Amos Joel Yohane Traore

Ce conte que j’ai retrouvé après le confinement

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséque⁸nces de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


La pandémie de coronavirus m’a permis de comprendre à quel point des choses qui paraissent insignifiantes peuvent devenir des trésors. Pour moi, c’est incontestable, cette crise sanitaire a été l’occasion de livrer chaque jour la meilleure version de moi-même à la société. Rien n’est acquis et tout peut basculer à n’importe quel moment. Durant la période de confinement, j’ai fait un saut dans le temps en redécouvrant dans de vieux cartons, un recueil de contes que m’avait offert mon père, il y a de cela 16 ans. Au fil des années et avec l’apparition du numérique, j’ai posé ce livre dans un coin. Ce livre qui m’a pourtant apporté tant de joie quand j’étais enfant. Sans l’arrivée du coronavirus, je n’aurais sans doute jamais retrouvé ce recueil de contes. Pire, il aurait probablement fini ses jours au fond d’un vieux carton en proie aux rongeurs et à l’humidité.

Crédits Photo : Amos Traoré


19 juillet 2004 Pour me récompenser de mon excellente année scolaire, mon père m’a fait cadeau du recueil Contes de tous les pays, d’Ann Rocard. Je me souviens encore, chaque matin, je dévorais ce formidable livre sous l’ombre d’un arbre dans la cour familiale. Ah je donnerais tout pour revivre ses moments. Je me plongeais dans des histoires captivantes issues des quatre coins du monde. Je lisais, encore et encore. Lorsque j’ai exhumé le livre du tréfonds des cartons, pendant le confinement, une certaine nostalgie m’a submergée. L’espace de quelques jours, j’ai retrouvé mon âme d’enfant et je vous avoue que ça m’a fait un bien fou ! Il faut le dire, le contexte auquel on est confronté en ce moment est difficile. Dans le livre, on retrouve des contes de tous les pays comme La fiancée du crocodile (Côte d’Ivoire), Le bucheron et l’arbre (Maroc), Le bon et le méchant (Sénégal), Coyote et le soleil (États-Unis), Les yeux du jaguar (Venezuela), La sorcière Bistokère (Italie), Le pays des fleurs (Australie). Je vous partage les histoires qui m’ont le plus marqué et qui m’ont fait le plus rire.


Le bucheron et l’arbre

Crédits Photo : Amos Traoré
Crédits Photo : Amos Traoré

Dans ce conte marocain, il est question d’un pauvre bûcheron qui va chaque matin dans la forêt pour abattre un arbre, récolter les branches. Puis, il retourne les vendre dans son village. Un jour, alors qu’il s’active pour abattre un arbre, il entend soudain une voix qui vient du tronc d’arbre :

Si tu me laisses en paix, je te donnerais ce que tu voudras.
Donne-moi quelque chose à manger, répondit le bûcheron. 

Il apparaît alors un petit moulin au pied de l’arbre et la voix expliqua :
Tu n’auras plus qu’à dire: « Fais ce que font les moulins », et ce moulin moudra la farine. 

Le bûcheron n’en croit pas ses yeux. Il ramasse le petit moulin et rentre chez lui. Il montre à sa femme l’étrange objet et crie :
Fais ce que font les moulins !

Et le moulin obéit ! Le bûcheron et sa femme se sautèrent dans les bras. Désormais, ils n’auront plus jamais faim.
Malheureusement, quelques jours plus tard, le bûcheron et sa femme, sont victimes de la fourberie d’une vieille mendiante qui leur vole le moulin. Le bûcheron retourne alors dans la forêt pour abattre l’arbre magique qui lui avait donné le moulin. 

Et comme la première fois, la voix de l’arbre lui dit :
Si tu me laisses en paix, je te donnerais ce que tu voudras.
Donne moi quelque chose à manger.

Aussitôt, un plat apparaît et la voix explique :
Dis-lui : « Sers ce que servent les plats », et tu mangeras à ta faim.
En effet, dès que le bûcheron prononça cette phrase, le plat se remplit de couscous et de viande.

Le lendemain matin, le bûcheron est encore victime de la roublardise de la vieille mendiante qui réussi à voler le plat magique en le remplaçant par un faux. Le bûcheron pense alors que le plat ne fonctionne plus. Furieux, il se rend dans la forêt, pour frapper l’arbre magique. 

Que veux-tu encore ?, demande la voix de l’arbre.
Quelque chose à manger, répond le bûcheron.

Trois bâtons apparaissent alors devant le tronc et la voix explique :
Dis simplement: « Faites ce que font les bâtons ».

Le bûcheron prononça la formule magique et les trois bâtons se mirent à le battre.
Au secours !, hurle le bûcheron.
Il suffit de dire : « Je me repens au nom d’Allah », et les bâtons s’arrêteront.
Je me repens au nom d’Allah, gémit le bûcheron. 

D’un coup, les bâtons s’immobilisèrent, et le bûcheron les attrapa pour les emporter chez lui. Ce dernier soupçonnait fortement la vieille mendiante d’être la coupable du vol de ses objets magiques. Lorsque la vieille vint pour faire l’aumône, le bûcheron lui montra les trois bâtons et dit :
Dis leur : « Faites ce que font les bâtons », et tu obtiendras tout ce que tu voudras. 

La vieille femme prononça la formule magique et les bâtons sautèrent sur son dos.
Au secours!, cria la vieille femme.
Rends-nous le moulin et le plat que tu nous as volés !, ordonna le bûcheron
Ils sont cachés dans ma maison, de l’autre côté de la route, gémit la mendiante. 

Le bûcheron courut chercher son moulin et son plat, puis il confia à la vieille femme la deuxième formule :
Je me repens au nom d’Allah…, répéta la vieille mendiante.

Les bâtons la laissèrent en paix et elle s’enfuit à toutes jambes. Grâce au moulin et au plat, le bûcheron et sa femme ne manquèrent plus jamais de rien. Et si un voleur voulait s’en emparer, les trois bâtons étaient là pour les protéger. 

Cette histoire du bûcheron m’a appris que la nature donne tout à l’Homme pour qu’il puisse s’épanouir. Ce dernier n’est pourtant pas toujours reconnaissant et il est surtout prompt à la détruire. Morale de l’histoire, l’Homme sera victime de la cupidité de ses semblables. 


Le pays des fleurs

Crédits Photo : Amos Traoré

Ce conte australien est l’un de mes préférés, il retrace l’histoire d’un vieux sorcier nommé Bayamie. Le vieux sorcier ne supportait plus la méchanceté des Hommes, il décida alors de quitter la terre pour se réfugier au sommet d’une haute montagne. Après le départ de Bayamie, toutes les fleurs se fanèrent et la terre devint un immense désert. On oublia presque qu’autrefois, les fleurs avaient parfumé cet endroit et que les insectes voletaient parmi les bouquets multicolores. C’est alors que trois magiciens, qui ne supportaient plus de voir la terre dans ce triste état, décidèrent d’aller à la recherche de Bayamie. 

Rendons visite au vieux sorcier. On prétend qu’il vit au sommet des monts Oubi-Oubi !

Pendant quatre longues journées, les trois magiciens grimpèrent les monts avec courage. Chaque soir, ils franchissaient une barrière de nuages noirs, mais ils ne se reposaient pas. A la fin de la quatrième journée, ils atteignirent le sommet des monts Oubi-Oubi où ils trouvèrent enfin le vieux Bayami.

Que faites-vous là ?

C’était bien le vieux sorcier ! Le premier magicien prit la parole :

Bayamie, notre monde est devenu trop triste.
Il n’y a plus ni fleurs, ni miel, ni oiseaux, ni insectes…, ajouta le second.
Les enfants ne chantent plus, soupira le troisième magicien. Les hommes seraient certainement moins méchants si tu leur redonnais des fleurs.  

Du haut de sa montagne, Bayamie regarda la terre. Oui ce monde était devenu très triste. C’est pourquoi le vieux sorcier décida d’aider les trois magiciens qui avaient eu le courage de venir le trouver. D’un geste, il les transporta à Bullimah, le pays des fleurs. Bullimah était un pays merveilleux. Toutes les fleurs de l’univers y fleurissaient et jamais elles ne se fanaient. Un parfum délicieux flottait dans les airs. Les rayons du soleil dansaient de tous côtés. Bayamie tendit la main :
Choisissez vos fleurs préférées ! Emportez-les sur la terre mais laissez moi les plus belles et les plus folles.

C’est ainsi que les trois magiciens retournèrent sur terre, les bras chargés de fleurs, et la terre retrouva rapidement des couleurs. Les abeilles volaient d’arbres en buissons, les papillons de prés en champs, et les enfants dansaient, dansaient des refrains fleuris au pied des monts Oubi-Oubi.

Quand j’ai relu ce conte, j’ai immédiatement pensé à la situation que nous vivons actuellement et aux multiples dommages que nous causons à la nature. Il serait grand temps que nous prenions conscience de nos actes, comme ces trois magiciens, et que nous fleurissons à nouveau notre monde.


La sorcière Bistokère 

Crédits Photo : Amos Traoré

Les aventures de Petit-Pierre m’ont beaucoup fait rigoler. Le jeune garçon est malin, rusé, ingénieux et il en a fait voir de toutes les couleurs à la sorcière Bistokère. Cette dernière voulait le manger. Petit-Pierre raffolait des poires et il aimait grimper sur un gros poirier chaque matin sur le chemin de l’école. Il avait l’habitude de rencontrer la sorcière Bistokère près de l’arbre. La sorcière voulait à tout prix croquer tout cru Petit-Pierre. Elle a alors élaboré toutes sortes de stratégies pour kidnapper le jeune garçon. Mais à chaque fois, Petit-Pierre, rusé comme un renard, arrivait à s’échapper. Un jour, Bistokère avait réussi à ramener l’enfant chez elle. Elle avait préparé une grande marmite dans laquelle Petit-Pierre devait mijoter. Là encore, Petit-Pierre a fait part de son génie, il s’est libéré et a fait en sorte que ce soit la sorcière Bistokère qui tombe dans la marmite. Depuis ce jour, on peut grimper au sommet du poirier sans risquer de rencontrer la sorcière Bistokère. Sacré Petit Pierre !



Le bon et le méchant (Sénégal), Coyote et le soleil (États-Unis), Les yeux du jaguar (Venezuela), et bien d’autres contes du livre ont égayé mes journées de confinement. J’ai fait un saut dans le temps, dans une autre époque, plus insouciante que celle dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Et je me suis redécouvert. J’ai déposé soigneusement ce livre au chevet de mon lit pour qu’il ne me quitte plus. Cet ouvrage est une véritable thérapie, on y découvre de belles leçons de vie. Je m’en suis terriblement voulu de l’avoir rangé au fond d’un carton pendant tant d’années. Désormais, on va cheminer ensemble.


#Askip : À ce qu’il paraît, l’urine des bébés protègerait contre le Covid-19

Faux !

Quand une phrase commence par “à ce qu’il paraît”, il faut toujours se méfier !
#Askip, un format court pour démonter les fake news sur le Covid-19 qui circulent dans nos téléphones puis dans nos conversations. Alors, si vous n’avez pas le courage de vérifier vous-mêmes, restez connectés par ici, on démêle le vrai du faux pour vous.


La semaine dernière, je me suis rendu à l’agence de l’Office National de l’Eau et de l’Assainissement (ONEA) pour régler ma facture du mois, facture d’ailleurs très salée qui m’a donné des maux de tête pendant plusieurs jours. En cette période de crise sanitaire, les services publics sont débordés, c’est la croix et la bannière pour les usagers. A l’ONEA, il y avait une affluence énorme et Covid-19 oblige, les mesures barrières sont appliquées avec rigueur par le personnel. Pendant cette attente interminable, une discussion entre deux jeunes hommes, assis non loin de moi, a particulièrement attiré mon attention. L’un d’eux a abordé la question des remèdes contre le coronavirus. Il a indiqué à son ami que l’urine des bébés aiderait à lutter contre la propagation du Covid-19. Ah là, quand j’ai entendu cette info, mes oreilles se sont dressées.

Je vous explique tout dans ma chronique vidéo :



Une fois de plus, il faut redoubler de vigilance avec les informations qui circulent sur internet, comme dans la bouche des gens. Il n’y a, pour le moment, aucun remède validé contre le Covid-19. Donc patience, selon les dernières infos, un vaccin est actuellement testé en Angleterre et en Afrique du Sud. Les chercheurs africains sont aussi sur le coup. Alors encouragez-les plutôt et laissez les petits bébés en paix !


Ces personnalités qui ont marqué l’actualité durant le Covid-19

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséque⁸nces de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


Les Burkinabè ne sont pas prêts d’oublier le coronavirus de sitôt. Le nom de ce petit virus qui a créé un énorme désordre mondial résonne encore dans toutes les têtes. Au fil de la riposte, les citoyens se sont aussi familiarisés avec un certain nombre de noms et de visages qui ont rythmé notre quotidien pendant cette période inédite dans le pays des hommes intègres.

La Mondoblogueuse Madina S et moi-même vous proposons ce billet en commun : un classement non exhaustif des personnalités qui nous ont accompagnés, qui nous ont marqués pendant cette crise sanitaire. Nous avons posé notre attention sur des entités de différents horizons, qui, par leurs actions ont apporté une touche particulière à l’actualité du Covid-19 grâce à leur leadership, à leur intégrité et à leur envie de faire bouger les lignes. D’autres, au contraire, ont marqué cette période par des scandales. Tour d’horizon.

Mon top 5

Le rappeur Smarty

Pour moi, c’est sans doute pour moi, l’artiste musicien qui a le plus marqué cette période de crise sanitaire et ce, dès le début. En effet, Smarty est l’auteur du tube Monsieur Corona, chanson officielle choisie par l’UNICEF pour sensibiliser la population sur la pandémie de Covid-19. « A l’arrivée du coronavirus au Burkina Faso, j’ai commencé à entendre de fausses informations sur la maladie. C’est pour lutter contre ces rumeurs qui peuvent être dangereuses pour la population que j’ai composé ce titre avec l’UNICEF », a expliqué la légende du hip-hop burkinabè.

Smarty a aussi contribué dans de nombreuses villes du pays à des campagnes de distribution de kit de lavage de mains, de gel hydroalcoolique ou encore de cache nez. C’est un homme de conviction qui met sa voix au service de la cause publique. L’artiste a par ailleurs été désigné récemment ambassadeur de bonne volonté auprès de l’UNICEF, une première pour une personnalité burkinabé. Chapeau l’artiste !

Le journaliste Yacouba Ladji Bama

Celui qu’on surnomme « Ladji l’intrépide » ou encore « l’héritier de Norbert Zongo » est un célèbre journaliste d’investigation au Burkina Faso. Ces dernières années, Yacouba Ladji Bama, à travers ses enquêtes publiées dans les journaux Le Reporter et le Courrier Confidentiel, Yacouba Ladji Bama a mis à nu de nombreuses malversations au plus haut sommet de l’État. Pendant cette période de crise sanitaire, il n’a pas chômé puisque ce journaliste téméraire a fait éclater au grand jour de nombreux manquements dans la gestion du coronavirus.

Il a notamment révélé un scandale qui touchait celui qui avait été nommé coordonnateur de la riposte face au Covid-19 par le gouvernement, le Pr Martial Ouedraogo. L’enquête du journaliste d’investigation a révélé qu’un petit garçon était mort suite à une détresse respiratoire, sans aucune assistance, devant la clinique du Pr Mathias Ouedraogo. A la suite de ce scandale, qui a grandement ému l’opinion burkinabè, le professeur a été débarqué manu militari de son poste de coordinateur, décision prise en conseil des ministres le 29 avril dernier. Ceci n’est qu’un exemple, mais pour de nombreux Burkinabè, Ladji Bama, grâce à son travail d’investigation, a contribué à faire bouger les lignes.

L’artiste Don Sharp 

Un autre artiste a rythmé le quotidien de la population ces derniers mois. Beaucoup de citoyens ont découvert Don Sharp, alias De Batoro le parolier, sur la télévision BF1 où il sensibilise de manière ludique les téléspectateurs sur l’application stricte des gestes barrières : comment se laver efficacement les mains avec du savon, comment porter un masque, faire attention à bien respecter de la distanciation physique, etc. Don Sharp a mis tout son talent de parolier au service de la riposte contre le Covid-19.

La Ministre de la Santé, Claudine Lougué 

« On m’a fait mentir. » Cette phrase a propulsé la Ministre de la Santé sur le devant de la scène médiatique de la plus mauvaise des manières. Au cours d’une enquête menée par l’intrépide Yacouba Ladji Bama, parue dans le Courrier Confidentiel, l’opinion publique a découvert de graves manquements du gouvernement dans la gestion de la pandémie. Le journaliste d’investigation a poussé dans ses retranchements la Ministre de la Santé qui a fini par craquer: elle a avoué que ses collaborateurs l’avaient induit en erreur sur un certain nombre de paramètres, notamment dans le cas du décès de la députée, Marie Rose Compaoré. En tout cas, l’opinion n’a pas été tendre envers Claudine Lougué, elle a subi un véritable lynchage médiatique, surtout sur les réseaux sociaux.

Le Pr Martial Ouedraogo 

Au début de la crise sanitaire, il était le visage de la lutte contre le coronavirus. En tant que coordonnateur du Centre des Opérations de Réponse aux Urgences sanitaires, le Pr Martial Ouedraogo, pneumologue Burkinabè de renommée internationale, était chargé de piloter toutes les actions liées au soin dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, en tant que coordonnateur du Centre des Opérations de Réponse aux Urgences sanitaires. C’est notamment lui qui faisait le bilan hebdomadaire de la situation sanitaire en conférence de presse, son visage était donc connu de tous.

Malheureusement, le Pr Martial Ouedraogo a vu sa cote de sympathie décroître considérablement après la publication d’une enquête de Yacouba Ladji Bama (encore lui !). Celui-ci a dévoilé que le Pr Ouedraogo a laissé mourir un jeune garçon devant sa clinique, malgré les supplications des parents. Ce fait a vraiment marqué l’opinion Burkinabè. De nombreux griefs ont été ensuite reprochés au médecin, on a par exemple noté des insuffisances lourdes dans le management du personnel de sa clinique, qui ont plombé la riposte face au Covid-19. Ces révélations ont rendu l’opinion burkinabè très hostile envers le Pr Martial Ouedraogo, des voix se sont élevées pour réclamer son départ. Il a finalement été débarqué le 29 avril en Conseil des ministres, et remplacé dans la foulée par le Docteur Brice Bicaba. 


Le top 5 de Madina

L’opération « SOS appareils respiratoires » de Mme Nestorine Sangaré 

Mme Sangaré a été Ministre de la Promotion de la Femme de 2011 à 2014. Elle est aussi enseignante et actuellement Directrice Exécutive du Centre De Recherche et d’Intervention en Genre de Développement (CRIGED). C’est une grande dame que j’admire beaucoup surtout pour son engagement pour la cause des femmes. Son franc parler et son engagement social me fascinent ! 

Le 25 mars dernier, elle a lancé l’opération “SOS appareils respiratoires” sur les réseaux sociaux. Cette opération était un appel à la mobilisation sociale pour soutenir l’Etat dans ses efforts de lutte contre la pandémie de Covid-19, et à la sensibilisation de l’opinion nationale sur la nécessité de se doter d’urgence d’un stock suffisant d’appareils respiratoires. Grâce aux soutiens obtenus, Nestorine Sangaré a réussi à mobiliser plus de 19 millions de Francs CFA pour l’achat de 9 moniteurs multiparamétriques. Ces moniteurs ont  été officiellement remis au Ministère de la Santé le 6 mai 2020.

Une alliance pour venir en aide au personnel soignant

L’association African Golden, le mouvement Jeunesse solidaire, Lika sécurité et les restaurants la Perle et Café Onu ont lancé une initiative commune en avril 2020 pour nourrir le personnel soignant. L’objectif de leur initiative était d’offrir 4 000 repas (à raison de 100 par jour) à l’hôpital Tengandogo de Ouagadougou et à la clinique Les Genêts Plus + qui accueillent les malades du Covid-19. « On a appris que le personnel soignant avait des difficultés pour manger et on a décidé de venir en aide à ce personnel. C’est notre façon d’ajouter notre toute petite pierre à l’édifice. Nous savons faire juste une chose, c’est de servir le bonheur à table. Nous allons apporter ce petit bonheur là », a déclaré Aminata Konkobo Ouedraogo, promotrice des restaurants Onu à Ouagadougou.
L’opération a duré deux mois et on peut dire qu’elle a vraiment soulagé les agents de santé au plus fort de la crise.

Arouna Louré, médecin et lanceur d’alerte

Ce jeune médecin réanimateur anesthésiste et écrivain a été l’un des premiers à s’élever sur les réseaux sociaux contre les conditions dans lesquelles étaient internés les malades du Covid-19 de l’hôpital de Tengandogo. Il s’est aussi exprimé dans la presse où il n’a pas hésité à insister sur  la faiblesse du système de prise en charge des malades, mais aussi à dénoncer le manque d’appareils respiratoires, dans le pays. En mobilisant l’opinion publique sur ces questions sanitaires, Arouna Louré a réussi à faire changer un tant soit peu les choses. Ses sorties médiatiques lui ont valu quelques démêlés avec sa hiérarchie, notamment avec l’Ordre régional des Médecins, mais ça ne l’a pas empêché de continuer à s’exprimer haut et fort !

Le collectif  « Stop Covid-19 »

La pandémie de coronavirus a inspiré les artistes du monde entier. Au Burkina Faso, plusieurs artistes ont fait le choix de prêter leurs voix pour sensibiliser la population à la maladie du coronavirus : Dicko Fils, Imilo le chanceux, Will B Black, Fush Alpha, Sofiano, Awa Sissao, et Dez Altino. Ensemble, ils ont créé un collectif et ont sorti un titre : Stop Covid-19 . A travers ce titre, les artistes rappelaient à tous les mesures barrières à respecter pour limiter la propagation de la maladie. J’ai particulièrement aimé le fait qu’ils chantent dans plusieurs langues du pays afin de toucher un maximum de personnes. 

Malika La Slameuse

Malika la Slameuse est une artiste qui se démarque non seulement sur le plan musical, mais aussi sur le plan humanitaire ! Avec sa fondation Slamazone, elle a livré quatre tonnes de vivres à des personnes dans le besoin, ainsi que des kits sanitaires, avec du gel hydroalcoolique et des masques. L’artiste fait également partie du projet «MaskUp Africa» dont l’objectif est d’offrir 12 000 masques à des personnes vulnérables dans plusieurs pays d’Afrique.


Ce que nous souhaitons souligner à travers ce billet, c’est que dans toute situation de crise, ce qui fait la différence, c’est certainement la manière dont des gens se lèvent pour agir. Une chose est sûre, le coronavirus a eu le mérite de mettre en lumière le meilleur et le pire de la société burkinabé. Ces personnalités sont le reflet d’une société dynamique et engagée, tolérante , mais aussi, en même temps, d’une société qui traîne certaines tares.

Retenons une chose : tout le monde peut agir ! Au Burkina Faso, face au coronavirus, artistes, médecins, journalistes, politiques… nombreux ont été ceux qui se sont se demandé comment faire pour être utile et pour venir en aide aux autres.


Les anciens et le Covid-19

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Depuis le début de l’épidémie, les autorités sanitaires martèlent que les personnes âgées sont les plus à risques face au Covid-19. À Bobo-Dioulasso, lorsque les premières mesures préventives ont été annoncées par le chef de l’Etat au mois d’avril, la psychose s’est très vite installée. Beaucoup de personnes âgées ont vu leur vie basculer du jour au lendemain. Il fallait absolument protéger cette catégorie de la population dont le système immunitaire fragilisé par le poids des années ne pouvait apporter une réponse appropriée à l’infection virale. Dans mon quartier, j’ai eu le privilège de m’entretenir avec deux anciens qui ont fait face à leur manière au contexte particulier de la crise sanitaire.

Quand les premiers cas positifs au coronavirus ont été enregistrés au Burkina Faso, le 28 février, la famille Ouédraogo a paniqué. En effet, dans la cour de cette famille, vit Aminata Ouedraogo, la matriarche dont je suis très proche. Aminata est âgée de 80 ans et il faut dire que l’arrivée du coronavirus a bouleversé les habitudes de cette mère, grand-mère et arrière-grand-mère. Avant l’entrée en vigueur des mesures préventives, Aminata avait l’habitude de se sortir très tôt le matin pour contempler le lever du soleil et regarder les jeunes élèves prendre le chemin de l’école. “Une jeunesse qui n’a plus le temps de savourer les choses simples de la vie”, selon l’octogénaire.

Aminata assise aux côtés de son petit-fils, Cheick Oumar Ouédraogo
© Amos Traoré

Devant le portail de la famille Ouédraogo, un espace a été aménagé pour permettre à la « vieille », comme on l’appelle chaleureusement, de vendre ses légumes aux habitants du quartier. Aminata aime être en contact avec les gens et il faut le dire, acheter des légumes chez la « vieille », c’est bénéficier de précieux conseils et d’une délicate attention. En gros, d’une thérapie salvatrice. La maladie du coronavirus est venue bouleverser tout cela. Pour ne prendre aucun risque, les proches d’Aminata ont négocié très dur avec elle pour qu’elle ne sorte plus de la maison pendant un temps. Au début, vous imaginez bien qu’elle n’était pas du tout enchantée mais elle a fini par accepter la situation pour ne pas mettre en danger son entourage.

« Mon fils, ça n’a pas été simple pour moi, je n’arrivais pas à comprendre comment une maladie pouvait entraîner tout ce désordre (rires). Mais grâce aux explications de mes enfants et les différents spots qui ont été diffusés à la radio et à la télé, j’ai compris qu’il fallait que je prenne mes précautions. Aujourd’hui ça va un peu mieux car je peux sortir de temps en temps devant la porte. C’est vraiment au début que c’était compliqué pour moi, j’étais enfermée dans la cour. Je peux te dire que j’ai été confrontée à de nombreuses situations au cours de ma vie, comme la terrible famine des années 80-90 au Burkina, mais cette crise là, c’est vraiment autre chose. Moi je suis vieille, mais vous les enfants vous devez apprendre à apprécier les choses simples de la vie comme se serrer la main où se faire des embrassades, ce qui n’est plus possible (elle soupire). Malgré mon âge avancé, j’ai été épargnée par la maladie, je suis toujours en bonne santé et je rends grâce à Dieu pour cela. Pendant cette crise sanitaire, j’exhorte tout le monde de faire ressortir le meilleur de lui même. » 

Après cet entretien avec Aminata, j’ai pu discuter avec un autre ancien du quartier. Il s’agit de « Papa Towndé », un militaire à la retraite âgée de 79 ans. Papa Towndé est très apprécié dans le coin et le grand-père connaît tout le monde. Quand il y a de petites querelles entre voisins, c’est chez Papa Towndé qu’on part les régler. Le Covid-19 a beaucoup marqué le vieux, lui qui a pourtant connu la Seconde Guerre mondiale (il avait 5 ans à l’époque), la Guerre froide, il est vétéran de la guerre de Noël Mali-Burkina en 1985. Papa Towndé a également dû chambouler ses habitudes avec l’arrivée du coronavirus.

Papa Towndé
© Shérif Hess Towndé

Avant le Covid-19, et comme il le fait depuis plusieurs années, le septuagénaire aimait se rendre chez tous ses voisins pour s’enquérir de leurs nouvelles. Lorsque les mesures restrictives ont été instaurées, Papa Towndé a réduit ses déplacements pour ne prendre aucun risque.

« Amos, cette période de quarantaine c’était vraiment quelque chose, j’ai eu l’impression que toute la société a eu peur de nous, les personnes âgées. On nous présentait comme des personnes à risque. C’est vrai que suis fatigué avec l’âge, mais mon fils, je peux te battre encore à la course du 1500 m (rires). Moi je vois ce petit virus comme une opportunité pour améliorer notre monde qui est actuellement sans dessus-dessous. J’ai fait la guerre, on a utilisé des armes qui donnent la mort. Mais là, un minuscule virus a réussi à faire taire toutes nos armes, même les plus sophistiquées. Dis-moi, où sont nos missiles, où sont nos bombes, nos avions de chasse de dernière génération? Est-ce que ces armes nous protègent contre le Covid-19 ? Non ! Selon moi, il faut qu l’Homme fasse la paix avec lui même et la nature. Oui, la nature est le point de départ de tout. Chaque jour que Dieu fait, on piétine notre nature, on la souille et voilà que ça nous rattrape. J’ai 79 ans, je suis tout près de la tombe, et je vous demande à vous la nouvelle génération de protéger la nature pour sauver le monde. Je n’aurais jamais imaginé vivre une période comme celle-ci. Une période où on ne peut plus se saluer, manger ensemble et fêter ensemble, ça me dépasse… »

L’entretien avec Papa Towndé fut long, il faudra sans doute un autre article pour rapporter tout ce que ce grand-père m’a raconté. J’ai beaucoup appris des échanges avec les anciens Aminata et Papa Towndé.

Paradoxalement, on présente les personnes âgées comme les personnes fragiles dans cette période trouble, mais après ces échanges, je peux vous dire que j’ai découvert deux personnes fortes, attentionnées et heureuses de pouvoir léguer leurs expériences et leurs conseils. Même s’ils sont, eux aussi, submergés par toutes ces informations anxiogènes qui circulent, ils ne se laissent pas ébranler, ils sont robustes et ils se sont adaptés à la situation. Ils respectent les mesures et les gestes barrières bien plus que nous les jeunes. Et surtout, ils ont foi en des lendemains meilleurs. En somme, Papa Towndé et la vieille Aminata ont espoir en la nouvelle génération, tous deux pensent que le Covid-19 est une opportunité qui nous a été offerte pour changer de modèle, pour construire “le monde d’après”. Nous tâcherons d’être à la hauteur de ces deux merveilleuses personnes.

Pour finir, j’aimerais paraphraser Frank-Walter Steinmeier, le président fédéral de l’Allemagne (un autre ancien), qui lors d’une allocution télévisée le 11 avril dernier, a dit : “Le Covid-19 n’est pas une guerre mais un test d’humanité.”


Quelles conséquences du Covid-19 sur la gestion des déchets à Bobo-Dioulasso

Mondoblog lance le projet Mondoblog, unis contre le Covid-19, pour raconter l’évolution et les conséquences de la pandémie de coronavirus du point de vue des Mondoblogueurs sahéliens.


La pandémie de coronavirus a bouleversé de nombreux secteurs d’activité au Burkina Faso. Pour barrer la route à la propagation de la maladie, le chef de l’État, Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé une série de mesures restrictives le 2 avril. Ces mesures ont eu de lourdes conséquences sur l’économie burkinabé, déjà fragilisée par la situation sécuritaire. La quarantaine imposée dans plusieurs villes et le couvre-feu instauré sur toute l’étendue du territoire pendant plusieurs semaines ont paralyser certaines entreprises.

À Bobo-Dioulasso, où j’habite, un autre problème est venu s’ajouter. Avec les nombreux imprévus causés par la crise sanitaire, les habitants ne savent plus quoi faire de leurs déchets car le ramassage des ordures a été suspendu. Il faut dire que la ville a connu une explosion démographique ces dernières années et donc le problème de la gestion des déchets se pose de plus en plus. Le Covid-19 a rendu visible l’urgence d’adopter une politique qui permettra de mieux gérer et valoriser les déchets.  

Les habitants déversent leurs ordures directement dans la rue © Amos Traoré

Près de 90% de la collecte des déchets est assurée par des associations et des structures privées. La mairie de Bobo-Dioulasso dispose de quelques camions pour ramasser les ordures mais uniquement dans les services et dans les grands commerces. Là encore, les camions sont souvent en panne. Ce sont les associations et les structures privées qui font donc le plus gros du travail. Sans eux, ce serait la catastrophe. 

L’Association l’Union fait la Force (AUF) fait partie de ces structures qui se mobilisent pour gérer les déchets. Moyennant un tarif mensuel ou annuel, l’association se charge de ramasser les ordures dans plusieurs quartiers de la ville de Bobo-Dioulasso, et cela depuis près de cinq ans. A l’arrivée du coronavirus, l’association a dû stopper ses activités pendant deux mois. Les collectes ont repris ce mois de juin au grand bonheur des clients dont les poubelles débordent. J’ai pu m’entretenir avec deux membres de l’association de passage dans mon quartier ce week-end. 

Sous réserve d’anonymat, ils m’ont livré les difficultés auxquelles ils font face pour cette reprise des activités.

« La reprise est compliquée, il y a trop de déchets à collecter vu qu’on n’a pas pu travailler pendant deux mois. Ça va être difficile de satisfaire tous nos clients ce mois-ci. Nous sommes passés dans neuf familles ce matin, sincèrement je suis un peu choqué à la vue de tous les déchets qu’on a collecté. Il faut que les Bobolais apprennent à mieux trier les déchets pour qu’ils ne s’amoncellent pas. C’est vilain à voir et ça peut causer des maladies. »

Le deuxième membre de l’association, Ousmane (nom d’emprunt), a quant à lui lancé un cri du cœur pour une vraie politique de gestion des déchets dans la ville.

« Le Covid-19 doit nous servir de leçon. Si les structures privées n’existaient pas, l’insalubrité gagnerait du terrain. Il faut donc que les autorités de la commune essaient de nouer des partenariats avec nos structures privées pour les soutenir afin que ce service essentiel soit optimal durant ce genre de période. À notre niveau, on est complètement débordé par la quantité de déchets. Si les habitants avaient fait le tri pendant ces deux mois, on n’en serait pas là. À Bobo, il n’y a aucun endroit spécifique pour déverser et recycler les déchets. Entre les différentes structures qui interviennent dans la collecte des ordures ménagères, on essaye de se coordonner pour avoir un site fixe pour y déverser les déchets, on ne veut surtout pas affecter l’environnement. »

Sur ces paroles empreintes de colère et de résignation, les membres de l’association AUF ont poursuivi leur harassante tournée à bord d’un tricycle en guise de bac à ordures.

Adopter une vraie politique de gestion des déchets

Avec le coronavirus, les habitants de la ville de Bobo-Dioulasso ont développé la fâcheuse habitude de déverser leurs ordures ménagères en plein nature et c’est ainsi qu’on assiste à la multiplication de dépôts sauvages dans la cité de Sya. D’autres habitants ne se sont pas gênés pour polluer les espaces verts avec tout type de déchets. J’ai pu faire ce constat au niveau du quartier Belle-Ville, situé au nord de Bobo. Belle-Ville présente la particularité d’abriter de nombreux espaces verts où l’on peut notamment pratiquer des activités de loisirs. Malheureusement, en arrivant à Belle-Ville, j’ai été stupéfait.

Les déchets pullulent de partout © Amos Traoré
© Amos Traoré

Plusieurs zones vertes sont jonchées de déchets de toutes sortes. Selon un habitant du quartier que j’ai pu appréhender, la population de Belle-Ville se cache derrière les désagréments causés par le Covid-19 pour se livrer à ces actes inciviques qui portent atteinte à l’environnement. Il faut dire que ce riverain a raison, le Covid-19 ne doit pas nous servir de prétexte pour justifier notre irresponsabilité. 

Comme le préconise les membres de l’association AUF, il faut que les habitants de la ville de Sya apprennent à trier et à mieux valoriser leurs déchets. On ne peut plus continuer à faire comme avant, notre irresponsabilité collective n’a que trop durer. Nous devons commencer à construire “le monde d’après”. Pourquoi nous conforter dans de vieux schémas ? Nous sommes la source de la pollution ménagère, à nous de trouver des solutions au lieu d’attendre l’intervention d’un hypothétique sauveur pour nous sortir du bourbier. Le problème de la gestion des déchets peut être transformé en véritable opportunité.

Toujours le même spectacle désolant © Amos Traoré

Les déchets ménagers sont constitués pour la plupart de déchets plastiques et de déchets organiques. En tant que microbiologiste de formation, j’ai appris au cours de mon cursus qu’il existe divers processus pour transformer les déchets plastiques en goudron. Ce goudron peut, par exemple, servir à fabriquer des pavés pour la  réhabilitation de plusieurs routes. En ce qui concerne les déchets organiques, ils peuvent être valorisés en engrais naturel grâce au processus de la méthanisation (recyclage de la matière organique fermentescible dans un milieu sans oxygène).

Avec ces deux pistes de valorisation des déchets, on peut répondre à trois problématiques essentielles : la création d’emplois, la protection de l’environnement et l’amélioration du cadre de vie des populations. Il est vrai que les problèmes existent mais les solutions sont également à portée de main. Les désagréments causés par le Covid-19 au niveau de la gestion des déchets doivent nous interpeller et servir de point de départ pour imaginer un nouveau modèle. Nous avons les ressources nécessaires, humaines et logistiques, pour mener à bien ce changement. Il manque juste une vision politique, un élan des élus pour accompagner tout cela. Le Covid-19 nous a placé au rang de victimes alors que nous sommes en train de devenir des bourreaux, des bourreaux pour notre environnement. Si nous continuons dans ce sens, nous en paierons le prix fort.


N.B. : « L’homme a voulu dominer la nature et c’est un petit virus qui nous a rappelé à l’ordre. » Je vous conseille d’écouter Ibrahim Thiaw, Secrétaire exécutif de la Convention de l’ONU sur la lutte contre la désertification, dans cette émission de la DW.