Nous avons détruit nos ressources naturelles, exterminé notre faune et notre flore à tel point que le pronostic vital de notre planète a été enclenché. Le monde d’aujourd’hui fait peur, oui il fait peur car que nombreux humains sont en train de perdre leur humanité. Aux quatre coins du monde, des Hommes basculent chaque jour vers un côté très sombre qui les transforme et qui fait d’eux des prédateurs pour leurs semblables.

Durant ce processus de transformation, ces prédateurs font ressortir la noirceur de l’âme humaine démontrant ainsi que l’humain est sans doute l’être vivant le plus dangereux du règne animal confirmant ainsi la celebre citation de Thomas Hobbes: « L’Homme est un loup pour l’Homme » Dans la plupart des cas, ces prédateurs ne naissent pas prédateurs, ils basculent généralement lorsque dans le milieu où ils vivent, devient hostile à leur égard.

Le jour où tout a basculé

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du cas de , Rolando Mendoza du nom de cet ancien officier de police philippin, qui a été en 2010, l’auteur d’une effroyable prise d’otages à Manilles, la capitale des Philippines. Le 23 août 2010, un bus transportant des touristes a été pris en otage par Rolando Mendoza. Dans ce bus, se trouvaient une vingtaine de touristes hongkongais. Le preneur d’otages, muni d’un fusil d’assaut (M16) s’appelait Rolando Mendoza, un ancien officier de police qui était respecté de tous.

Rolando Mendoza était considéré dans son pays comme l’un des officiers de police les plus intègres. Durant toute sa carrière, il a mené un combat sans relâche pour lutter contre l’injustice, la corruption, le népotisme et toutes les autres tares qui gangrènent la société Philippine. Ce 23 août 2010, le monde entier a été témoin de cette prise d’otages qui a fait le tour des télévisions. Dans le centre-ville de Manille, un bus qui transportait des touristes venant de Hong Kong était garé près d’un car. Les touristes contemplaient la richesse culturelle de la ville de Manille, ils étaient loin de s’imaginer que leurs vies allaient bientôt basculer.

Rolando Mendoza fait irruption dans le bus et prend en otage tous les occupants du bus. Au début, l’ancien officier de police ne voulait faire aucun mal aux touristes, mais l’attitude des autorités de la ville et des premiers responsables de la police ont conduit Rolanzo Mendoza à perpétrer un véritable carnage. Qu’est-ce qui a donc pu pousser cet homme vertueux, qui aimait par-dessus tout son travail, qui s’élevait à tout moment contre l’injustice et l’impunité à commettre un tel acte ? Eh bien c’est la cupidité de certains hommes qui ont transformé l’ex inspecteur Mendoza.

En 2008, Rolando Mendoza a été radié des forces de police, il fut accusé de vol, d’extorsion et d’infractions liées à la drogue. À cette époque, l’ancien policier enquêtait sur une grosse affaire de corruption qui allait éclabousser de nombreux hauts gradés de la police. Mendoza avait la réputation d’être un homme incorruptible, il fut soumis à toutes sortes de pressions pour abandonner son enquête mais il n’a jamais flanché.

Plus rien à perdre

Pour le faire taire, des responsables de la police ont décidé de ternir l’image de Rolando Mendoza et le meilleur moyen c’était de faire accuser l’ex officier de tous ce qu’il a combattu pendant sa vie. Accusé à tort, Mendoza fut renvoyé de la police, considéré comme un paria il fut abandonné par ses collègues qui pourtant savaient très bien qu’il était victime d’un complot. Livré à lui-même, se sentant trahi, dégoûté et humilié, Rolando Mendoza est passé du côté obscur.

Le 23 août 2010, lors de sa prise d’otage, l’officier de police ne voulait qu’une chose, être réintégré dans les rangs de la police et continuer à faire ce qu’il a toujours aimé faire, lutter contre l’injustice. Les responsables de la police ont été mis au courant des revendications de Mendoza malheureusement ils ne les ont pas prises aux sérieuses. La prise d’otages a duré de longues heures. L’ancien officier de police a indiqué aux négociateurs qu’il a été victime d’un complot et a livré la liste des gradés trempés dans les affaires de corruption découlant de son enquête qui lui a valu sa radiation.

Posons nous les bonnes question et agissons avec notre humanité

Avec cette liste, Rolando Mendoza voulait prouver que ce n’était pas lui le méchant, il voulait donc retrouver son statut d’inspecteur de police. Son message n’a pas été attendu et se rendant à l’évidence qu’il n’allait jamais obtenir gain de cause, il a exécuté la quasi-totalité des touristes du bus, un véritable carnage. Il y a eu 10 survivants et Rolando Mendoza fut abattu par les forces spéciales philippines au cours d’un assaut. Ce 23 Août, Rolando Mendoza était assailli par toutes sortes de ténèbres.

Les médias sur place ont aussi contribué en grande partie au dénouement tragique de cette prise d’otages. Rolando Mendoza fut présenté par les journalistes philippins comme un vieux policier désorienté qui ne jouissait plus de toutes ses facultés mentales. Sans chercher à comprendre le fond du problème, les médias ont catalogué Rolando Mendoza comme un psychopathe qu’il fallait abattre à tout prix. Il faut dire que les hauts gradés de la police qui se trouvaient sur la liste de corrompu de Mendoza, ont manœuvré auprès des médias pour que l’ancien officier de police soit considéré comme l’ennemi public numéro 1. La stratégie a très bien fonctionné puisque Rolando Mendoza est mort avec les conclusions de son enquête. Les médias sont le reflet de notre société actuelle prompt à choisir ses héros et ses bourreaux. Il ya quelques années, Malcom X disait ceci: « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment »

L’histoire de Rolando Mendoza fait froid dans le dos et nous démontre que notre société peut être très cruelle. La question que je me pose est la suivante: combien ya t-il de cas ressemblant à celui de Rolando Mendoza dans le monde? combien de personnes frustrées, abandonnées à elles-mêmes sont prêtes à se radicaliser et commettre des actes ignobles. Nous sommes tous, sans exception de potentiels Rolando Mendoza. Notre société a mis à notre portée tous les outils nécessaires pour que nous devenons de véritables prédateurs.

Au lieu de chercher à soigner ces cœurs brisés, notre société érige la plupart du temps des barrières, de grands murs pour mettre de côté ces hommes et ces femmes qui ont été victimes de la perversité du système dans lequel on vit. Il y a péril dans la demeure et il faut revoir les choses au plus vite. Nous devons écouter les cris de désespoir des âmes peinées aux quatre coins du monde, nous devons venir en aide à ces âmes qui ne veulent qu’un peu de compassion à leur égard. Comme le disait Nelson Mandela, aucun être humain ne vient au monde avec de la haine et de la rancœur dans son cœur. Il est plus facile d’apprendre à aimer que d’apprendre à haïr.

Le 23 août 2010, on aurait pu éviter cette tragédie, si le cri de détresse de Rolando Mendoza avait été entendu. L’ex-officier a été abandonné par tous, ceux en qui il avait le plus confiance l’ont trahi. Dès lors, il a réveillé son instinct de survie et la bête qui sommeillait en lui à pris le dessus. Imaginons un seul instant, si un responsable de la police Philippine avait eu une oreille attentive au message de Mendoza, ce dernier allait se sentir compris et le cours des événements allait être tout autre. L’humanité tout entière est aujourd’hui confrontée à un défi de taille à savoir le défi de retrouver son humanité. Si nous n’engageons pas ce processus rapidement, nous courrons à notre perte avec une auto-destruction programmée.


Parlons digital au Burkina Faso avec Ounteni Ouoba

L’Afrique a manqué un rendez-vous crucial avec la révolution industrielle, ce qui a considérablement impacté son processus d’industrialisation. Une autre révolution, qui a débuté au détour des années 2000, a changé la face du monde : il s’agit de la révolution numérique. Malgré de nombreuses contraintes, l’Afrique met tout en œuvre pour ne pas louper ce nouveau rendez-vous. La pandémie du Covid-19 est venue conforter le processus de digitalisation de notre société, où le tout numérique est devenue omniprésent. Les multinationales les plus puissantes du monde évoluent dans le secteur du numérique et leur influence ne fait que s’accroître avec le temps.

L’Afrique représente un très vaste marché pour ces « monstres » du numérique et malheureusement, le continent possède un grand retard en ce qui concerne l’économie numérique. Pour la rédaction de ce billet, monsieur Ounteni Ouoba, ingénieur de Conception en informatique, spécialiste en digitalisation au Burkina Faso, nous fait l’honneur de nous accorder un entretien. Le jeune e-entrepreneur est un visionnaire ambitieux qui a mis au point des plateformes et des applications qui cassent de nombreux codes dans le secteur du numérique au Burkina Faso. Dans cet entretien, il nous parle de son parcours, de la place du digital au Burkina Faso, de son travail pour faire émerger dans la durée le commerce en ligne et de ses projets pour l’avenir.

Monsieur Ounteni Ouoba, merci pour le temps que vous m’accorder. Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis Ounteni T. Cyrille OUOBA, spécialiste en digitalisation. Par ailleurs, je suis gérant de la société RIGO, qui est spécialisée dans le génie logiciel et la digitalisation, et de la société MONDJOSSI, qui est une fintech œuvrant dans la mise en relation prestataire-client et l’inclusion financière via le digital. Ma formation académique a essentiellement tourné autour de l’informatique. En fait, je suis titulaire d’un BTS en informatique industrielle et maintenance et d’un diplôme d’ingénieur de conception en informatique.

L’application « mondjossi », qui permet à de nombreux professionnels de proposer leurs services au public burkinabè – Crédit Photo : Ounteni Ouoba, avec son accord pour utilisation
mondjossi, téléchargeable sur Google play et App store
Crédit Photo : Ounteni Ouoba, avec son accord pour utilisation

Quel regard portez-vous sur le processus de digitalisation au Burkina Faso et en Afrique en général ?

Malgré le fort taux de pénétration du téléphone portable sur le continent, il faut reconnaitre que jusqu’à présent, nous restons de gros consommateurs de plateforme conçue, développées et hébergées ailleurs que sur le continent. C’est dire qu’il y a pas mal de travail à faire. La forme de digitalisation la plus répandu est celle des paiements mobiles, surtout en USSD, qui est très bien maitrisée par les populations pour envoyer et recevoir de l’argent. Le secteur de la consommation des biens et services via le digital balbutie encore dans la plupart des pays du continent dont le BURKINA FASO.

Vous avez développé et mis sur le marché des applications et des plateformes innovantes telles que Rigo Faso et Mondjossi. Quels sont leurs particularités et qu’est ce que ces applications apportent au public burkinabè ?

Nos plateformes sont conçues pour répondre aux besoins spécifiques de nos populations. Dès le départ, l’idée pour nous a été de s’appuyer sur le digital pour commercialiser au-delà de nos frontières, mais aussi à l’intérieur du pays, les produits transformés sur place. Ainsi, sur notre plateforme de vente en ligne, nous avions fait l’option de ne vendre que des produits burkinabè et africains, parce que ces produits manquent cruellement de visibilité, ce qui ne facilite pas leur accès. En ce qui concerne nos logiciels, ils sont conçus et développés en tenant compte des besoins réels et spécifiques des entreprises de l’espace de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine).

Le meilleur des produits burkinabè est à retrouver sur l’application Rigo Faso
Crédit Photo: Ounteni Ouoba
Variétés de vin made in Burkina Faso à retrouver sur Rigo Faso
Crédit Photo: Ounteni Ouoba
Ounteni Ouoba lors de la présentation de Rigo Faso
Crédit Photo : Ounteni Ouoba, avec son accord pour utilisation

Le commerce en ligne constitue aujourd’hui une gigantesque activité, qui génère des milliards de dollars. Est-ce que le Burkina Faso arrive à se tailler une petite part dans cet énorme gâteau ?

En toute honnêteté, pas vraiment. Du reste, c’est à l’image de toute l’Afrique. A l’horizon 2040, selon les prévisions, 95 % du commerce mondial se passera en ligne (la pandémie de la Covid-19 nous en a donné un aperçu). Mais encore une fois, l’Afrique peine à prendre sa place pour diverses raisons, parmi lesquelles la lenteur du politique pour prendre des décisions fermes dans ce sens, à l’exception de quelques pays comme le Rwanda ou le Kenya. D’autres facteurs tels que les moyens de livraison hors du continent et la difficulté de recevoir des paiements venant hors d’Afrique, directement sur les sites marchands africains, pénalisent le continent.

L’expédition de petits paquets vers les autres continents demeure encore très cher. Ensuite, le manque de confiance en la sécurité des transactions amène les opérateurs de paiement en ligne à ne pas vouloir traiter ce type d’opération en direction du continent. Pourtant, quand on parle de commerce électronique, c’est la mise en synergie de tous ces acteurs (site marchand, paiement, livraison) qui permet de faciliter les achats de la clientèle. Nous devons donc réussir à créer un marché africain en ligne, et cela est possible parce que nous avons une population jeune et de plus en plus « digital-alphabétisée« .

Au Burkina Faso, les autorités sont beaucoup plus focalisées sur l’exploitation des ressources minières. Vous faites partie de cette catégorie d’entrepreneurs qui estiment que le Burkina Faso peut tirer son épingle du jeu grâce à une bonne politique de digitalisation, adaptée aux réalités du pays. Vu le faible taux d’accès aux services internet dans le pays, est-ce que le secteur du numérique peut constituer une vraie source de revenus pour les caisses de l’Etat ?

Absolument. Observez une chose : dans le cadre du suivi des carrières des fonctionnaires par exemple, le seul moyen de poursuivre son dossier, c’est de se déplacer en général dans le ministère de tutelle situé à Ouagadougou. Alors, prenez le cas d’un enseignant qui est obligé de régulariser sa situation, il sera fréquemment amené à abandonner ses élèves pour aller voir où en est son dossier. A cela, il faut ajouter le risque sécuritaire que ce dernier encoure s’il est dans une zone d’insécurité, dû au terrorisme. Vous imaginez aisément ce que le pays perd sur le long terme. Ensuite, si l’on facilite l’e-entreprenariat des jeunes, avec un cadre réglementaire flexible, c’est sûr que c’est également une niche fiscale qui va se dégager.

Par ailleurs, lorsque l’on parle de digitalisation, les gens ont tendance à voir la mise en place des sites web et des applications mobiles. Or, la digitalisation de nos jours va bien au-delà et intègre ce qu’on appelle l’intelligence artificielle, qui peut aider le pays à optimiser ses investissements dans pas mal de secteurs. Imaginez que l’on puisse prédire les besoins exacts en carburant, en fourniture de bureau et autre de chaque ministère et ses démembrements, en décelant en amont automatiquement toutes les demandes infondées ? Il s’agit là d’une digitalisation qui permettra de réguler les dépenses.

Est-ce que vous travaillez avec les autorités en vue de mettre à disposition vos talents et votre expérience pour faire prospérer une économie numérique ?

Oui, à chaque fois que sommes sommes sollicités. Il y a la Direction du commerce électronique avec qui nous travaillons beaucoup sur la question.

Ounteni Ouoba lors de la signature d’un accord de partenariat avec la Chambre des métiers du Burkina Faso.
Crédit Photo : Ounteni Ouoba, avec son accord pour utilisation

Votre travail a été reconnu par différentes distinctions. Pouvez-vous nous en dire plus sur ces distinctions ? 

En 2010, nous avons été primés à la Semaine nationale de l’Internet, pour notre logiciel de gestion commerciale WARIKO, qui est aujourd’hui à sa version 2.1. Lorsque la pandémie de la Covid-19 a débuté, nous avons vite fait de consacrer une partie de la plateforme de mise en relation MONDJOSSI, pour permettre aux agents de santé de prendre rapidement en charge les personnes qui demandaient assistance, afin de désengorger le centre d’appel qui commençait à saturer. La plateforme a été primée pour cela à l’Innov’Challenge Covid-19, organisé par le Ministère de l’économie numérique et des postes, appuyé par le PNUD et UNCDF. Les applications sont téléchargeables sur Playstore et App store (Mondjossi Client et Mondjosssi Agent).

Sur le plan national, vous menez régulièrement des campagnes et des ateliers de formation pour outiller les jeunes burkinabè quant aux avantages du numérique. Avec cette démarche, avez-vous pour ambition de former une nouvelle génération d’entrepreneurs burkinabè ?

Oui, c’est un rêve que je nourri depuis longtemps. J’espère, à terme, amener la jeunesse burkinabè à ne plus être seulement des consommateurs d’outils numériques venant d’ailleurs mais à être également des producteurs à l’image des géants de l’Internet (Facebook, Amazon, Alibaba, etc.).

Ounteni Ouoba lors d’une séance de formation au profit des jeunes.
Crédit Photo : Ounteni Ouoba, avec son accord pour utilisation
Séance de formation à Bobo-Dioulasso.
Crédit Photo : Ounteni Ouoba

Quels sont vos projets à court, moyen et long terme ?

A court et moyen terme, nous travaillons à vulgariser le digital et surtout nos plateformes au sein des populations, afin qu’elles adhèrent pleinement et qu’elles les intègrent dans leur quotidien. Pour nous, trouver un plombier ou un dentiste proche de chez soi et prendre rendez-vous ne doit plus être une question de bouche à oreille, mais plutôt de quelques clics. A long terme, notre Fintech va se spécialiser dans le financement des projets des jeunes, surtout ceux orientés digital. Les plateformes sont en court de tests.

Avec son ambition, sa détermination et ses compétences, Ounteni Ouoba est un exemple de réussite qui montre que le Burkina Faso peut faire du digital un puissant levier pour son développement. Le jeune e-entrepreneur ne se fixe aucune limite et c’est réconfortant de constater que le pays des Hommes Intègres peut compter sur des cerveaux qui étudient de nouvelles pistes et élaborent des stratégies innovantes pour l’épanouissement des populations. En ce qui concerne le volet socio-économique, le Burkina est confronté à d’énormes défis, et nul doute que le secteur du numérique peut constituer une alternative viable pour l’essor du pays.


Qui pour diriger le Burkina Faso au soir du 22 novembre ?

Dans quelques semaines, les Burkinabè seront appelés aux urnes pour élire le prochain président du Faso et renouveler le parlement à l’occasion des élections couplées (présidentielle et législative). Le scrutin présidentiel du 22 novembre est un enjeu crucial pour l’avenir du Burkina Faso. Le pays des hommes intègres doit faire face à d’immenses défis et le prochain président du Faso aura de lourdes responsabilités sur les épaules.

Lundi 26 octobre, la Cour constitutionnelle a définitivement validé les dossiers de candidature des prétendants au fauteuil de Kosyam (palais présidentiel). Ces candidats avaient déjà reçu le feu vert de la CENI (Commission nationale indépendante). Les candidats à la magistrature suprême sont : Roch Marc Christian Kaboré (président sortant), Zéphirin Diabré, Ablassé Ouédraogo, Gilbert Noel Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Kadré Désiré Ouédraogo, Yacouba Isaac Zida, Tahirou Barry, Do Pascal Sessouma, Abdoulaye Soma, Ambroise Farama, Yéli Monique Kam (seule femme en lice pour cette présidentielle), et Claude Aimé Tassembédo.

Le 31 octobre prochain, ils seront donc 13 candidats à arpenter les contrées du Burkina Faso pour battre campagne. Que faut-il attendre de ce scrutin présidentiel aux vues des forces en présence ? Chacun des 13 candidats essaye de déballer un semblant de programme politique, qui fait frémir pour le moment rien que leurs militants. Pour être honnête, je ne vois pas qui sort du lot parmi ces 13 candidats. Ce sont presque les mêmes acteurs qui sont sur le devant de la scène politique depuis des décennies, et ils ont contribué d’une manière ou d’une autre à embourber ce pays dans la léthargie par l’application de politiques hasardeuses et incohérentes.

Qu’est ce que ces candidats apportent de nouveau ?

Ce qui me frappe le plus et me révolte par la même occasion, c’est le discours entonné par les différents candidats à la présidentielle. Rien dans leurs propos ne laisse présager qu’ils ont une vision claire et ambitieuse pour le Burkina Faso. C’est la stratégie de faire du neuf avec de l’ancien, avec une dose bien serré de populisme. On prend de vieilles idées, on les recycle et on fait croire que l’on a un projet de développement pour le Burkina. Là encore, pour les candidats à la présidentielle, l’hypocrisie est à un degré de paroxysme moindre. Si l’on prend le cas des candidats aux législatives, c’est désolant, chacun lutte pour ses propres intérêts.

On a l’impression d’être en face de gamins qui se bagarrent dans une cour de récréation pour s’arracher un jouet. Rien de concret ne sort de leurs discours où la mal cause, la carence en matière d’offre politique, l’hypocrisie sont pignons sur rue. Les sympathisants de ces acteurs politiques sont également à côté de la plaque. Majoritairement zélés et bornés, ils sont prêts à se renier eux-mêmes pour s’engager dans le long terme dans une voie obscure avec des aventuriers qui se font appeler Hommes politiques. Sincèrement dit, j’ai peur pour l’avenir du Burkina Faso.

Les défis sont énormes pour le pays et on peut en citer à la pelle : le défi sécuritaire, les déplacés internes qui n’en peuvent plus de leur situation, la crise sanitaire du Coronavirus qui a entraîné une terrible récession économique occasionnant son corollaire de difficultés sociales. Bref, sans être trop alarmiste, on peut dire qu’il y a péril dans la demeure, le Burkina est dans le dur, nombreux de mes concitoyens tirent le diable par la queue. Ils ne veulent qu’une chose : survivre.

Toujours le même discours

C’est dans ce contexte que près de 6 millions de burkinabè seront appelés aux urnes le 22 novembre prochain. Pour ma part, j’ai une idée du déroulement de la campagne qui va s’ouvrir dans quelques jours. Le président sortant va surfer sur un bilan très triste qu’il va embellir par tous les moyens au fil de ces tournés, grâce à une énorme machine de communication qui va bénéficier de puissants moyens. Avec cette stratégie, Roch Kaboré, le candidat du MPP (Mouvement du peuple pour le progrès) parti actuellement au pouvoir, va convaincre les populations que son bilan est satisfaisant et que c’est à cause de certains imprévus qu’il n’a pas pu dérouler entièrement son programme (oui, c’est ça, et puis quoi encore ?). Lui et son équipe de campagne vont s’évertuer à déclarer aux populations qu’il faut un 2e mandat pour terminer le travail (laissez-moi rire).

Les autres candidats vont mobiliser leur énergie pour tirer à boulets rouges sur le président sortant sans proposer de réelles alternatives. Bref, un vaste cinéma se profile à l’horizon et la population devra être actrice de ce scénario. Les défis sont grands pour le pays, mais j’ai l’impression que les candidats ne se rendent pas compte de ce qui est en train de se jouer. Si l’on prend par exemple la question de la crise climatique, aucun des candidats n’a une position claire là-dessus, ils sont bien trop occupés à élaborer des stratégies d’un autre temps pour charmer le peuple.

La gouvernance de Sankara, une référence

Le capitaine Thomas Sankara, leader de la révolution d’août 1983 et ancien président du Burkina Faso doit se retourner actuellement dans sa tombe face à ce spectacle. Sankara, ce dirigeant intègre, honnête, travailleur et surtout visionnaire avait réussi à sortir le Burkina de l’ornière pour en faire un pays qui est capable de se développer rien qu’en comptant sur ses propres ressources, le tout en l’espace de 4 ans. 33 ans après son assassinat et à quelques semaines de l’une des présidentielles les plus déterminantes du pays, Sankara doit constater avec amertume l’amateurisme et le manque de vison dont fait preuve la classe politique actuelle.

 » On met en place des institutions, mais il faut savoir qu’un bois ne devient pas un caïman parce qu’il a longtemps séjourné dans l’eau. Je pense que les Burkinabè méritent mieux. Ils étaient pauvres, travailleurs et dignes. Aujourd’hui, hélas on est toujours aussi pauvres mais je constate que l’on est de plus en plus arrogants »

Les 13 prétendants au siège de Kosyam ont pour habitude de chanter les louanges de Thomas Sankara mais combien d’entre eux sont prêts à faire du Thomas Sankara ? La question reste posée et relève sans doute de l’utopie. J’aimerais que nous fassions une halte sur les propos du commandant Abdoul Salam Kaboré, ex haut gradé de l’armée et ancien très proche collaborateur de Thomas Sankara sous la révolution. Ce dernier, qui s’est exprimé dans les colonnes du quotidien burkinabè Le Pays puis relayé sur ce site, livre ceci:

« Je reste sur le concept de démocratie avec un contenu de classe. Si on regarde la classe dirigeante aujourd’hui, en quoi peut-on parler de démocratie ? Le mode de démocratie par personnes interposées n’est valable que si ces personnes sont vertueuses. Or, aujourd’hui on devient député pour gagner de l’argent ; ces personnes ne peuvent pas travailler pour le peuple. On met en place des institutions, mais il faut savoir qu’un bois ne devient pas un caïman parce qu’il a longtemps séjourné dans l’eau.

Je pense que les Burkinabè méritent mieux. Ils étaient pauvres, travailleurs et dignes. Aujourd’hui, hélas on est toujours aussi pauvres mais je constate que l’on est de plus en plus arrogants. Etendons-nous un peu sur le vécu de cette démocratie. On voit qu’elle est caractérisée par la mise en place d’institutions dites démocratiques dont les animateurs s’octroient des salaires et des indemnités monstrueuses, des élections dites libres et transparentes où le clientélisme se le dispute aux fraudes et autres faussetés.

On voit aussi une paupérisation plus grande de la majorité du peuple au profit d’une minorité qui a tous les droits, avantages et moyens, résultats d’une concussion entre le politique, l’administration et le monde des affaires, une corruption généralisée que des tenants du pouvoir eux-mêmes ont stigmatisée, dont la résultante est une gangrénation de la société dans tous ses compartiments »

thomassankara.net

Rendez-vous le 22 novembre

Le tableau peint par le commandant Abdoul Salam Kaboré ne souffre d’aucune contestation. Voilà la médiocrité qui est servie au peuple burkinabè depuis des décennies maintenant. Malheureusement et encore malheureusement, il n’est pas du tout évident que la situation change au soir du 22 novembre prochain. J’ai envie de dire que pour ce double scrutin (présidentielle et législative), les burkinabè seront amenés à choisir entre le mal et le pire.

Vu la situation dans laquelle se trouve le pays, ce choix cornélien est tout simplement effrayant. Espérons que le prochain président du Faso ait une petite dose (pas beaucoup) de patriotisme, d’intégrité et de vision afin de mener à bon port le navire Burkina Faso. Les différents candidats arpenteront les différentes zones du Burkina et s’ils ne se laissent pas aveugler par leur ego surdimensionné et leur hypocrisie légendaire, je crois qu’ils vont prendre la pleine mesure de la situation.

Le prochain président du pays des hommes intègres sera attendu au tournant, aucune période de grâce ne lui sera accordée et il faudra qu’il mouille le maillot pour son peuple vaille que vaille. Les burkinabè devront être aux aguets avant, pendant et après ces élections car c’est le peuple qui donnera le ton aux dirigeants pour une gouvernance vertueuse et responsable. Terminons avec cette invite du commandant Abdoul Salam Kaboré aux burkinabè:  » Que chacun de nous essaie de se ressaisir et participer à l’édification d’un Burkina où il fasse bon vivre. Je dois avouer que la voie suivie de nos jours ne nous y mènera point. La solution est que chaque Burkinabè où qu’il soit lutte pour le mieux-être de l’ensemble et non pas qu’il soit assujetti à des mots d’ordre qui donnent la grosse part à une minorité et des prébendes au peuple. »


Avec le projet Methanescraper, Marko Dragicevic va révolutionner la gestion des déchets

Dans plusieurs zones du globe, de grandes agglomérations sont confrontées au problème crucial de la gestion des déchets. Marko Dragicevic est lauréat du prix Skyscraper grâce à son projet « Methanescraper », un centre d’élimination des déchets sous forme de gratte-ciel. Il nous accorde cet entretien.

Malgré la présence d’infrastructures qui permettent la collecte des déchets, il n’est pas toujours évident de s’en sortir. Avec l’extension des villes et l’accroissement de la population, la quantité de déchets produite ne fait qu’augmenter.

Cela occasionne de nombreux désagréments en matière de salubrité et de santé pour les populations. Il n’est ainsi pas rare de voir dans des zones de l’Afrique, de l’Asie ou même de l’Europe et de l’Amérique des populations habituées à vivre dans des endroits extrêmement insalubres.

Généralement, la majorité des déchets sont constitués de déchets organiques. Une fois décomposés, ils dégagent alors un certain nombre de gaz nocifs pour la santé des populations.

La problématique de la gestion des déchets est désormais prise très au sérieux au niveau international. L’humanité est aujourd’hui à un stade où il faut prendre des décisions fortes et audacieuses pour la préservation de l’environnement.

Dans l’histoire de l’humanité, l’Homme n’a sans doute jamais été confronté à des défis aussi cruciaux pour sa survie. Cependant, grâce à différentes avancées scientifiques révolutionnaires, l’espèce humaine dispose de nombreux atouts pour agir en faveur de l’environnement. Désormais, nous n’avons plus le choix. Il faut trouver des solutions pour permettre aux humains de continuer à vivre paisiblement sur terre.

Le projet Methanescraper

Des projets innovants sont en train de voir le jour afin de mieux valoriser les déchets organiques. Au nombre de ces projets, on peut ainsi citer celui du jeune serbe, Marko Dragicevic. Il fait partie de cette nouvelle génération d’architectes qui souhaite proposer des solutions innovantes pour faire face aux défis auxquels sont confrontées les populations des grandes villes en matière d’insalubrité.

En 2019, Marko Dragicevic a ainsi été le grand lauréat du prix Skyscraper, du magazine de design et d’architecture américain eVolo. Le jeune architecte a remporté ce prix grâce à son projet Methanescraper (« tour de méthane »)

S’appuyant sur la ville de Belgrade, cette innovation consiste à générer sur la rive gauche du Danube un équilibre, formant un nouvel élément socio-industriel. Cette nouvelle structure urbaine peut être définie comme un contexte anticipé de surpopulation et d’urbanisation de masse, où le complexe de systèmes de décharges verticales sert de réponse aux quantités toujours croissantes de déchets jetables, à la pénurie de ressources naturelles et d’espace utilisable, transformant les structures informelles de Belgrade en un mécanisme de recyclage matériel, économique et sociétal.

Marko a mis au point le projet Methanescraper qui est le fruit de sa thèse de recherche, nommée « District 3 ». C’est une étude de la pollution par les déchets dans la partie orientale du territoire de la ville de Belgrade, la capitale de la Serbie.

Avec le projet Methanescraper, Marko Dragicevic propose une approche révolutionnaire pour le traitement des déchets. Pour la rédaction de ce billet, il m’a fait l’honneur de m’accorder une interview. Marko Dragicevic nous parle de son projet Methanescraper et de son impact dans la lutte contre la pollution de l’environnement.

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre projet « Methanescraper » ?  

Methanescraper est un centre d’élimination et de recyclage des déchets sous la forme d’un gratte-ciel. C’était l’un des segments de mon projet de master et de ma thèse intitulée « District 3 », qui était une étude de la pollution par les déchets dans la partie orientale du territoire de la ville de Belgrade.

Methanescraper propose une approche verticale des décharges, où le contact entre les déchets et l’environnement serait minime, voire totalement inexistant.

Le dispositif Tour de Méthane
Une infrastructure en forme de gratte-ciel qui permet de traiter les déchets – Photo envoyée par Marko Dragicevic avec son accord pour utilisation

Votre projet propose une solution innovante de collecte et de valorisation des déchets organiques. Peut-on dire que le projet Methanescraper est la solution ultime pour relever l’énorme défi de la gestion des déchets ?  

La gestion des déchets continue d’être un problème pour de nombreux pays, en particulier pour les pays en développement. Il y a plusieurs raisons à cela, comme un financement insuffisant, des infrastructures sous-développées, le manque de décharges sanitaires… Et à côté de cela, il y a aussi un facteur d’une certaine mentalité des gens, où ils ne pensent pas vraiment à où leurs déchets va.

Methanescraper, en plus de sa capacité à stocker les déchets, en raison de son énorme visibilité et de sa hauteur imposante, peut être vu de très loin et peut toujours servir de rappel de la présence constante de nos déchets. La plupart du temps, ils ne disparaissent pas simplement, et vont être stockés quelque part. C’était l’un des principaux points conceptuels de ma thèse.

La particularité du projet Methanescraper est de collecter les déchets organiques dans une sorte de capsules stockées verticalement le long des tours. Votre modèle est-il déjà opérationnel dans différentes parties du monde ?

Le projet est purement conceptuel et son objectif principal est d’inspirer à la discussion sur nos déchets. Techniquement, il faudrait encore beaucoup d’essais et de recherches scientifiques pour conclure à ses avantages et à sa rentabilité. Les capsules mentionnées dans la question seraient un excellent point de départ, car elles pourraient être attachées aux unités d’habitation / restaurants / usines en tant qu’installation indépendante, où les gens élimineraient leurs déchets organiques et obtiendraient en retour du méthane.

Un projet révolutionnaire pour le bien être de la terre – Photo envoyée par Marko Dragicevic avec son accord pour utilisation
Photo envoyée par Marko Dragicevic avec son accord pour utilisation

Votre innovation offre la possibilité de récupérer du méthane pour produire de l’énergie, comment est-ce possible ?

La collecte du méthane à partir des déchets organiques n’a rien de nouveau. Ce système est utilisé dans la plupart des décharges sanitaires bien équipées. Lorsque la matière organique pourrit, elle produit du méthane qui peut être collecté et utilisé pour l’énergie électrique.

Sinon, il peut être un polluant ou, pire encore, un catalyseur d’incendies de décharge désastreux car il est hautement inflammable. Le methanescraper utiliserait des collecteurs de méthane conventionnels. La seule différence serait qu’ils seraient installés verticalement et dans les airs au lieu d’être enfouis profondément dans les décharges.

Notre monde est confronté à une pollution à grande échelle des déchets plastiques. Le projet Methanescraper peut-il contribuer à lutter contre cette pollution plastique ?

Heureusement, la majeure partie du plastique peut être recyclée, ce qui est une tâche pour une autre partie du district 3. Le plastique non recyclable, comme le PVC, pourrait très bien être mis dans les autres tours de D3 pour élimination, où il pourrait si jamais la science découvre comment, être dégradée avec des bactéries mangeuses de plastique ou une autre méthode. Sinon, les tours serviraient de musée éternel de la jonque humaine.

En quoi la ville future est-elle différente de la ville actuelle ? Quels nouveaux éléments seraient nécessaires pour une ville dans les décennies à venir ? 

Nombreux sont ceux qui étudient ce sujet, en particulier les sociologues, les architectes et les ingénieurs. Ils concluent presque toujours à l’unanimité que l’espace libre devient plus précieux, que notre impact sur l’environnement s’accentue et que les ressources disponibles diminuent.

On peut donc dire que la civilisation humaine se trouve actuellement dans une position spécifique. Les villes, en tant qu’épicentres de la civilisation, jouent un rôle très important dans sa préservation. Plus la population des villes augmente, plus nous avons besoin de ressources.

Il a été prouvé qu’une personne vivant en ville peut produire jusqu’à quatre fois plus de déchets qu’une personne à la campagne. Ces déchets urbains sont généralement acheminés vers la décharge la plus proche et y sont enfouis.

« Nous gaspillons potentiellement une grande quantité de matière utilisable. »

Cependant, en faisant cela, nous ne polluons pas seulement le sol, l’air et les eaux souterraines. Nous gaspillons potentiellement une grande quantité de matière utilisable.

Outre les matières recyclables qui, autrement, seraient simplement enfouies, le gaz méthane, qui peut être recueilli lors de la décomposition des déchets organiques, peut être extrêmement précieux car il peut être transformé en énergie électrique.

Pouvez vous nous expliquer un peu le fonctionnement de votre dispositif ? 

En prenant l’exemple de la ville de Belgrade, ce projet change le modèle d’une décharge typique en une infrastructure verticale brute. Les tours sont alors basées sur des modules et chaque tour est constituée de capsules de déchets fixées au noyau de béton.

Tout d’abord, les déchets de la ville sont acheminés vers des installations de tri. Ils y sont classés par type (verre, plastique, matière organique, papier, bois, métal), puis envoyés vers une décharge temporaire. Les déchets recyclables sont amenés à l’installation de recyclage.

Les matières organiques, les parties de bois et les matériaux en papier sont rassemblés et éliminés dans des capsules de déchets modulaires. Ces capsules sont fixées au noyau de la tour par des grues. Chaque capsule est équipée d’un inhalateur et d’une canalisation qui la relie au réservoir de méthane.

« Quand la matière organique pourrit, le méthane produit par le processus est extrait de chaque capsule et transformé ultérieurement en énergie. »

Lorsque la matière organique pourrit, le méthane produit par le processus est extrait de chaque capsule et transformé ultérieurement en énergie. Quand la matière contenue dans une capsule se décompose complètement, la capsule peut être retirée, nettoyée et remplie à nouveau.

Ce type de décharge permet non seulement de réduire considérablement l’impact négatif sur l’air et le sol (puisqu’il n’émet aucun gaz toxique et empêche tout contact des déchets avec l’air et le sol), mais aussi de réduire massivement l’espace nécessaire au stockage des déchets

Quels sont vos plans pour l’avenir ?

Je veux tout simplement continuer à approfondir mes connaissances sur l’avenir durable. Les cellules photovoltaïques, l’énergie éolienne, hydraulique, houlomotrice, le plasma… Les sujets sont infinis. Je pense que nous commençons tout juste à nous engager pour un avenir plus vert, ce qui le rend excitant.

Photo envoyé par Marko Dragicevic avec son accord pour utilisation

Cette interview fut riche en enseignement. Depuis plusieurs années, les décideurs politiques, au plan international, gaspillent du temps lors des sommets pour le climat sans vraiment actionner des réformes audacieuses en faveur de l’environnement.

Généralement, au cours de ces rencontres internationales, rien de concret ne se dégage et les discours creux des décideurs font froid dans le dos vu l’urgence de la situation. Marko Dragicevic montre qu’il est possible d’apporter des pistes concrètes au problème de la gestion des déchets.

Le jeune homme se définit comme un anticonformiste, il rêve d’un monde en phase avec la nature. L’architecte a pris la décision de s’engager pour un avenir durable et il se donne les moyens pour atteindre son objectif.

Avec Methanescraper, le contact entre les déchets et l’environnement est pratiquement inexistant. La vision à long terme de Marko Dragicevic est d’équiper les logements, les restaurants, les usines avec son dispositif afin que tout individu puisse éliminer ses déchets organiques et obtenir en retour du méthane recyclé pour la production d’énergie.

Grâce à son esprit d’innovation avec Methanescraper, Marko Dragicevic a ainsi donné rendez-vous à l’humanité tout entière. Engageons nous maintenant, investissons massivement dans ces technologies qui permettront d’atténuer l’impact des activités anthropiques sur la santé de notre planète. Nous devons avoir à l’esprit que nous sommes le dernier espoir de la terre.   


Avec Wazal, Ayissi Joseph magnifie la mode africaine

Ayissi Nga Joseph fait partie de cette nouvelle génération de talents qui veulent présenter au monde tout ce que le continent africain possède de meilleur. Le jeune franco-camerounais parcourt le monde pour valoriser la culture africaine à travers sa ligne de vêtements Wazal. Ayissi Nga Joseph a créé la marque en 2005, et le succès fut au rendez-vous. Pour créer ses modèles, le jeune styliste s’inspire de la richesse culturelle de l’Afrique et n’hésite pas à faire des mélanges avec la culture européenne et américaine.

Wazal est dérivé du nom d’un parc naturel au Cameroun et fait référence au lion, animal emblématique du pays de l’Afrique centrale. Pour mettre au point ses créations, le jeune Ayissi ne se fixe aucune restrictions et aime combiner différentes matières et couleurs tout en restant dans un univers qui fait référence à l’Afrique.

Le styliste au parcours atypique a de grandes ambitions et il veut faire de la culture africaine un label de référence à travers Wazal Couture. Dans ce nouveau billet, je vous amène à la découverte d’Ayissi Nga Joseph. Il m’a accordé une interview dans laquelle il relate son parcours, son ascension fulgurante, ses projets pour le continent africain et les différentes distinctions qu’il a obtenus au cours de ces dernières années.

Qui est Ayissi Nga Joseph et quel est son parcours ?

Tout d’abord merci de m’avoir offert l’opportunité d’apparaître sur votre plateforme. J’en suis honoré. Je me nomme AYISSI NGA Joseph-Marie alias JJ DU STYLE L’ANGE DE LA MODE, créateur de vêtements street chics de nationalité franco-camerounaise. Je suis né à Yaoundé, capitale administrative du Cameroun, fils d’Ayissi Nga Pierre Célestin, styliste dans les années 1980.

Pour faire un peu d’histoire et de géographie, le Cameroun se situe au centre de l’Afrique et avait pour premier nom Rio Dos Camarões, nom portugais signifiant la rivière de crevettes. Au fil des années, je me suis surtout découvert une passion pour les travaux manuels.

Ayissi Joseph- Crédit Photo Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation

« Le lancement de ma propre marque de vêtements me permet de rendre hommage à mon père, mon guide »

Toucher les matières, sentir leurs différences, les assembler, c’était fascinant pour moi. Toujours dans cette lancée, je me suis tourné vers la mécanique en étant convaincu que le travail manuel me correspondrait plus que tout autre chose. Ce sont deux métiers bien distincts, qui m’ont permis de confirmer mon intérêt pour tout ce qui est travail manuel. Surtout, le lancement de ma propre marque de vêtements me permet de rendre hommage à mon père, mon guide.

J’ai suivi une formation de mode à l’école Vanessa Ruiz à Paris. J’ai créé à ce jour quatre collections : Braguette Tété (je m’inspire de la braguette du jean pour faire des vestes smoking), Africafutur (je m’inspire de la carte d’Afrique pour créer des t-shirt ou j’utilise du Milano et du wax africain) WazalRock (c’est une mode un peu rebelle avec des matières de couleur noir et du cuir noir), Ova Tété (« Ova » qui veut dire « la grandeur plus grand » et « Tété » qui signifie « enfant de bourgeois »). Ce travail de création m’a valu une nomination au Beffta awards (Black entertainment film fashion television arts sports and leadership) en 2016. 

Collection Braguette Tété – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation
Collection Ova Tété – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation

« Je vis pour mon projet, mes ambitions »

Collection Africafutur – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors du processus de création de Wazal ?

Les plus grosses difficultés quand j’ai commencé, il y en a plusieurs. Déjà, trouver des personnes qui vous font confiance et en qui vous avez confiance. Quand on débute dans le métier, il est parfois compliqué de trouver ces personnes prêtes à croire en vous et à avancer avec vous. Ensuite, c’était le financement pour lancer les collections, communiquer, prendre part à des événements pour me faire connaître, etc.

On a aussi l’entourage qui parfois ne comprend pas pourquoi on se lance. Surtout dans un domaine de niche tel que celui de la mode. Il y a tellement d’exemples mais je pense que toutes ces épreuves permettent de tester notre foi en notre projet, de renforcer nos convictions et notre volonté d’aller au bout. C’est à cet instant qu’on comprend la phrase « je vis pour mon projet, mes ambitions ».

Quels sont vos sources d’inspiration et quels genres de tissus utilisez-vous pour vos créations ? 

J’utilise du kenté, du bazin, le ndop, tissu camerounais et autre étoffe d’Afrique. Je m’inspire du code vestimentaires ghanéen et nigérien pour créer mes vêtements Wazal. Mes matières premières viennent principalement d’Afrique. En effet, à travers mes créations, c’est le continent que je souhaite valoriser et pour ce faire, je vais chercher les meilleurs produits de chaque pays. Donc mes clients portent des matières provenant du Ghana, du Nigéria, de la côte d’Ivoire, du Cameroun ou encore de la France.

Le style Wazal Couture – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation
Credit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation
Wazal création – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation

Vous avez la particularité de faire des brassages entre différentes cultures pour valoriser vos créations. Dans une société où les questions de « races » créent des tensions, quel est le message que vous souhaitez véhiculer ?

A travers mes créations Wazal, je valorise le vivre ensemble et présente nos richesses culturelles sur toutes les formes. Le respect de la richesse culturelle, les éléments qui nous entourent et la créativité sans limite.

Wazal a convaincu de nombreuses personnalités du monde du showbiz et du sport. Quelles sont ces personnalités qui s’habillent en mode Wazal ?

Je remercie effectivement ces personnalités qui porte la marque Wazal : l’acteur et humoriste Fabrice Eboué qui a joué dans le film « Le Crocodile du Botswanga ». Le footballeur international ivoirien passé par le FC Séville, Romaric Koffi, l’artiste musicien anglais, Wayne Beckford, les rappeurs Lalcko, Al Peco, Brasco, Layone le Philosophe, Alpha 5.20, la star du RnB français Matt Pokora.

Promouvoir la mode africaine, telle est la devise de Wazal Couture.
Promouvoir la mode africaine, telle est la devise de Wazal Couture – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation
Promouvoir la mode africaine, telle est la devise de Wazal Couture.
Credit photo – Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation

En 2013, vous avez eu l’opportunité de présenter vos collections à la fashion night de l’Élysée. Qu’est-ce que cela vous a apporté en matière de visibilité ?

En 2013, j’ai présenté une collection à la Fashion Night à l’Elysée – Lounge de Paris. Il s’agissait d’une rétrospective de trois de mes concepts précédents appelé Wazalrock, Africafutur et Braguette Tété, qui s’appuient sur des critères qui ont depuis symbolisé mon parcours : audace, respect, et créativité. C’était un moment de joie et de bonheur et dans cette continuité, j’ai eu le plaisir d’être invité à Rouen, dans la province de Paris, puis en Suisse pour être juriste de miss Cameroun. Sans oublier l’invitation à l’ambassade du Cameroun, pour une exposition. Ça s’est enchaîné !

Quelles sont les distinctions que vous avez obtenues depuis le lancement de la marque Wazal ? Peut-on dire qu’aujourd’hui, Wazal s’est imposé dans l’univers hyper-concurrentiel de la mode ?

J’ai été nommé au Beffta Awards à Londres en 2016, mais je n’ai pas pu y participer à cause de certaines contraintes. Créé un nom demande du temps, de la constance, de la rigueur et beaucoup d’autres atouts que mon équipe et moi peaufinons au quotidien pour atteindre le niveau d’excellence que je vise. Grâce à Dieu, j’y arriverai !

Collection Wazal Couture.
Collection Wazal Couture – Crédit photo : Ayissi Joseph, avec son accord pour utilisation

Quelle est la place de Wazal sur le marché africain ? Avez-vous des projets en vue sur le continent ? Wazal peut-il s’inscrire dans le long terme en Afrique ?

La marque Wazal a plusieurs années de carrière et a créé plusieurs concepts qui furent approuvés dans le monde entier, et notamment sur le marché africain et dans l’hexagone. Je dirais que j’ai une place à conserver. Les projets en vue sur le continent africain, j’en ai plusieurs : je compte créer une usine de fabrication au Cameroun, dans le but de créer des emplois et par la suite, avec la grâce de Dieu, avoir des boutiques pour exposer nos créations avec mon équipe, mes différents directeurs marketing et directrices de communication qui travaillent d’arrache-pied pour que le projet Wazal puisse se pérenniser sur le long terme.

Quelle vision avez-vous pour Wazal dans les années à venir ?

Nous travaillons sur la conception d’un blog qui permettra à ceux qui nous suivent d’y retrouver toutes nos actualités, que ce soit vestimentaire ou même en ce qui concerne la bande dessinée, la légende de Wazal. On pense à l’organisation d’un showroom et à la création de notre propre usine de fabrication?

Quel est votre message pour les jeunes stylistes africains qui se battent au quotidien pour valoriser la culture africaine ?

Croyez en vos rêves tout simplement et soyez prêts à faire DES SACRIFICES. Rien n’est simple dans la vie. Aussi, prenez vos échecs pour des leçons et non pour une fatalité.

Wazal Couture en plein shooting